« Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère… »
Un film de René Allio, d’après l’ouvrage collectif dirigé par Michel Foucault
Quelqu’un vous parle !
1835. Pierre Rivière commet un triple meurtre, que René Allio met en images quelques 140 années plus tard, en 1976, après que le philosophe Michel Foucault ait exhumé le cas dans un ouvrage inédit, à l’invective héroïque : « Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère… » (Gallimard/Julliard, 1973). Inédit ? Par la plume et le papier, le jeune paysan, soit disant analphabète, met publiquement au jour les faits : « … voulant faire connaître quels sont les motifs qui m’ont porté à cette action, j’ai ecrit la vie que mon pére et ma mére ont ménée ensemble pendant leur mariage […]. Aprés cela je dirai comment je me suis résolu a commettre ce crime, ce que [je] pensais alors et quelle était mon attention. […] je dirai ce qui se passa dans mon esprit après avoir fait cette action […] depuis ce crime jusques mon arrestation et quelles furent les resolutions que je pris. […] pourvu qu’on entende ce que je veux dire, c’est ce que je demande. » Fait exceptionnel, puisqu’à l’époque, « dans la plupart des autres documents, [les criminels] ne parlaient jamais, on parlait d’eux, ou quand ils parlaient c’est parce que, pressés de questions, ils finissaient par avouer » ; de plus, un nœud gordien s’est noué entre l’écriture et le meurtre car Rivière avait, initialement, l’intention de coucher sur le papier le meurtre avant de le commettre (Foucault).
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