Interview de blog : Spooky nu

Le concept ? Un blogueur ou une blogueuse, des questions, posées par n’importe quel rédacteur ou rédactrice de Pingoo.com, des photos nues, et voilà.
Si vous et votre blog voulez participer, contactez-nous sur redac@pingoo.com.
Toutes les interviews publiées ici sont accessibles sur ce tag :
Interviews.

Interview du 21 Mai 2009 : Spooky du blog « Ansible« .

pingooitw_spooky01pingooitw_spooky02pingooitw_spooky03

Pingoo :
– Bonjour Spooky ! Tiens, il sort d’où ton pseudo ?

Spooky :
Eh bien d’une série TV, X-Files, qui a remporté un beau succès dans les années 1990. En fait je dois être l’un des rares à avoir vu l’une des premières diffusions, en 1994. C’est un peu ma série fétiche, j’ai dû rater 2 épisodes en 9 saisons. La série traitait de tout un tas de sujets ayant trait au paranormal, au fantastique, avec au passage des choses réellement intéressantes. L’un des personnages principaux de la série, l’agent Fox Mulder, était surnommé « Spooky » par ses collègues (traduit par un idiot « Martien » en VF). Quand j’ai commencé à frayer sur Internet –ça devait être en 1996 ou 97-, et qu’il a fallu trouver un pseudo pour créer des comptes, c’est celui-là qui m’est venu à l’esprit. Il ne m’a plus quitté depuis.

Pingoo :
– Tu abordes tout un tas de choses sur ton blog « Ansible« , tu peux nous en dire plus ?

Spooky :
Alors à peu près à la même époque j’ai eu envie d’écrire sur les films que je voyais, les bouquins que je lisais. J’en discutais avec certains amis, des camarades de classe… J’ai donc créé (en décembre 1999) un petit fanzine, que je réalisais tout seul avec mes doigts boudinés. Nombre de numéros par an : 2 à 5. Certains de mes amis et lecteurs m’ont fait le plaisir d’y écrire au fil du temps quelques chroniques. D’abord spécialisé en SF et fantastique, le fanzine s’est élargi à toutes les cultures de l’imaginaire : fantasy, thriller, horreur et policier y ont leur place également. La plupart du temps ce sont des chroniques sur des films, des livres (BD comprises), des jeux video ou des séries TV, mais il y a eu également quelques articles de fond (sur un auteur, un courant…) et même quelques nouvelles. L’absence de maquette précise et la grande souplesse du rédac’chef (qui est aussi le maquettiste) a permis cette géométrie variable. Et puis en 2007-2008, le fanzine, qui existait toujours sous forme de feuilles de papier maladroitement agrafées, mais aussi sur mon site perso, avec une mise en page atroce, commençait à mourir de sa petite mort. J’en avais marre de passer des heures à monter, imprimer, agrafer, envoyer par la Poste, puis recommencer la mise en page pour la mettre en ligne. J’écrivais beaucoup moins pour Ansible, et parallèlement je commençais à m’éparpiller sur des sites, des blogs divers… Du coup j’ai arrêté cette formule pour proposer les chroniques sous forme de blog. La première centaine de posts est une réédition de ce qu’il y avait sur papier (avec quelques pertes au passage), et la seconde a été rédigée et mise en ligne depuis un peu plus d’un an. Le blog ne marche pas trop mal, il est même présent sur Facebook, avec un groupe dédié, et sur Wikipédia, avec un lien vers l’ancien site reprenant les chroniques.

Pingoo :
– Ça veut dire quoi « Ansible » ?

Spooky :
C’est un terme bien connu des amateurs de science-fiction. C’est un dispositif permettant de réaliser des communications à vitesse supraluminique (supérieure à la vitesse de la lumière). Le concept a été « inventé » par l’auteure Ursula K. le Guin dans son roman « Les Dépossédés » (cycle de Terremer), et a été repris par d’autres, comme Orson Scott Card, Dan Simmons ou le français Ayerdhal. Je trouvais que le concept collait bien à un fanzine sur la SF ; j’étais très fier… jusqu’au jour où j’ai découvert qu’un autre fanzine, anglophone celui-là, portait exactement le même nom. Mais comme je ne risque pas de marcher sur ses plates-bandes, j’ai gardé Ansible (« EnSlip » pour les initiés).

Pingoo :
– Pour un type comme moi n’y connaît rien en « fantastique et SF », tu conseilles quoi pour commencer ?

Spooky :
Pas facile à dire, il y a pas mal de bonnes choses dans ces « mauvais genres », comme il y en a énormément de très mauvaises. Mes lectures étant assez classiques, je te donnerai cependant quelques pistes.
En général la science-fiction est intimement liée à une réflexion sur l’avenir de l’humanité, son rapport à l’univers. Il amène souvent le lecteur intelligent à se poser des questions. Parmi les œuvres incontournables, je citerai Les Robots, d’Asimov, ravage, de Barjavel, 1984, de George Orwell, ou encore Demain les Chiens, de Clifford D. Simak. Une bonne partie des œuvres de Philip K. Dick, qui s’interroge sur l’identité, est également à lire. Dans un style plus porté sur l’action, tu as La Guerre éternelle, de Joe Haldeman, Neuromancien, de William Gibson (« fondateur » du steampunk). Deux romans, prolongés en cycles, à ne pas manquer : Hypérion, de Dan Simmons, et La Stratégie Ender, par Orson Scott Card. Chaque lecteur de SF a ses chouchous, personnellement c’est Arthur C. Clarke, disparu l’an dernier, inventeur du concept du radar, et écrivain de grande qualité. J’ai lu deux ou trois romans de son héritier littéraire, Stephen Baxter, qui valent largement la lecture. En France, des auteurs comme Pierre Bordage ou Serge Lehman commencent à avoir une production de qualité. Au rayon fantastique, je conseille de méconnu Richard Matheson, auteur de l’Homme qui rétrécit, mais aussi de Je suis une légende. Il y a aussi Les Plus qu’humains, de Theodore Sturgeon. Parmi les auteurs récents, je suis un grand admirateur du Stephen King première époque ; Carrie et Misery sont des romans tétanisants. Michael Crichton aussi, est un auteur dont j’ai apprécié les écrits.
Sur le plan de la fantasy, je suis un gros fan de JRR Tolkien et de son Seigneur des Anneaux, que j’ai découvert à l’adolescence. L’univers est un peu comme mon jardin, j’aime à m’y promener pour retrouver la sérénité. Tu verras que sur mon blog une petite dizaine de chroniques y sont consacrées… j’ai lu toute l’œuvre de Michael moorcock à la même époque, mais je crains qu’une relecture à l’âge adulte ne soit fatale à la tendresse que j’éprouve pour elle. J’ai par contre beaucoup aimé Des Milliards de tapis de cheveux, par Andreas Eschbach, et Les Voies d’Anubis, de Tim Powers. A noter que je suis en train de lire «La Horde du Contrevent, d’Alain Damasio, un roman aussi remarquable que surprenant.
Il y aurait d’autres titres à citer, mais je crains d’avoir déjà abusé de la place qu’on me laisse…

Si tu préfères la BD, l’une de mes séries préférées est Le Chant des Stryges et ses séries parallèles (toutes scénarisées par Eric Corbeyran) qui raconte comment le monde évolue sous la coupe d’étranges créatures ailées… Au rayon science-fiction, l’une des séries les plus intéressantes est Sillage, dessinée par Philippe Buchet et scénarisée par Jean-David Morvan. Chaque album baigne dans une ambiance différente et se place dans un courant différent de la SF (respectivement, space opera, politique-fiction, steampunk, et heroic fantasy). Aquablue a sonné comme un coup de tonnerre dans la BD de SF : Olivier Vatine puis Ciro Tota au dessin, Thierry Cailleteau au scénario, proposent un cocktail époustouflant de planetary romance, de space opera, de politique fiction et d’écologie. Dessin réaliste, discours humaniste et scénario solide, le cycle que forment Aldébaran, Bételgeuse et Antarès est une réussite, avec un creux pendant Bételgeuse. Universal War One est une série très réussie sur le thème du voyage dans le temps. Je pourrais aussi citer Le Monde d’Aedena, Akira…
Certains albums de Thorgal sont empreints d’une véritable poésie ; cette série narre l’histoire d’un homme, Thorgal, qui est tombé des étoiles, ce qui irrite les dieux, qui ne cessent de placer des obstacles sur son chemin. Il n’a pourtant rien demandé à personne ; il n’a pour ambition que de vivre tranquille avec sa famille sur son île déserte…
Les deux mêmes auteurs ont également accouché d’un autre chef-d’œuvre, Le Grand pouvoir du Chninkel. J’on est un petit chninkel qui découvre sa véritable nature au travers d’aventures oniriques et d’affrontements contre des dieux. Pour moi c’est un must.
L’une des séries phares des 25 dernières années est sans conteste La Quête de l’Oiseau du temps de Loisel, Lidwine et Letendre. Souffle épique, humour et personnages hauts en couleur sont les principes actifs de ce concentré de bonheur. Avec Thorgal, cette série a donné ses lettres de noblesse au genre de la fantasy en BD.
Lanfeust de Troy reprend les canons de la fantasy, magnifiée par le trait de Tarquin et tourmentée par le scénario de Scotch Arleston. Dans un décor médiéval, Lanfeust, forgeron magicien, doit sauver le monde de la domination du cruel Thanos. Un deuxième cycle, Lanfeust des Etoiles, plonge le héros et ses amis dans un contexte de space-opera.

Pingoo :
– Tu as quel regard sur l’évolution de ce milieu, autant des auteurs que des lecteurs…

Spooky :
Difficile à dire parce que je me suis un peu plus rapproché de la BD –un support- par rapport au fantastique et à la SF –des genres-. Je trouve que le milieu se porte bien, avec des manifestations, comme les toutes récentes Imaginales à Nantes, ou le festival étonnants voyageurs à Saint Malo, qui sont très intéressantes. Le lectorat évolue sans doute avec les œuvres ; n’ayant lu que très peu d’œuvres récentes, je ne saurais les juger. Mais je trouve qu’il faut continuer à lire les ouvrages fondateurs, et s’en inspirer pour ouvrir de nouvelles voies. J’ai toujours plaisir, par exemple, à lire un roman post-apocalyptique de John Wyndham.

Pingoo :
– Il y a des blogs références que tu lies avec assiduité sur le sujet ?

Spooky :
Il doit en exister des milliers, mais je suis en lien avec Vampirisme.com (dont le nom parle de lui-même, et auquel je participe parfois), mes Imaginaires.com (dont j’ai réalisé la bannière et qui me permet de me tenir au courant de l’actualité), mais aussi Films fantastiques, réalisé par un journaliste de l’Ecran fantastique, revue spécialisée. Et l’un de mes sites-référence est celui du Cafard cosmique, qui existe depuis longtemps.

Pingoo :
– Tu es aussi passionné de BD si je ne m’abuse, tu lis quoi ?

Spooky :
A peu près de tout. J’ai une collection d’environ 1 700 albums, limite atteinte par mes étagères Ikéa. J’avais une préférence pour la SF et le fantastique (bizarrement), et j’ai découvert depuis quelques années qu’il pouvait aussi y avoir de très bons romans graphiques, ou que je pouvais apprécier des documentaires comme Rural ! L’âge doit y faire aussi. J’ai la chance, depuis quelques années, de faire partie du staff du site bdtheque.com, dont le cœur est les avis déposés par les internautes sur les bandes dessinées. Cela me permet de discuter de ma passion avec des centaines d’autres internautes bdphiles, mais aussi de découvrir de nombreuses pépites et d’avoir des relations avec les auteurs.

Pingoo :
– Ca consiste en quoi la modération sur BDTheque ?

Spooky :
Au départ à maintenir une bonne tenue des forums. Mais de ce côté-là il y a peu à faire, la plupart des habitués étant des adultes sains de corps et d’esprit, même si parfois on s’échauffe un peu. Mais surtout à compléter et corriger la base de données (près de 8 000 séries recensées), à corriger les avis (nous avons franchi la barre des 40 000 en 8 ans d’existence). Il y a ensuite des possibilités annexes : avoir des infos exclusives auprès des éditeurs, rencontrer les auteurs pour les interviewer (on a réalisé une centaine d’entretiens en 3 ans), recevoir des albums en service de presse. C’est une occupation qui prend beaucoup de temps, et nous sommes actuellement 6 à nous partager tout ça. J’adore.

Pingoo :
– Tu lis quoi comme blogs BD ?

Spooky :
J’en ai lu quelques-uns dans le passé, mais par manque de temps j’ai arrêté. Mais je lisais par exemple fréquemment celui de Boulet, j’allais de façon plus épisodique sur ceux de Trondheim, Lisa Mandel, Martin Vidberg, Obion, Gally, Maliki, Mélaka… Parfois untel sur bdtheque signale tel ou tel blog sympa, je vais y faire un tour, et dès le lendemain j’oublie d’y aller. J’ai conscience de passer à côté de plein de belles choses, mais que veux-tu, je n’ai plus le temps… Je vais aussi faire un tour sur le blog des libraires se cachent pour mourir, c’est plutôt fun. Et je serais un ingrat si je ne citais pas KiCswiLA ?, où l’ami Chelmi recense les clins d’œil à des personnes réelles dans les bandes dessinées.

Pingoo :
– Tu lis Pingoo.com depuis longtemps ? Tu en penses quoi ?

Spooky :
Depuis très longtemps. Bien avant qu’il se transforme en blog, pour tout te dire. J’ai dû tomber dessus à l’époque de la galerie « Asian » ; j’ai trouvé l’esprit très rafraîchissant, et depuis je viens régulièrement, presque quotidiennement, même si je n’interviens que très peu. Ce qui me plaît aussi, c’est le côté participatif du blog, avec cette pluralité de contributions. J’ai franchi le pas l’an dernier, en mettant quelques articles sous un autre pseudo. Pingoo, c’est ma récréation.

Pingoo :
– Il y’a des blogueurs que tu aimerais voir tout nus sur pingoo.com ?

Spooky :
Boulet bien sûr, mais je suppose que je ne suis pas le seul. Pénélope Bagieu aussi. Et j’aimerais bien voir les fesses de Vladkergan, créateur de vampirisme.com. Sans oublier Isabelle Bauthian, à la carrière de scénariste BD naissante mais au talent prometteur… Et puis toi aussi, mon Pingoonet :)

Pingoo :
– Une chanson pour terminer cet article ?

Spooky :
Hum… Je mettrais bien le morceau d’Archive, Bullets, la dernière que je me sois passée en boucle. Je la trouve envoûtante, je ne sais pas pourquoi…

pingooitw_spooky04pingooitw_spooky05

Merci à Spooky pour sa participation à cette interview.

publié le par Paingout

A propos de Paingout

Je suis Paingout, mais aussi Pingoo ou Vincent, c'est comme vous voulez. Vous pouvez aussi me suivre sur Twitter (@Paingout), j'y dis des choses folles. Je vous aime. Fort.

Mots-clés : ,

3 Réponses à Interview de blog : Spooky nu

  1. Aeri

    Assurément un individu de gout, tant pour ses lectures que pour ce qu’il écoute :)

  2. Laurent

    Oui , enfin pour ce qui est de la bd, les références sont discutables, parce que lire Aquablue ou Sillage après douze ans, hein… Et je ne parle pas des Stryges.

  3. Vladkergan

    Si on peut reprocher au chant des Stryges de trainer un peu en longueur (en même temps c’était prévu dès le début), cette série montre toujours à quel point Corbeyran est un très bon scénariste qui sait gérer ses trames narratives de manière à ne jamais ennuyer le lecteur.

    Et globalement pour connaître la bédéthèque du garçon, il n’a pas à rougir de ses références.

Ajouter un commentaire