
Rassurez-vous, je vais nuancer un peu mon propos.
Bien que, peut être pas tant que ça…
Une débauche toute relative.
Le contexte :
J’ai 34 ans, je suis grand, barbu, je prends de la place et je suis parfois un peu vulgaire. Je dis des gros mots, je peux être assez trash et je prends des photos de filles nues tout le temps.
On peut plus ou moins dire que j’ai un pied dans la débauche. Et pourtant, figurez-vous que je ne bois pas d’alcool.
Pas une goute.
Je l’ai peut être évoqué sur ce blog par le passé, mais voilà, c’est comme ça. Mais vraiment rien, ni vin, ni bière, ni cocktails. Même pas un « mon chéri ». Rien.
Pourquoi ? Je n’aime pas ça tout simplement. Ca me dégoute totalement (sauf l’alcool cuit, dans les plats, donc qui n’est plus de l’alcool, vu que l’alcool s’évapore à la cuisson).
Je donne souvent cet exemple : servez-moi deux verres, dans le premier vous me mettez de la bière dégueulasse à 1 euro les 1000 litres, et dans l’autre du champagne incroyable à 1000 euros le litre, je ne ferai aucune différence à la dégustation. Aucune.
Mais pourquoi tu bois pas mec ?
Oui mais alors, comment ça se fait que je n’aime pas ça, et que je n’ai jamais aimé ? Là aussi j’ai une théorie, qui devrait vous faire larmoyer un peu.
Quand j’étais enfant, mon défunt père estimait qu’il était important que son fils boive un peu de vin à chaque repas. C’est comme ça, dans le sud (et pas que), pour devenir un homme, il faut aimer le vin, et les tentatives de mon cher papa à mon encontre étaient peu efficaces. J’étais forcé, une vraie torture, des pleurs, des cris. Au final, j’ai probablement associé l’alcool, sous toute ses formes, à l’horreur absolue. Comme le salsifis ou les épinards pour certains.
A ce propos, s’il y’a bien un truc que je ne ferai jamais à mes enfants éventuels, c’est de leur forcer à boire ou à bouffer un truc, quoi que ce soit. Je mets ça au même niveau que le viol au niveau de la torture psychologique. Ni plus, ni moins.
Et donc, quel est le problème ?
BREF. Donc je ne bois pas. Tant mieux hein, mon foie va bien, je fais des économies, et j’ai l’air moins con que les autres en soirée (tout en étant aussi rigolo).
Il y’a pourtant un vrai problème face à ça, un malaise quasi quotidien, qui va finir par me faire distribuer des gifles.
Je le vis quasiment tous les jours.
Dans un café, un restaurant, ou même une soirée. Quelqu’un lance le traditionnel « qu’est ce que je vous sers ? ». Tout le monde répond, une bière par là, un martini par ci, un verre de rouge de château-mon-cul plus loin. Chic, rafiné, tout ça. Puis on arrive à moi. J’essaye de varier mes réponses :
- « Je vais vous prendre une Vittel ».
- « Je vais vous prendre un jus d’orange ».
- « Je vais vous prendre une grenadine ».
- « Je vais vous prendre un jus de fraise ».
Ce sont mes réponses habituelles, et bien peu importe laquelle, à cet instant le serveur (ou la serveuse), 3 fois sur 4, aura une des réactions suivantes (entre parenthèses, ma réaction intérieure) :
- « Hi hi hi, une grenadine pour le monsieur, hi hi hi ». (FERME TA GUEULE GROSSE PUTE)
- « Sérieusement ? Bon, ok ». (NON MEC JE TE FAIS UNE BLAGUE SUPER DROLE, CONNARD)
- « Ah ben je m’attendais pas à celle là dites donc ! » (AH BEN TU T’ATTENDAIS A CE QUE JE M’ENFILE 4 LITRES DE BIERE, AVANT DE BAISER TA SOEUR, PAUVRE CON ?)
Au mieux, le type (ou la meuf) aura un sourire gêné. Ce qui est déjà largement trop. Ou alors fera des commentaire variés, essayera de comprendre, etc.
Statistiquement, c’est encore plus violent si je suis accompagné de filles, qui boivent de l’alcool. Ben oui mec, t’as des meufs autour de toi, sois viril, prends une bière. Au moment de la commande, les 3/4 du temps, le serveur se trompe et servira le soft à la meuf qui a commandé de l’alcool, et l’alcool à moi. Un réflexe j’imagine.
Je considère sincèrement que chaque individu sur terre, qui a ce type de réaction est un putain de déchet humain qui ne mérite que de crever étouffé dans sa cirrhose.

Bouh le vilain.
Il y’a une forme de rejet social du garçon qui ne boit pas. Ca peut parfois prendre des proportions hallucinantes.
En Martinique, il y’a deux ans, après avoir refusé poliment un verre de rhum, un local (pardon, un FILS DE PUTE de local) m’a tenu la manche pendant 20 minutes en m’expliquant à quel point il tolérait ma différence, et que ça n’était pas grave, qu’il me respectait QUAND MÊME, et bla bla, et bla bla.
Un truc m’étonne à chaque fois, au moment d’avoir cette réaction de merde, aucun ne s’imagine une seconde que je pourrais être un ancien alcoolique qui essaye d’arrêter (inconcevable en France), voir tout simplement Musulman (penser à se laisser pousser la barbe encore plus).
Le malaise va plus loin au quotidien, je vois bien que certaines de mes fréquentations se refusent à boire de l’alcool en ma présence, comme pour « se mettre à niveau », comme si c’était gênant de boire en face de quelqu’un qui ne boit pas, comme si l’individu avait deux états d’existence, et que je n’avais le droit d’en connaitre qu’un.
Je passe sur le fait que dans certaines soirées, je suis obligé d’apporter ma propre bouteille de « soft », vu que tout le monde ne ramène que de l’alcool, toujours.
J’insiste sur un fait, si vous êtes une meuf, on ne vous fera jamais ce type de remarque. Ca marche sur moi, parce que je suis un mec. On cherche souvent des exemples de sexisme sur les garçons, ça en est une forme.
Cela étant dit, au fond, même si ça me pète les couilles. Cette forme de rejet à mon encontre, en tant que buveur d’eau, n’est pas si dramatique. Probablement parce que mon regard global vis à vis des buveurs d’alcools est lui même assez accablant. Je considère clairement que l’automatisme de commander de l’alcool, au restaurant, en soirée, ou au café, est une vraie saloperie. Et voir que beaucoup de mes amis ne peuvent s’amuser, se lâcher, ou s’amuser, qu’après s’être enfilé XX verres d’alcool me désole au plus haut point (et dans certains cas me rend assez triste).


























