Cinéma : Le Ruban blanc

Le pitch :

Un village protestant de l’Allemagne du Nord à la veille de la Première Guerre mondiale (1913/1914). L’histoire d’enfants et d’adolescents d’une chorale dirigée par l’instituteur du village et celle de leurs familles : le baron, le régisseur du domaine, le pasteur, le médecin, la sage-femme, les paysans… D’étranges accidents surviennent et prennent peu à peu le caractère d’un rituel punitif. Qui se cache derrière tout cela ?

Bon alors elle vaut quoi cette Palme d’or : une récompense juste ou bien un copinage trop visible ?

Il serait totalement malhonnête de dire que c’est un vol caractérisé. Ce film mérite bien sa récompense assurément. Le Prophète l’aurait tout autant mérité aussi mais comme il y rarement d’ex-æquo, il en fallait bien un.

Pour le reste, ce film n’est clairement pas une partie de plaisir, tellement il est difficile d’y entrer.

Pourtant la tentative était belle avec cette scène sublime en ouverture. Ce cavalier surgissant au bout de la nuit… Ah non ça c’est autre chose, presque pareil mais autre chose.

Donc rentrer dans ce film est loin d’être une évidence, perso j’ai mis à peu près une heure avant d’être très à l’aise. Malgré ça, il faut oser le dire, ce film est sublime.

Sublime par le remarquable boulot qu’il y a derrière. Déjà au niveau du casting, 7000 gamins de castés pour choisir ces acteurs là, chapeau très bas Michael H.

Sublime idée que d’avoir tourné de film en couleur et de l’avoir par magie remis en noir et blanc.

Exquise farandole, que de nous faire voyager d’une douceur soyeuse vers une noirceur impitoyable.

Nous montrant les sévices qu’une société puritaine est capable d’infliger à ses membres.

Transformer la pureté de ses enfants en inhumanité totale est assez poignant il faut le dire.

Aussi précis qu’un rasoir, aussi implacable que la justice, aussi élégant qu’un bouquet de roses : le loisir qui est laissé au spectateur de se faire son opinion est une politesse orgasmique.

Cette façon de laisser les énigmes à moitié découverte est aussi un très bon côté du truc, alors que paradoxalement cela pourrait être frustrant.

Et puis bon c’est beau, d’un esthétisme raffiné, d’une beauté pure, c’est magnifique tout simplement. Et dire que ce n’était quand même pas facile à faire, les pièges étaient tout de même facile et notre maître les à évité un par un.

Un film sophistiqué, dérangeant qui montre pourquoi le cinéma a été inventé.

Un dernier mot la photo est sublime.

Un chef d’œuvre c’est certain dans la droite lignée des Communiants de Bergman.

Un chef d’œuvre en faisant découvrir un autre, c’est peut être ça la plus grosse réussite du film.

Un conseil néanmoins, il faut voir ce film dans une salle non pleine car un peu de respiration peut gâcher la fête. Pour le reste, vous devriez déjà y être.

Un dernier point et probablement le plus important, il faut quand même être fan de Haneke pour en profiter totalement, et si vous trouvez le truc super chiant, ce n’est pas grave, c’est même normal probablement.

Ps : Je suis totalement lucide sur le fait que ce film n’atteint pas le niveau les films du même genre d’une époque plus ancienne, néanmoins dans son contexte, ce film est merveilleux.

1 commentaire
  1. LAURENT

    Quel immense goufre de connerie je dois tenir! j’ai vu le film, dans une salle pleine au dixiéme de sa capacité, j’en suis sorti frustré! je me suis demandé s’il ne manquait pas une bobine! Et je viens de lire les propos dithyrambiques du fana de service, oui je ne suis certainement pas fini!

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