Cinéma : The Artist

Je suis très contrarié vous savez.
Ca fait des semaines que je vois des films « a priori chouettes« , et que je m’y fais chier. Et franchement, je mets de la bonne volonté hein, là clairement pour « The Artist« , ne serait-ce que pour tout ce que ce film a d’atypique, je pensais vraiment que j’allais aimer. Et bien je me suis fait très chier.

Le contexte de la projection ? Une projection Club300 Allociné, dont je ne fais toujours pas parti, mais auquel je me fais inviter en +1 quand c’est possible. Beaucoup de monde, chouette projection, et rencontre avec Jean DujardinMichel Hazanavicius (le réalisateur) et Thomas Langmann qui a produit le film. Très agréable tout ça.

Le film ? Un OVNI, puisqu’il est ici question d’un film en noir et blanc, muet, au format 4/3 (si je ne m’abuse). Le pitch est assez simple, un acteur de cinéma muet se voit confronté à l’émergence du cinéma « parlé », et ça raconte, en gros, sa déchéance. C’est ni un drame, ni une comédie, ni un film d’amour, ou alors c’est un peu tout ça en même temps. Le film a déjà reçu un prix à Cannes, et de nombreuses nominations. Il provoque aussi un énorme buzz, et je dois vous avouer qu’à la sortie de la projection d’hier, beaucoup de gens ont vraiment adoré.

Oui mais pas tout le monde, loin de là, et je fais partie de ceux qui se sont lourdement ennuyés.
Le réalisateur nous a expliqué, avec beaucoup d’honnêteté, que le scénario avait eu peu d’importance sur ce film. Ca aurait pu être cette histoire comme une autre, et que la raison d’être de ce film, c’est ce délire autour du « noir et blanc muet« .
L’histoire tient vraiment en 20 lignes, et perso, j’ai vraiment eu l’impression que chaque scène durait des plombes, souvent sans grand intérêt, histoire d’étirer le truc au maximum pour que ça rentre dans 1h40.

C’est long, pénible, pour pas grand chose au final.

Et pourtant, c’est beau, vraiment. Meme si je ne suis pas adepte du noir et blanc et de toutes ces conneries, ça claque, les décors sont magnifiques, la photographie est belle (du moins elle correspond vraiment à ce qu’on pourrait imaginer d’un film d’époque), et la performance des acteurs, de tous, est à mon sens super. Il y’a un vrai plaisir esthétique devant ce film, mais qui est gâché par un scénario tout pourri (une fois encore ça n’engage que moi).

Ca m’est souvent arrivé de prendre mon pied devant des films pour des raisons purement esthétiques. Marie Antoinette de Sofia Coppola est un de mes films préférés par exemple, et pourtant le scénario ne sert strictement à rien. Mais là je ne sais pas, ça n’est pas passé. Peut être parce que meme si je conçois la beauté du film, ça reste « pas franchement mon truc », du coup j’ai bloqué. La musique qui habille le film m’a un peu saoulé aussi, je ne sais pas expliquer pourquoi.

En sortant, j’ai entendu pas mal d’avis très variés, dont 2 ou 3 qui m’ont interpellé. Des gens qui connaissent vraiment ce cinéma d’époque, qui ont meme une certaine culture des films muets, et qui m’ont avoué ne pas avoir aimé du tout, tout simplement parce que « ça essaye de ressembler à« , et « ça n’a pas du tout le niveau de« .
J’en ai fini par conclure que ce film pouvait plaire à une sorte de public un peu médian, suffisement  calé et amateur de Cinéma avec un grand C pour percevoir toute la force d’une telle oeuvre, et qu’à l’inverse, un spécialiste ou habitué de ces périodes là, ne prendrait pas forcément son pied, y voyant plus une imitation un peu mauvaise qu’une oeuvre à part entière.

Voilà, et ça m’énerve, parce que j’aurais vraiment aimé aimer. Après il faut aussi avouer que meme si j’aime bien Jean Dujardin, (sans pouvoir citer un seul film dans lequel je l’ai aimé), le duo Hazanavicius/Dujardin n’a jamais fonctionné sur moi, je n’aime pas DU TOUT les OSS 117, qui sont pourtant, c’est peu de le dire, très accessibles.
En dehors de Dujardin, Bérénice Béjo assure vraiment, et il est à noter la présence au générique de John Goodman et James Cromwell, deux grosses pointures du cinéma US. Ca a été redit par le réalisateur, et je m’en étais moi même rendu compte, tous les seconds rôle, et même les figurants, sont vraiment tous très très bons.

Voilà, maintenant hein, je crois vraiment qu’il est tout à fait possible d’entrer complètement dans le film, de se laisser glisser, et d’y prendre son pied, alors vous pouvez quand meme tenter :). Ca sort le 12 octobre prochain !

3 commentaires
  1. Bôôh

    « Marie Antoinette de Sofia Coppola est un de mes films préférés par exemple, et pourtant le scénario ne sert strictement à rien. »

    C’est le concept S.Coppola en même temps : des films très esthétisants sans gros scénario derrière. Virgin Suicide, Lost in translation, même Somewhere, sont aussi extrêmement réussis mais s’appuient sur pas grand chose d’écrit.

  2. Tu est donc bien trop élitiste pour les Américains :-D

  3. es* (oh le vilain)

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