Twilight serait il une vaste fumisterie ?

twilight

Comme le disait Desproges, on peut dire n’importe quoi sous la forme interrogative car elle nous excuse de tout. Je ne vais cependant pas vous mentir, cette question est bien plus une affirmation qu’autre chose, et ce même si je reconnais ne pas avoir vu le film ou lu le (les) livre(s). Je parlerais donc en toute mauvaise foi (comme d’habitude).

Vous n’avez sans doute pas manqué de voir d’immenses affiches représentant les héros du film avec des pitchs accrocheurs annonçant un métrage auréolé de vertus a nulles autres pareil, et notamment d’un succès déjà amplement gagné dans le coeur du public via le livre éponyme.

Sauf que l’article suivant m’en donne une toute autre vision

Qu’est ce qu’on en retire brièvement ? Et bien que la fameuse saga littéraire était disponible en France depuis fin 2005 (soit depuis presque 3 ans quant même) et que ce n’est qu’en novembre dernier avec le buzz du film que le mouvement à pris une vraie ampleur.

Je ne suis pas gêné qu’un livre dont est tiré un film ou qui soit inspiré d’un film marche bien grâce à l’effet de pub, mais les accroches qui s’autoproclament les « plus mieux trop bien sa maman » je déteste ça. Déjà parce qu’en soit ça ne veux rien dire : 3 millions de personnes qui achètent un livre ou vont voir un film ne sont pas forcement 3 millions de personnes qui ont aimé le livre ou le film (vu qu’ils le jugent souvent APRES achat).

Évidement, le but de la pub n’est pas de me dire « n’écris rien sur ce film c’est une merde ! » mais quand la seule valeur mise en avant pour une œuvre est son tirage ou son nombre d’entrées en salles… je me sens vraiment pris pour un mouton.

Je vous propose donc un petit comparatif (fun bien entendu) entre Twilight et les meilleurs procédés attrape couillons pour vendre un film

L’accroche qui tue : un film qui cartonne en salle, c’est un film bien « pitché ». A ce titre, Twilight reste dans la bonne moyenne sans être exceptionnel avec son histoire « Qui a bouleversé le monde ».

Les chiffres qui tuent : Quoi de plus attractif pour un spectateur que de voir la mention « N°1 au box office » ou bien « Le film au 4 milliards de spectateurs ». Twilight a sans doute dut oublier sa pointeuse ou sa machine à calculer car aucun chiffre grandiloquent ne vient attirer notre attention. Il est peut être encore trop tôt, ou bien cet argument est gardé en réserve pour le numéro 2.

La référence qui tue : Pour asseoir la crédibilité d’un film, rien ne vaux une source d’inspiration. « Tiré de fait réel », « inspiré d’une histoire vraie » ou mieux « Tiré du best seller …. ». La Twilight met bien en avant son origine littéraire pour mieux attirer le chaland. Indirectement on sent bien l’effet Harry Potter, et sa marche du feu de dieu puisque du coup les ventes du livre profitent de l’impulsion donnée par le film dans un magnifique cercle vertueux, ce dernier profitant a son tour du succès du livre.

La saga qui tue : On est toujours plus fort à plusieurs. Si vous faite partie d’une prestigieuse saga, le succès de vos prédécesseur s’ajouterons au votre, et si vous êtes le premier, vous pouvez vous vanter d’une histoire tellement riche qu’il faut une trilogie pour la raconter. Twilight en mettant en avant son « chapitre 1 » s’inscrit dans cette mouvance et nous hurle haut et fort qu’il ne se contentera pas d’un opus.

Le casting qui tue : Un film qui assure en salle DOIT avoir une méga super giga star. Sauf que sa coute du pognon et là Twilight est en retrait, ne pouvant s’offrir que des comédiens inconnus du grand public. Bon, après faut pas être de mauvaise foi : dans un film ou la plupart des acteurs ont entre 18 et 25 ans il va être difficile de trouver mieux que des starlettes en pleine ascension et des bellâtres suivant le même chemin (oui je sais qu’il y’a de jeunes comédiens plein de talents… 6 pour être précis).

La guest star qui tue : payer une vedette est un gouffre sans fond pour un studio. Cependant, afin de bénéficier d’une star dont le nom / visage est encore vendable, il suffit de lui donner un petit rôle et de le mettre en tête d’affiche sur votre film. Bon, le spectateur sera surpris de voir cette vedette apparaître 30 secs avant d’être déchiqueté par un monstre de synthèse et disparaître à jamais, mais à ce moment là il aura déjà payé sa place. Twilight s’abstient de cet effet de manche et on ne saurait trop le remercier.

La team qui tue : Si on ne peut pas monter en épingle les stars du film, il ne faudrait pas oublier les autres artisans du chef d’oeuvre. Une réalisatrice nominée aux oscars ou un producteur fort d’un succès récent sont autant de points gagnés pour s’attirer les bonnes grâces du public. Twilight ne peut pas mener ce combat là faute de combattant.

Le rappel de film célèbre qui tue : Quand les artisans du succès ne sont pas suffisamment accrocheur (tout le monde ne s’appel pas Jerry Bruckheimer) il suffit de se rattraper avec leur faits d’armes ! « Par le réalisateur de …. » ou mieux « Par les créateurs de … » sont autant de repère pour le spectateur en mal de film. Là encore, Twilight n’a pas de quoi utiliser ce levier qui aurait pourtant put jouer en sa faveur. Pourtant, il suffit d’engager une de ces pointures une journée en tant que consultant et hop ! Vous avez droit à son nom au générique.

La référence qui tue : Quand il n’y à plus aucun espoir, quand vous n’avez plus aucune issue, votre dernière chance est d’avoir recours à une référence béton qui fera passer votre message même au fin fond de la campagne la plus redneck qui soit. C’est là que Twilight abat une carte maitresse en citant ni plus ni moins que Shakespeare (qui si il était toujours parmi nous toucherait des semi remorques de royalties chaque jours tant il est repompé de partout). Et oui car quand vous sortez une accroche qui dit « Le Roméo et Juliette fantastique… » Vous avez tout dit.

Au final de ce petit bilan, Twilight fait plutôt parti des modérés en matière de pigenonnage. Peut être faute de moyen, il n’essaye pas encore de se faire plus gros que le bœuf. Mais étant donné que le film est l’introduction d’une saga, je soupçonne que ces arguments chocs soient mis en réserve pour mieux frapper par la suite. Restons vigilant !

7 commentaires
  1. Au delà de l’attrape-couillon publicitaire… il faut peut être juste dire que ce film n’est pas du tout à la hauteur des espérances !

    La recette ne peut pas fonctionner, si ce n’est que pour une minorité d’ados boutonneux gothico-romantiques (les autres préférant les histoires de cul des écoles de musiques !)
    Apparemment, il manque un sacré paquet d’ingrédients pour que le flan prenne : pas de violence, pas de sexe, pas de sang…. du coup, ce n’est plus un film de vampire mais un épisode d’une série pour ados.

    Quant aux livres, 4 ou 5 tomes pour voir des ados qui ne peuvent pas assouvir leurs pulsions sexuelles… autant lire le Romeo et Juliette de Shakespear, au moins, c’est passionné (et passionnant !).
    Il ne se passe rien dans ces bouquins, peut être juste parce que l’auteur est mormon et que les mormons, ben comment dire, c’est pas ce qu’on a vu de plus fun au niveau mélange sexe et religion ! :D

  2. Si il lui manque plusieurs choses pour faire de ce film « un navet qui cartonne », c’est peut-être que, finalement, c’est un film bien qui attire logiquement du public?

    Je n’ai pas vu le film, mais j’ai lu les deux premiers tomes, et, contrairement à ce que beaucoup de gens racontent, ce n’est pas QUE une histoire pour adolescente.

    Dernière chose, les ventes des bouquins ont peut-être été boostées en novembre, mais les trois premiers tomes étaient dans le Top 10 de la Fnac depuis Juin 2008. Ce qui réduit un peu le côté « coup commercial » de la sortie du film. Et si la sortie du tome 4 a également relancé les ventes, il n’y a rien d’anormal, c’est pareil pour toutes les saga…

  3. Cyg

    Le film a tout du conte de Disney version cinéma, il vaut mieux le voir comme ça et avoir moins de 17 ans.
    Il recèle quelques subtilités dans le message qu’il adresse, je ne les avais pas saisit directement ignorant que l’auteur est mormon, mais cela explique bien des choses : l’amour purement platonique, le langage très disney, l’absence de référence au sexe, la scène ou ils s’embrassent dans la chambre et ou le vampire se recule d’un bon genre « c’est mal » etc..
    Alors qu’on sait bien qu’après le bal la plupart des couples vont finir a moitié a poil a faire bouger une voiture.
    Le message du film pourrait etre : soyez patients, attendez le mariage.

  4. C’est exactement le reproche que je fais à ce film : l’apologie de l’abstinence sexuelle !

    Alors pas que j’incite les ados à avoir des relations, entendons-nous bien… mais juste que ça ne colle pas avec le mythe du vampire !
    Le vampire est un être sexuel et il en est indissociable… maintes références littéraires à ce sujet, de Sheridan Le fanu, en passant par Bram Stocker, Anne Rice et j’en passe, sont très explicite.
    Les films et séries autour du thème eux aussi reprennent ce code qui me semble important !

    Bon après tout, pourquoi pas un vampire Disney… mais à ce moment là, faut prévenir et pas faire croire à un nouveau film de vampire dans les règles de l’art !

  5. c’est comme Q10 plus.
    toutes les femmes l’achètent.
    bon. ça veut juste dire que les roumaines et les ukrainiennes n’ont pas le pouvoir d’achat suffisant pour s’acheter un meilleur anti-rides.
    moi qui l’ai, le pouvoir d’achat, je vais quand même pas me tartiner de la même merde sur la peau du visage.

  6. Flashou (Auteur)

    Ema > j’adore ta comparaison :)

Laisser un commentaire

Laissez un commentaire