Cinéma : Sherlock Holmes

Une fois encore, j’ai été forcé par la mormone à aller voir un film au cinéma. Et là, violence, je suis allé voir « Sherlock Holmes ». Le truc de ouf.

Mon avis va être rapide, comme d’hab, vu que, j’insiste, je ne sais pas parler « cinéma », je n’y connais rien. Donc autant que ce soit court.

Robert Downey Jr, Jude Law, bon, sympa a priori, et on m’a vendu le film comme « un film du dimanche », léger. Et bien c’était tout à fait ça. Le genre de film qui ne sert à rien, au delà des deux heures passées devant. Les deux acteurs tiennent bien leurs rôles, les rôles secondaires sont sympatoches, les effets spéciaux sont mignons, et l’ambiance -un peu trop steampunk pour moi- est assez présente.

Ca c’est pour le « vous pouvez y aller un dimanche après midi ». Maintenant je vais vous dire pourquoi je trouve ça nul…

La force de ce genre d’histoire, d’énigmes policières, qu’elles soient situées dans une époque victorienne ou non d’ailleurs, fonctionne et accroche grâce à un ingrédient, la longueur. C’est toute la difficulté de ce genre de film reposant sur des intrigues policières, il faut jouer avec la longueur, avec l’attente. Le lecteur/spectateur doit attendre, doit se mordre les doigts devant des silences, doit avoir le temps d’observer et d’essayer de regrouper les éléments uns à uns, histoire de vraiment rentrer dedans.

Un bon film (ou livre) d’intrigue ou d’enquète doit être lent, et c’est pour ça que c’est un style si compliqué, être lent sans être chiant, c’est dur.

La plupart d’entre vous n’ont jamais lu Conan Doyle, et même moi ça remonte à trop loin pour que je vous sorte un truc précis, mais prenons un truc plus grand public et plus récent, Colombo. Colombo c’est toujours pareil, un mec se faire butter, on sait qui est le meurtrier, et toute la série est basée sur une longueur, une seule, savoir comment Colombo « va trouver ». Alors on attend, on le suit, et on met les choses en place au fil des minutes.

Dans le film Sherlock Holmes, on a le temps de rien, il y’a 6 ou 7 potentielles énigmes en même temps, on ne s’attarde sur aucune d’entre elles, et la plupart sont résolues « en bloc », d’un coup, j’ai « paf je te fais 5 reveals d’un coup que tu as même pas le temps d’y penser ». C’est bidon. On a le fond, les énigmes, qui ont un fort potentiel, et sur la forme c’est complètement gaché.

Alors je suppose que l’idée n’était pas de faire un vrai Sherlock Holmes, mais plus de se servir d’une licence et d’un personnage existant pour faire une histoire à peu près vendable. Puis parce que la populace veut du sang, au lieu de laisser Holmes et Watson réfléchir 5mn, on bouche le moindre vide par une baston incongrue, et on met en avant les muscles ahurissants de Holmes qui se bat comme un Dieu grec. C’est un choix. Mais c’est poussif, décousu, et un peu pénible.

Maintenant je vais spoiler en vous donnant la fin, alors s’il y’en a qui comptent encore le voir, ne cliquez pas sur « Lire la suite ». Mais la fin m’a clairement gonflé quand j’y repense…

SPOIL SPOIL SPOIL

Le super méchant là, on est d’accord qu’il est super malin, tout ça, ingénieux. A la fin il veut butter tout le parlement, alors il fabrique sa putain de machine de la mort qui est apparement ultra sophistiquée, et on comprend bien à la toute fin que LE TRUC QUI TUE dans cette machine, c’est l’émetteur radio qui permet de l’activer à distance.

On remet tout à sa place, le méchant il est à l’étage dans la salle principale, et il va appuyer sur une bouton a une heure SUPER PRECISE. A la minute près.

Au sous sol, y’a l’a machine, et genre 5 ou 6 hommes de mains qui sont là pour la surveiller, et éventuellement la protéger.

Plutôt que de réinventer la poudre, le fil à couper le beurre, l’univers, et tout ce bordel pour fabriquer un INCROYABLE émetteur sans fil, et puisqu’il savait très bien à quelle heure il devait appuyer sur le bouton… Il pouvait pas demander à un de ses hommes de main en bas d’enclencher la machine à la bonne heure ?

Genre « Hey Michel, à telle heure, tu peux appuyer sur le bouton steup’ ? »
Et paf tout le monde meurt.

Non ?

Ou alors j’ai rien compris au film hein, c’est possible aussi. Vous l’avez vu ? Vous trouvez pas ça poussif ? Pour un film basé sur du Conan Doyle je trouve ça dramatique.

16 commentaires
  1. Sylvano

    J’étais athée, et depuis que je t’ai lu, j’ai trouvé mon Dieu en ta personne

    J’ai été bien déçu (et le mot est faible) devant cette énième daube Uglywoodienne

    Si je devais choisir entre « çà », et la série animée des années 80, je n’hésiterais pas une seule seconde

  2. Même avis… poussif, scénario bâclé (surtout la fin ou le méchant qui était super intelligent devient tout d’un coup super con…)
    Bref, je peux même pas dire déçu car je m’attendais a ce genre de film « du dimanche »

  3. Gaston

    En fait ce qui saute aux yeux quand on voit ce Sherlock Holmes c’est à quel point il s’inscrit dans cette veine toute récente des héros omniscients à la Dr. House, The Mentalist… On peut dire que le concept cartonne. Enfermez le héros dans une pièce fermée à clé avec genre cinq minutes pour vivre; vous vous seriez mort, alors que lui il aurait capté que c’est une serrure à 5 paillettes de fabrication allemande; fabrication unique puisque d’après guerre donc avec du matériel léger à cause de la pénurie d’acier; il suffisait juste de taper la porte assez fort pour l’ouvrir, et les 4 minutes 55 qu’il était censé lui rester, il les passe à siroter un thé avec un bol de porridge… BREF ! tout ça pour dire qu’en ce moment on ne voit que ça, que des  » hyper  » qui savent tout, qui ont tout compris, qui ont même un discernement que nous n’aurons jamais nous bande de loques que nous sommes. Au final, est ce que le film est mauvais ? Pour moi non, Robert Downey Jr et Jude Law vont bien ensemble, Guy Ritchie assure le rythme; c’est divertissant et c’est ce que les gens veulent. Est-ce que le concept est bien pour autant ? Non, parce que c’est le genre de film où on sait qu’on va rien comprendre sauf quand le mec il explique tout en deux minutes et que nous on dit  » bah ouais c’était donc ça « ; on prémache, non, on dégueule l’explication au spectateur qui n’aura même pas eu besoin de réfléchir une seule seconde, le comble pour un film de détective.

  4. Vu cet après midi : le divertissement est assuré, mais il ne faut absolument pas y voir un film d’enquête. D’ailleurs le coté indice et résolution ne sont présenter là que sous leurs aspect le plus cliché : oui on va voir les héros tripoter des éléments, oui ils expliqueront le pourquoi du comment, et non personne n’aurait humainement put trouver le truc car ce que l’image nous donne n’est clairement pas suffisant.

    Gaston > Concernant les héros ultra observateur / analytique / pro de la PNL, c’est vrai que House à lancer la mode (quoi que Monk ça a commencé avant non ?) et ce qui manque a ce Holmes c’est ce qui fait le sel de ce genre de perso : une faille dans la cuirasse. Sherlock fait du street fight, il excelle dans toutes les sciences, séduit les babes… il est un peu pénible mais ça n’est pas une faiblesse, du coup il souffre du même défaut que le personne de « The Mentalist » : il est imbuvable ! constamment en God Mode, il ne doit qu’au bagou de Robert Downey Jr de s’attirer la sympathie du public

    Sinon : j’aime beaucoup ton exemple :)

  5. Gaston

    ;) Merci
    Oui, y’avait déjà de ça dans Monk, mais House a élevé le concept au rang de nouveau standard. Y’a qu’à voir The Mentalist qui ne propose franchement pas grand chose de nouveau et qui cartonne. Après peut-être effectivement qu’il manque à Holmes cette faille, même si le scénario nous met sur des pistes :

    SPOIL

    Il est amoureux de sa belle américaine mais euh c’est compliqué parce que tu comprends c’est une chouraveuse de haute volée… Mais aussi sa relation avec Watson, le film conducteur du film qui joue sur cette ambiguité un peu gay, mais ma foi sympa du personnage.

    FIN DU SPOIL

    Finalement ce qui rend ces personnages attachants, c’est justement le fait qu’ils soient imbitables, donc incompris. Et nous ben aussitôt défendeurs des conspués devant l’éternel, on plonge.

  6. Azoée

    N’oubliez pas que les « gens » qui vont voir ce genre de films, ce sont des ados. Besoin de se définir comme homme (costaud+intelligent), de voir de la baston avec les potes, et pas grave si le film est nul quand on est en galante compagnie.

  7. Khisanth

    Je n’ai jamais lu Sherlock Holmes (honte à moi), mais rien qu’à voir la bande annonce il était clair que je n’irais pas voir le film.

    Pourquoi faut-il qu’Hollywood ponde absolument un film d’action où (si on en croit la BA) ça pète de partout toutes les cinq minutes ?

    Je pense que Sir Arthur a du se retourner dans sa tombe lors de la première.

    L’an prochain, ils nous ressortent Candy, avec l’héroïne en mini-jupe, 5ème Dan de karaté, mais qui va pleurer toutes les larmes de son corps toutes les deux minutes ?

  8. Gaston > Comme quoi le serpent se mord la queue parce que le personnage de House est basé sur Holmes (lui aussi à son sidekick wilson / watson, et tout les deux sont des toxicos géniaux, musicien et parfaitement imbitable) et que dans cette version je trouve qu’il ont justement été pomper dans ce que fait Hugh Laurie.

    Comme quoi… rien ne se crée, rien ne se perd : tout se recycle !

  9. Otolia

    Je vous conseille tous un film belge qui sort le 17 Fev. 2010 en France :  » La Régate  »
    Un super film qui raconte une relation de violence père-fils, ce dernier n’ayant qu’un seul recours pour garder la tête haute : ramer. Pour être ramer, je vais dire que sa rage de vaincre est absolument présent sur l’eau. Je me souviens encore des regards que je jetais sur la ligne de départ à son age. Un excellent acteur adolescent. Une merveille !

  10. Bôôh

    Mais non, tu n’as rien compris ! Les hommes de main ne sont pas suicidaires, du coup ils doivent surveiller une invention révolutionnaire mais ne savent pas ce que c’est (pas suicidaires mais pas futés non-plus), et ne sont pas fiables (donc on ne leur confie pas la mission de détruire le parlement). Et puis surtout, ce qui fait kiffer le méchant, c’est le pouvoir absolu, contrôler tout de A à Z, du coup forcément il a besoin d’avoir la commande à la main.

  11. Nosim

    Ha, ils sont vachement longs les commentaires, du coup, je les lis pas, au risque de faire un plat (comme au plongeoir).

    En tous cas le post est très bon. C’est une excellente critique, si si. Merci, je n’irai pas du coup :)

  12. Dimi

    Mouais…

    Tous vos com sont pertinents, plein de référence et semble vouloir nous livrer une analyse (le terme n’est pas pris au hasard) du film. Malgré cela, ils ont un petit goût acide qui me semble injuste. Ce Sherlock ferait peut-être se retourner Conan Doyle dans sa tombe, mais pris comme un simple divertissement, il constitue un film agréable, bien interprété, qui fait passer un amusant dimanche après-midi.

    A contrario j’ai trouvé que « A serious man » qui semble être un film plus construit et plus intellectuellement satisfaisant, constituait une branlette pour cinéphile sans intérêt…

    Bref, je vous trouve dur et un peu pédants avec ce Sherlock holywoddien et pour ma part je ne peux qu’encourager les gens à aller le voir s’ils désirent passer deux heures à oublier que la vie c’est dur, que les petits enfants en Haïti ils meurent, qu’une psychanalyse c’est difficile, que c’est dur d’être en couple, etc…

  13. halmack

    C’est vrai que cette étrange croisement entre Dr House et Wolverine (oui carrément, Sherlock dans la fosse, c’est Wolverine), n’a rien de vraiment nouveau, mais a un coté original quand même. Personnellement j’ai trouvé ça plus distrayant qu’autre chose.

    Après je suis d’accord, c’est un très mauvais film policier (en fait ça n’en n’est pas vraiment un, et on pourrait le ranger dans la même catégorie que les « Armes fatale »).

  14. Gaston

    @Dimi :

    La question n’est pas de triturer le film dans tous les sens et ce, de façon masturbatoire. On livre un avis, un avis d’amateur de films. D’ailleurs si tu regardes bien, on n’a jamais dit que le film était nul, j’ai même dit le contraire. On a juste connu des meilleurs scénarios, et surtout on peut légitimement espérer une oeuvre de qualité avec une franchise qui porte le nom de Sherlock Holmes.

    Je sais parfaitement prendre des films pour ce qu’ils sont, des purs divertissements, avec différentes prétentions, mais des divertissements avant tout. Mais quand même pour 9 € la place les gars, autorisons nous quelque peu de faire nos fines bouches.

  15. Life

    Pourquoi ne pas faire intervenir directement des acolytes ? Parce que justement personne ne doit faire de rapprochements entre sa magie et l’utilisation de ses gadgets.
    Moi j’ai bien aimé le film, le jeu d’acteur est intéressant, le côté SteamPunk bien qu’il soit éculé (depuis Conan Doyle la plupart des bouquins contant des histoires de SH sont du Steam) prend assez bien, et ce Sherlock Holmes Bad Boy sa rapproche plus de celui de Conan Doyle (qui passe ses nuits déguisé dans les bas fond de Londres) que le vieux garçon en costume de chasse et sa pipe tordue dont on a l’habitude dans les films.

Laisser un commentaire

Laissez un commentaire