pingoo

C’est quoi ton métier ?

publié le par Paingout | 7 commentaires

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Plus jeune, j’avais ce problème de tous les gens qui bossent dans le Web, je ne savais pas expliquer mon métier, en particulier auprès des adultes.
J’ai toujours été vaguement « community manager », mais je disais plutôt « animateur internet », pour faire simple.
Et puis non, ça n’était pas simple, je pense que ma mère m’imaginait en slip de bain en train de faire faire des chorégraphies à des ordinateurs sur de la musique Dance.

Aujourd’hui, la plupart des gens savent très bien ce qu’est Internet, passent leurs journées sur Facebook, et comprennent assez bien quand je réponds que je suis « animateur Internet ». Ils voient bien qu’il y’a des gens qui répondent sur les sites ou les Facebook des marques, ou que leurs compte Twitter et Instagram sont alimentés.
Sauf que voilà, les gens m’imaginent plutôt devant un ordinateur à répondre poliment à des gens pas contents, alors qu’au final, je fais des trucs bien plus rigolos.

Ces dernières années j’ai vécu un immense drame accompagné d’un bonheur intense, les deux étant réunis dans un seul événement : j’ai monté ma boite.

Un drame parce que monter sa boite est un nid à stress et à angoisses permanents, parce que vous n’avez plus d’horaires, plus de sécurité financière, pas forcément de clients, et surtout parce que vous avez l’administration française à supporter.
La plupart des gens qui entendent « je n’ai plus d’horaire imposées ! » se disent que c’est le pied, qu’on peut se lever à 11h tous les matins, et passer des journées entières à ne rien foutre. Dans les faits, pour peu que vous ayez trois types de clients, ceux qui se lèvent tôt, ceux qui se couchent tard, ceux qui bossent le week-end, et bien vous devez être dispo en permanence, tous les jours, et croyez moi, c’est crevant.

Mais c’est aussi un immense bonheur, parce que malgré tout, quand on a sa boite, on peut effectivement choisir l’évolution de son métier, et surtout, faire des millions de trucs complètements différents d’un jour sur l’autre.
Alors certes, il y’a toujours une grosse base quotidienne où je dois passer quelques heures en slip de bain à répondre à des gens sur mon ordinateur avec de la musique Dance. Mais en dehors de ça, c’est globalement un peu fou.

Je vais vous décrire quelques moments un peu improbables qui font que j’aime bien mon métier. Beaucoup de peoples dans ces moments improbables, mais c’est mon côté midinette.

- Passer quelques heures sur un bateau, sur un loch écossais, à prendre le soleil, et me dire « tiens là je suis en train de bosser ».
– Parler de mes slips avec Marc Lavoine sur la terrasse du Publicis, et me dire une fois encore « ah ben oui je bosse toujours ».
– Bouffer avec Edika et se faire faire un dessin comme ça à l’arrache, sur un coin de table.
– Faire un tour dans Paris, et me faire déposer devant la tour Microsoft en Audi R8 en mode voiture de course de l’espace, et être encore au boulot.
– Taper la discussion avec Jean Reno, dans un Mas provençal sous le chant des cigales.
– Se faire raconter des petites anecdotes sur la F1 par Jean-Louis Moncet, sur le paddock du grand prix de Melbourne, après avoir croisé Schumacher.
– Dormir dans un Bus Tour et me réveiller le matin pour dédicacer des dessins tout moches pendant le festival d’Angoulème.

Alors oui, c’est chiant d’avoir sa boîte, c’est chiant les RSI, les URSSAF, c’est chiant de bosser tous les jours, même pendant les vacances et week-ends.
Mais oui, des fois c’est super mega cool aussi.

Et globalement, j’adore le fait de ne pas savoir quoi répondre quand on me demande « c’est quoi ton métier ? »

Allons voir les vaches, à vélo.

publié le par Paingout | 8 commentaires

Enfant, j’ai passé l’intégralité de mes vacances assis sur un vélo. Une sorte de BMX noir qui freinait en rétro-pédalage. Je roulais toute la journée le long de l’Hérault et sur les hauteurs de Pézenas, cheveux aux vent.
Ado, j’ai eu droit à un charmant VTT que je me trimbalais sur le dos pour faire le tour du barrage du Revest, ou pour dévaler le mont Faron, toujours les cheveux aux vent.

Adulte, mes cheveux sont toujours au vent, mais à part quelques sessions de vélib’ et une tentative d’achat de vélo soldée par un rapide vol, je pédale beaucoup moins. Ca ne me manque pas particulièrement, n’étant pas franchement sportif.

Et puis l’autre jour, @LaFilledelacom a décidé de s’acheter un vélo. Et comme elle est dingue de son vélo, on a eu l’idée de sauter dans un train et de faire un *petit* tour de vélo. Je me suis donc collé devant Google Maps et j’ai essayé de mettre en place un petit itinéraire réalisable sans trop d’effort.

Ce fut un échec total.

En fait il y’a eu deux problèmes dans mon choix d’itinéraire. Le premier, c’est que j’ai décidé de faire confiance en Google Maps, qui m’indiquait les distances en nombre d’heures. Quand Google Maps te dit qu’il va te falloir 1 heures pour réaliser une distance donnée, tu te dis « ah ben ça va », et tu oublies de regarder le nombre de kilomètres.
La deuxième erreur a été de croire Google Maps. Parce que quand Google Maps te dit que tu vas faire un parcours en 1h, en réalité il en faut 3 ou 4. Je pense qu’en fait il se base sur les temps moyens des coureurs du tour de France, et pas du tout des vrais gens qui font du vélo.

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Je vous passe les détails de notre parcours « prévu », sachez simplement qu’au final, nous avons fait Lisieux > Cabourg > Caen, en se perdant un bon nombre de fois, en prenant des petites routes, et en avalant (au moins) 75 kilomètres en une journée. Sans compter les étapes supplémentaires de nuit ou dans la foret le vélo sur le dos.
Là où Google Maps nous indiquait en tout 4 ou 5 heures de vélo, nous avons en fait passé la journée entière à rouler, et très franchement, c’était il y’a quelques semaines et mon corps s’en souvient encore. Je n’ai plus pu marcher pendant 4 jours.

MAIS BON.

Si on passe la violence physique pour un non sportif comme moi, c’était assez cool, et je conseille le parcours à tous les gens qui aiment la verdure, les vaches, les rivières, la mer et les jolis paysages. Juste un conseil, planifiez ça sur 3 jours et pas sur une seule journée, sinon vous allez crever.

Quelques détails pratiques :
– A la SNCF, on peut prendre le train en vélo sans surcout, il suffit juste d’accrocher son vélo dans les zones prévues à cet effet dans les trains (et avoir de la place).
– M’étant fait voler mon vélo, j’en ai loué un chez « Paris à Vélo c’est Sympa« , compter 20 euros pour une journée.
– La basilique de Lisieux est vraiment moche à l’intérieur.
– Les vaches c’est trop cool.
– Rouler dans le sable, c’est dangereux. Vous finissez forcement le cul par terre.

Du coup je termine avec quelques photos un peu en random, prises à l’arrache sur le parcours. Bisou bisou.

SPQR

publié le par Paingout | 2 commentaires

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Un de mes premiers voyages à l’étranger quand j’étais ado, c’était Rome. Bon, en réalité c’était pas franchement le premier, mais c’est le premier qui m’a beaucoup marqué. Malgré les millions de touristes (dont je fais partie) à chaque coin de rue, les Romains aussi aimables que les parisiens, les prix des logements hallucinants… J’adore.

J’adore au point d’avoir essayé un temps de m’y installer, ce qui fut un échec absolu (tu es un jeune français, sans travail, tu oublies Rome).

BREF. Depuis j’y retourne régulièrement, j’y ai mes petites habitudes, je sais où y manger, ou m’y perdre, je commence à maitriser un peu la ville, et j’aime bien faire découvrir la ville aux gens que j’aime bien.
J’y suis retourné il y’a quelques semaines, pas longtemps, et j’en ai profité pour faire 2-3 photos. Certains ont déjà été publiées sur mon Instagram, mais je profite de ce billet pour en poster d’autres.

C’est pas trop des photos touristiques de Rome hein, plus des photos à la Paingout :p

Jamais sans mon iPhone

publié le par Paingout | 13 commentaires

Hier a eu lieu la traditionnelle Keynote d’Apple pour annoncer le nouvel iPhone.
En tant que bon gros fanboy Apple, comme chaque année, je ferai partie des premiers à faire la queue pour acheter cette nouvelle édition. Chaque année, sans exception. L’iPhone Edge, le 3G, le 3GS, le 4, le 4S, le 5, le 5S. Je les aurai tous eu. Comme un couillon.

Mais cette année, encore plus que les précédentes, je suis franchement déçu. Pour la première fois depuis longtemps, je regarde la concurrence. J’envie l’étanchéité des modèles de chez Sony, j’envie la qualité des capteurs photo de chez Nokia, et je râle un peu du manque de nouveautés. La batterie sera toujours aussi faiblarde, il sera toujours aussi fragile, la camera frontale est toujours toute naze… Non, cet iPhone 6 ne me fait pas du tout rêver.

Et pourtant ouais, j’irai faire la queue, pour être dans les premiers. Parce que j’ai un iPhone entre les mains depuis 2008, sans arrêt. Que c’est probablement l’outil technologique que j’utilise le plus dans ma vie, et que j’aurais le plus tripatouillé. Et que ouais, j’aime l’idée d’avoir le tout dernier, tout neuf, tout récent, comme un gamin. Même si franchement, ça me fait moins rêver qu’avant.

Je n’évoque pas l’Apple Watch, qui pour le coup, ne m’excite pas vraiment.

BREF. Considérant que cet article n’a pas beaucoup d’intérêt, je vais plutôt tenter un truc plu rigolos. Je vous poste 7 photos. 7 types d’iPhone, du Edge au 5S donc. Juste pour voir l’évolution de la qualité des photos… Honnêtement vu la différence des photos ça ne démontre rien, si ça n’est qu’il y’a quand même eu un petit gap à la sortie de l’iPhone 4, qui a commencé à faire de vraies chouettes photos…

iPhone Edge, 2008

iPhone Edge, 2008

iPhone 3G, 2009

iPhone 3G, 2009

iPhone 3GS, 2009

iPhone 3GS, 2009

iPhone 4, 2010

iPhone 4, 2010

iPhone 4S, 2011

iPhone 4S, 2011

iPhone 5, 2012

iPhone 5, 2012

iPhone 5S, 2013

iPhone 5S, 2013

4000

publié le par Paingout | 8 commentaires

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Depuis quelques années, je pars tous les étés dans les Cévennes, au dessus de Nîmes et Montpellier, dans la montagne.
Ma soeur y a une petite maison, et on a un deal assez rigolo, quand elle part en vacances, je dois aller m’occuper de ses chats. Ca tombe bien, j’adore les chats.

En vrai les chats je les croise assez peu, mais par contre la montagne, la rivière, les petits marchés, les petits villages, les saucisses, les bals, ça j’en croise… Je pars toujours avec quelques amis, et chaque année, j’attends avec impatience ce moment où je vais y retourner.

La maison en question est située dans le petit village de Valleraugue, qui est aussi connu pour être le départ d’une grosse randonnée sportive : les 4000 marches. Une boucle de 25 kilomètres, avec un dénivelé de 1200 mètres, plutôt violent pour un non-sportif comme moi.
Cela faisait d’ailleurs des années que régulièrement, je faisais le début de cette randonnée. L’an dernier j’ai du tenir 500 mètres avant de m’écrouler comme une bouse et faire demi-tour. Il faut dire que j’avais quelques soucis de santé, sans le savoir, ça n’aide pas.

Cette année, avec les copains, on s’est dit « on la fait, de bout en bout », étant soigné pour mon problème médical, c’était en plus un défi sur les années précédentes, aller jusqu’en haut, et pourquoi pas faire la boucle en entier, et redescendre.

Alors on est parti, on est monté, des heures durant. La météo n’était pas -du tout- avec nous, la pluie, le vent hallucinant de la montagne, puis un brouillard dingue, à ne plus voir à moins de 3 mètres devant. La totale.

Et ben j’ai réussi, je suis allé tout en haut, on a fait la petite pause réglementaire pour boire un chocolat chaud mérité, puis on est redescendu, jusqu’à la petite maison. Je ne vous cache pas que ma fierté d’avoir tout terminé, en un peu plus de 8 heures, était totale.

J’ai adoré, au point de refaire la monté une seconde fois quelques semaines après. Et je suis persuadé que je referai les 4000 marches chaque année désormais.

Allez, en bonus je vous colle quelques photos, c’est de la photo de vacances hein, zéro retouche, un peu en vrac, juste les Cévennes :)

Petit tour en Ecosse

publié le par Paingout | 2 commentaires

Il y a quelques jours, je suis allé faire un saut rapide en Ecosse, pour le travail.
Et bien c’était chouette, j’adore Edimbourg et l’Ecosse en général. J’espère d’ailleurs y retourner très très vite.
LaFilledelaCom qui était du voyage a fait un compte rendu très joli, avec des photos encore plus classes que les miennes, vous pouvez aller lire son article ici.

Et moi je vous colle quelques unes de mes photos ci-dessous, voilà :).

A toute épreuve

publié le par Paingout | 3 commentaires

Tournage a tout épreuve

Si vous allez au cinéma en ce moment, vous aurez peut être la bonne idée d’aller voir « A toute épreuve », chouette comédie de l’été sur laquelle j’ai eu la joie de bosser ces dernières semaines.
Je suis a priori pas franchement dans la cible de ce genre de film, mais j’ai vraiment beaucoup aimé celui là, avant même d’avoir commencé à bosser dessus. Pour l’avoir vu avec des gens très différents, je peux vous assurer que quelque soit votre âge/genre, y a moyen que ça vous plaise.

Le pitch est simple, le Bac approche, c’est la grosse loose, la décision est prise d’aller voler les sujets du Bac, histoire de s’assurer de l’avoir.
C’est joué par Thomas Soliveres, La Fouine, Samy Seghir, Marc Lavoine, et quelques autres, dont la magnifique Mathilde Warnier.

La sortie de ce film a été l’occasion pour nous de jouer avec plein de supports, Twitter évidement, Instagram, Snapchat, mais ça aussi été de chouettes moments avec les équipes du film, avec un énorme coup de coeur pour La Fouine qui est absolument adorable, Marc Lavoine qui est chou comme tout, et Thomas et Samy qui sont vraiment rigolos dans la vraie vie.

Nous proposions des tee-shirts à faire gagner pour la sortie du film, j’en ai profité pour en détourner un et faire quelques photos avec la jolie Ariane, que je remercie du coup :)

Bref, tout ça pour dire que ce film est vraiment chouette, avec un gros coup de coeur pour La Fouine. Vous pouvez y aller sans inquiétude, c’est vraiment bien :)

Le coffre à photo

publié le par Paingout | 12 commentaires

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J’vais vous raconter un truc tiens. Un truc que j’ai déjà évoqué dans quelques articles par le passé : le coffre à photo de ma maman.

Dans ma famille, du côté de ma maman en tous cas, il y a toujours eu une grosse tendance à faire des millions de photos, tout le temps, partout. Et plutôt de belles photos. Je crois comprendre que ma mère a eu dans sa vie beaucoup d’hommes qui faisaient de la photo, plutôt bien équipés en appareils et objectifs, et qui avaient tendance à shooter énormément.

Visuellement, pendant mon enfance, tout ceci se traduisait surtout pas des panneaux de photos découpées et collées par ma mère, des sortes d’assemblages parfois hasardeux pour illustrer sur un seul panneau une année entière, des vacances, etc. On trouvait de tout sur ces photos, des portraits, les animaux, des gens tout nus (merci les plages naturistes), des photos d’anniversaires, etc.
Il y avait par contre une constante, je ne voyais pas de photos de moi très petit ou bébé, ni de photos d’avant ma naissance. Précisons que je suis le plus jeune enfant, que j’ai deux grandes soeurs du côté de ma maman, et qu’elle s’est séparée de mon père à mes 1 an. Je n’avais de fait aucune image de mon père et de ma mère en couple.

En dehors de ça, nous avions quelques albums photo, et j’ai moi même, enfant, commencé très tôt à créer des albums photos, avec mes premiers appareils photos, que j’ai du avoir aux alentours de mes 12 ans. Des photos moches prises par un enfant, mais je me souviens que j’en prenais déjà beaucoup.

Et puis un jour, suite à un certain nombre de déménagements un peu hasardeux, j’ai découvert chez ma mère, très tardivement, un énorme coffre. Un coffre en bois, du genre de ceux qu’on voit dans les films de pirate.
A cette époque, ma mère avait beaucoup de problèmes de santé, et quand j’allais la voir, je n’avais honnêtement pas grand chose à faire. Un jour j’ai décidé d’ouvrir ce coffre.

Le choc.

Dans cet énorme coffre, des milliers de photos, en vrac, des photos très anciennes de ma famille, de la jeunesse de ma mère, de moi bébé, des mes soeurs toute petites, et surtout des photos de ma mère et de mon père en couple. Une image que je ne connaissais pas. Ca a été un vrai choc.

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Fouiller dans toutes ces photos, dans un désordre absolu, a été un vrai bouleversement dans ma vie, dont l’intensité était amplifiée par le bordel chronologique absolu de ce foutoir.

J’ai découvert ce coffre il y’a 10 ans, je viens de m’en rendre compte. Comment je m’en suis rendu compte ? Parce que depuis 10 ans, à chaque fois que je descends dans le Sud, je récupère un certain nombre de photos, que je ramène à Paris pour les scanner. Puis je les ramène la fois d’après, pour les remettre dans le coffre.

Il y en a vraiment des milliers, et à mon rythme, il me faudra encore longtemps avant de tout scanner.

20130703 223835L’an dernier, j’étais là bas en vacances avec des amis, et j’ai proposé à Garko et Eugénie de m’aider à faire un peu de tri, ça les amusait. Je leur ai dit « fouillez avec moi dans le coffre, et mettez de côté tout ce que vous trouvez insolite, troublant, chelou, ou beau », il se peut que j’ai ajouté « et mettez moi aussi de côté tous les gens tout nus ».
Nous avons passé une soirée entière sur le sol, à trier, fouiller, et glousser sur des photos complètement improbables et hallucinantes. J’ai adoré ce moment.

J’ai ramené toutes les photos que nous avons sélectionnées, et aujourd’hui encore en les scannant, je ris parfois très fort en voyant celles qui ont attiré leur attention.

Voilà. Aujourd’hui je peux considérer que la photo est ma passion. Et je pense que ce coffre à photo, et tous les photographes que j’ai pu croiser dans mon enfance n’y sont pas pour rien.

Je vous colle quelques photos piochées au hasard. Essentiellement de ma maman et de mes deux soeurs.

Tout comme maman

publié le par Paingout | 9 commentaires

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Depuis quelques années, il m’arrive parfois de penser, l’air de rien, à mon héritage familial.
Je me suis souvent demandé ce qui pouvait faire que je ressemblais à mon défunt père, non pas physiquement, mais dans son comportement, ses choix de vie, etc. Parce que toute ma vie on m’a rabâché avec le fait que je lui ressemblais.

Puis récemment, on m’a dit que je ressemblais à ma mère. Une nouveauté.
Du coup, j’ai essayé de voir en quoi je pouvais effectivement lui ressembler. Je ne m’étais jamais vraiment posé la question, alors je me suis posé, calmement, et j’ai pensé à elle.

Ca a été une putain de révélation.

Je me suis rendu compte que je suis en fait le portrait craché de ma mère, sur absolument tout. Considérant que c’est elle qui m’a élevé, ça n’est pas forcément étonnant, mais je trouve que je suis allé très loin dans le mimétisme.

Dans les grandes lignes, je suis politiquement très proche de ma mère. Je pense avoir le même mode de fonctionnement, basé sur une relativisation quasi névrotique des événements de la vie quotidienne. Mon rapport à l’amitié, à l’amour, à la famille, je pense l’avoir calqué sur elle, dans les moindres détails.

Et puis il y’a le travail, l’envie d’être indépendant, de travailler pour soit même, de me coltiner les mêmes galères avec l’administration qu’elle, quand elle gérait son commerce, les URSSAF, la TVA, le boulot le week-end, les vacances plus qu’aléatoires. Et puis tout le reste, ma détestation du réveil matin, l’incapacité absolue de mettre de l’argent de côté, les animaux, la musique, l’art, la photographie, le nu même. Je n’aurais jamais fait autant de photos de meufs à poil si je n’avais pas vu ma mère poser autant.

commemaman2C’est assez troublant comme révélation.

Et puis il y’a plus simple, plutôt que de penser aux traits de caractère, pensons aux détails… Des petites conneries qui font que dans mon cas, je cherche visiblement moi même la petite bête pour essayer de lui ressembler.

- Tous les soirs, je me mets de la crème Neutrogena sur les mains, ma mère faisait de même, la Neutrogena a une odeur très particulière.
– Je mets le même parfum que ma mère, depuis que j’ai cessé de vivre avec elle (Mûre et Musc de l’Artisan Parfumeur, pour info).
– Je mâche des Stimorol. Je dois être le dernier con à mâcher ça, avec ma mère donc.

Si on y ajoute les conneries héréditaires, du genre l’arthrose, la toux nerveuse, et autres conneries du genre…
Bref. Voilà, billet un peu sans queue ni tête, mais j’avais envie de poser tout ça quelque part.

Et vous, y’a pas des machins qui font que vous êtes tout pareil que votre maman ? Des détails à la con genre ?

Nota : C’est vraiment ma mère et moi sur les deux photos. Ca fait quelques années que je scanne des photos de famille régulièrement, c’est aussi ce qui me donne souvent envie d’illustrer mes articles avec ces photos.

De PD à gros porc.

publié le par Paingout | 99 commentaires

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Cet article va être un peu décousu, et pas forcément très clair. Ne m’en voulez pas.

Depuis cette histoire de « Paingout ce gros porc », qui date maintenant d’il y’a quelques semaines, j’ai chaque jour des personnes qui viennent m’insulter sur Twitter.
A part quelques exceptions, l’immense majorité de ces gens sont des femmes, qui se décrivent comme féministes.
Chaque jour, ceci me fait repenser à mon rapport au féminisme, au conditionnement, au corps, à l’intimité.
Du coup oui, j’y pense, fort, et loin. Et plus le temps passe, plus je suis fâché contre ces femmes et leurs mots.

Je vais vous parler un peu de moi. Ceci est mon blog, c’est plutôt le bon endroit pour poser ces mots-là.

Paingout, danseuse.

J’ai été élevé par ma mère et mes soeurs. Je n’ai eu qu’une grand-mère, pas de grand-père. Mes parents se sont séparés à mes 1 an.
J’ai peu vu mon père, je n’ai jamais tissé de lien avec lui. Je considère qu’il ne m’a pas élevé. C’est plutôt ma belle-mère qui se chargeait de ça lorsque je passais mes vacances chez lui.

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Cette éducation entièrement féminine m’a conditionné d’une manière, plutôt féminine dirons-nous.
J’ai toujours été non-violent, je n’ai jamais fait de sports de garçons (ou alors c’était du grand n’importe quoi).
J’aimais m’habiller en fille ou me maquiller pour me déguiser (c’est toujours le cas). Mes gestes ont toujours été maniérés, au point que la plupart des gens pensent, aujourd’hui encore, en me rencontrant, que je suis homosexuel. Ce qui ne me pose aucun problème.

Enfant, je lisais des magazines féminins. Ado, je n’ai jamais voulu passer mon permis ou m’intéresser au foot, par contre j’aimais conseiller les clientes de la bijouterie de ma mère. J’aimais l’accompagner sur les salons de prêt à porter. Et au final voilà, ça a fait de moi un garçon bourré d’attitudes féminines, dans ma voix, dans mes gestes, dans ma façon de marcher ou de me tenir, dans ma culture.

En dehors de ça, il n’y a jamais eu le moindre doute sur ma sexualité, à aucun moment de mon adolescence et de mon âge adulte.

Ce qui m’intéresse ici, c’est cette notion de culpabilisation. Ces femmes qui m’insultent veulent me faire culpabiliser, par tous les moyens (même les plus improbables). Pourquoi ? Je n’en sais rien, je crois qu’il y’a une grosse part de défoulement, et que le militantisme n’explique pas tout. En tous cas il y’a un besoin absolu de me faire « prendre conscience ». Cette prise de conscience, je la fais sur certains points, je l’ai évoqué ici et là. Mais il y’a une constante, elles, jamais. D’aucune manière. Et pourtant dans ma vie, ce sont les femmes qui ont été les plus violentes et les plus injustes avec moi, qui n’ont jamais cherché à me comprendre ou à m’accepter.

Qui me traitait de « PD », de « danseuse », de « pédale », pendant TOUTE ma scolarité ?
Des filles, TOUJOURS des filles.
Aujourd’hui, qui, dans mon entourage, même proche, me sort régulièrement : « putain mais t’es complètement gay » ?
Et bien ce sont mes amies filles, jamais les garçons. Mes potes garçons se fichent de mon attitude ou de ma manière de parler.
Par contre oui, les filles le relèvent, alors certes avec amusement et tendresse, mais c’est elles qui jugent, pas eux.
Qui me jugeait parce que je ne voulais pas de scooter et que je n’aimais pas me battre ?
Ma belle-mère. Pas mon père.

Mon conditionnement à moi, c’est ça, c’est être élevé en grande partie comme une fille, et être à la fois jugé, par d’autres filles.

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Quand on parle de simple jugement amusé, pas de problème, on fait avec. Quand on parle d’injure, de diffamation, et d’acharnement, c’est un peu plus troublant.

Paingout, féministe et pornographe.

Si tout ceci n’a pas orienté ma sexualité, ça a en tous cas, je le crois, forgé et entretenu mon rapport aux femmes et au féminisme. Je me suis toujours intéressé aux combats féministes, et dans mon quotidien, je soutiens les idées féministes et combat autant que possible le sexisme ordinaire. J’y ai été aidé, à la fois par ma mère et mes soeurs, qui étaient très féministes, toutes. Puis par des rencontres, dont évidement Valérie, qui m’a beaucoup appris sur tout ça, en acceptant quand c’était possible mes contradictions.
J’ai conservé cet intérêt pour l’anti-sexisme en conservant mon vif intérêt pour l’érotisme, le fétichisme, la sexualité. Et oui, pourquoi pas, l’objectivation du corps de la femme.
Compliqué hein ? Et totalement contradictoire, j’en ai parfaitement conscience.

J’en ai souvent parlé sur ce ce blog, et je n’en ai jamais fait une doctrine, simplement un état de fait, mon rapport au corps de la femme est sexualisé. Je garde néanmoins toujours un regard positif, sans jugement, sur les corps. Peut être parce que mon rapport à la nudité et à l’intimité est décomplexé, parce que j’ai vécu avec mes soeurs et ma mère, nues, sur les plages, dans les salles de bain, toute ma vie. Parce que pour moi un sein ou une fesse n’est ni un drame, ni un blasphème. Jamais.

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J’ai toujours censuré sur ce blog les commentaires insultants, « trop grosse », « trop maigre », j’en ai même souvent fait des articles, pour recadrer, essayer de faire passer un message, comme quoi non, une femme grosse, ou une femme maigre, n’est ni laide, ni malade. Tenez par exemple, j’écrivais ce genre de truc il y’a 7 ans maintenant.
Puis mon rapport au fétichisme tiens, il n’y a rien de plus fort en terme « d’objectivation », que d’être troublé devant une partie isolée d’un corps, que ce soient des jambes, des pieds, des fesses, peu importe.
Mais j’ai su accepter et assumer ces fétichismes là chez moi, et les faire cohabiter avec une vision non-sexiste des rapports homme-femme, et surtout respectueuse des corps.

C’est la même chose concernant cette histoire de « photos volées » sur mon compte Instagram. Ce qui m’a été reproché, c’est l’acte, sans jamais se poser la question de l’intention.
Quand on mène un combat ou une fronde contre un individu, je crois utile de s’intéresser un peu à son propos ou à sa vision des choses. Je dis s’intéresser, et pas adhérer. Au moins chercher à comprendre l’intention. Ne serait-ce que pour mesurer ses propos, et ne pas tomber dans un excès, qui n’a au final plus aucun sens.

Mon rapport quotidien au féminisme est de cet ordre. Le sexisme est un vrai problème, les inégalités aussi, et je lutte contre à mon niveau. Même si dans mon cas, cette lutte se limite aux périmètres qui ne remettent pas en cause ce que je suis.

Paingout, ce monstre de sexisme.

Et puis il y’a ces femmes, qui depuis des jours, décident de me haïr, ou de faire de moi un exemple.
Des femmes qui sont contre les inégalités, mais qui me rappellent à chaque échange que je suis un homme, privilégié, et conditionné pour être un homme et agir comme un homme. Des femmes qui considèrent que parce que je suis un homme, je n’ai pas à exprimer mon avis, ma vision, ou même mon intérêt ou mon regard sur leurs méthodes.

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C’est là que ça ne colle pas, je n’ai pas été conditionné pour ça. J’ai été conditionné pour essayer de comprendre et accepter les différences. J’ai été conditionné pour être de gauche et ne pas haïr mon voisin de droite. J’ai été conditionné pour vomir la religion mais défendre celle qui perd son job à cause de son voile. Je n’ai pas été conditionné pour exclure un ou une individu d’une réflexion ou d’un échange à cause de son sexe. Et surtout, j’ai été conditionné pour m’intéresser aux gens, et pour essayer de les comprendre un peu.

Ca va loin, je pense que je peux tout comprendre et tout intégrer. Je peux comprendre le dealer. Je peux comprendre le fasciste. Je peux comprendre le violeur. Je peux comprendre l’inceste. Je peux comprendre, parce que comprendre c’est accepter le merde qui nous entoure, et faire avec. C’est trouver les armes et les mots pour faire évoluer les gens, pour lutter contre les gens.
J’ai souvent répondu à ces femmes qui m’insultent aujourd’hui, que les mots sont importants. Qu’inventer des faits, ou insulter, sans savoir, sans comprendre, a l’effet inverse du but recherché. Qu’en voulant m’éduquer par la force des mots et la violence de l’insulte, elles perdraient le combat.

Et maintenant ?

J’avais peur que cet acharnement me fasse détester le féminisme, et bien c’est arrivé. Et je le regrette infiniment.
Je ne perds pas mon intérêt pour la lutte contre le sexisme dans mon quotidien, sur des sujets qui me sont proches ou des actions que je sais pouvoir mener. Mais je ne peux plus supporter l’excès, la violence verbale, le mensonge, et la manipulation systématique qui est faite de mes propos ou de mes photos.
Je considère honnêtement, et sans aucun doute, que je fais beaucoup moins de mal au genre humain en publiant une jolie photo volée de jambes, prise sur un quai de métro, que toutes ces femmes qui mentent, manipulent, et haïssent sans mesure.

Mon regard sur vous ressemble au regard que j’avais sur ces jeunes filles qui me traitaient de danseuse ou de « PD » parce que je croisais les jambes dans la cour du lycée. Vous me saoulez avec vos grands mots et vos jugements. Vous me gonflez avec votre indignation facile. Vous me gonflez à n’avoir aucune mesure de rien.

J’espère rencontrer d’autres féministes, qui sauront me réconcilier avec tout ça.

D’ici là, allez vous faire foutre.

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