Voyage dans le midi avec Picasso

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En ces temps ensoleillés et d’approche des vacances, et pour sortir du trop parisianisme qu’on me reproche souvent, un petit tour chez nos amis sudistes avec Picasso comme guide.

Je vais être sympa avec ce peintre, même si ma dernière expérience en allant voir une de ses expositions avait été un peu rocambolesque. Souvenez- vous le Grand Palais, sa cohue, ses bousculades, ses moments de grands énervements et toutes ces moments de plénitude.

Donc peu de temps après cette triple exposition parisienne, Louvre, Grand Palais et Orsay, c’est dans son cher sud, que le peintre va recevoir un nouvel hommage avec deux grandes expositions et un spectacle en images. Et c’est sans compter l’ouverture exceptionnelle de son château de Vauvenargues. D’un côté, il est rien d’étonnant à ce que les choses se déroulent de la sorte tellement les paysages de Provence et les couleurs de la côte d’Azur ont fourni à Picasso une palette d’émotions. Le peintre trouvant dans ce paysage largement matière à son inspiration.

Pour se rendre compte de l’importance de son passage dans la région, un peu d’histoire est nécessaire, si on excepte ses vacances à Sorgues, Avignon, Saint-Tropez…, c’est à Cannes où il acheta la villa La Californie que le premier gros truc a eu lieu, en effet , la production d’œuvres majeures débuta là-bas. Parmi les œuvres en questions, on trouve : la série consacrée aux Ménines.

A Vallauris, il y découvrit l’art de la céramique. A Mougins, la maison qu’il acquit devint sa dernière demeure. On comprend donc pourquoi c’est là-bas que va avoir lieu deux grandes expositions évoquant son empreinte sur la région.

La première : Picasso-Cézanne, forte d’une centaine de toiles, dessins, gravures, aquarelles, sculptures aura lieu au Musée Granet d’Aix-en-Provence. Une façon de nous montrer l’influence déterminante que l’impressionniste exerça sur l’auteur de La joie de vivre(1946).

Cette expo, découpée en 4 temps, s’attache tour à tour, à illustrer comment la technique et la simplification des formes cézaniennes ont fait naître les fondements du cubisme. Picasso ne cacha jamais cette influence allant même jusqu’à donner comme titre à Cézanne, celui de père spirituel : « notre père à tous ». La seconde partie de l’exposition montrant les objets de Cézanne que le maître du cubisme collection. La troisième section, aborde les thèmes qu’ont partagés les deux artistes : l’Arlequin, le compotier, les baigneurs, les portraites dans un fauteuil… Et pour finir la dernière partie cause l’époque de son installation au château de Vauvenargues, de février 1959 à juin 1961.

Une façon évidente de se rapprocher du cœur des paysages croqués par celui qui rendit la montagne Saint-Victoire aussi célèbre que la lune dans le monde entier.

Cette exposition en plus d’être une bénédiction en elle-même, permet dans un couplage audacieux, d’ouvrir au public pour la première fois, l’accès au château de Vauvenargues. L’intérêt sera de le découvrir en l’état où Picasso le laissa. Personne n’y a touché son départ.

La visite du lieu se finissant bien évidemment par un recueillement sur sa tombe qu’il occupe avec sa femme Jacqueline.

La deuxième exposition consacrée au maître se passe à Antibes au Musée Picasso, qui accueille depuis le 29 mars une exposition intitulée « 1945-1949 : l’ère du renouveau ».

Une façon de confronter les œuvres qu’il réalisa lors de son séjour dans la ville en 1946 avec celles qui les ont précédées et suivies. Pendant la période guerrière, le travail de l’artiste frappe par sa grande gravité. Si on fait une analyse la chose, on voit aisément que ses motifs se concentrent sur des nus, des natures mortes et sa palette qui se limite à du gris, du noir, de l’ocre.

Mais ce n’était qu’une courte période car il passa des ténèbres de cette seconde guerre mondiale à ce message d’espoir qu’il lança à la face du monde avec la production lumineuse : La joie de vivre.

200 de ses œuvres viennent étayer ce cheminement.

Et le spectacle en image ?

Facile, il suffit de se rendre dans les immenses carrières de calcaires aux Baux-de-Provence. Après Cézanne et Van Gogh, un spectacle audiovisuel extraordinaire y célèbre notre homme du jour.

30 minutes de bonheur exquis pour nos sens.

Les œuvres du maître apparaissant tour à tour, sur le sol, sur les murs, sur les piliers naturels de l’endroit. Et côté musique qui accompagne cette farandole d’images, c’est aussi du très lourd, Beethoven, Bizet, Chostakovitch… Les tableaux des périodes bleue et rose prennent possession de l’espace avant que picadors, taureaux et toreros ne viennent danser à leur tour dans ce lieu devenu magique.

Une expérience assurément saisissante et inoubliable.

Un hommage à la hauteur de son inspirateur.

Un événement à ne pas rater si vos vacances se passent dans le coin de cette magie ambiante.

1 commentaire
  1. Ah et bien je reviens de l’exposition a aix en provence, tres instructif, même si j’ai toujours autant de mal a m’imprégner des tableaux cubiques de picasso, j’ai l’impression vraiment que c’est de l’escroquerie des fois…

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