Alice…

Je courrais, tel le lapin blanc (vêtue comme le petit chaperon rouge, certes, mais bon :), dans les couloirs sans fin du métro, en retard, en retard, horriblement en retard, quand je suis tombée nez à nez avec cette excellente pub pour Eurostar…

Je ne sais pourquoi, mais j’ai depuis ma plus sadique enfance, voué une admiration sans bornes à ce conte vénéneux de Lewis Carroll. Le lapin, le chat au sourire énigmatique, la dame de coeur qui tranche les têtes, le bébé de la cuisinière au poivre qui se transforme en cochon… Ca m’a toujours fasciné.

Je pense que cela doit faire montre d’un sérieux dérangement psychologique, car, il faut bien l’avouer, en fait de « pays des merveilles », la pauvre Alice, toute virginale qu’elle est, se retrouve catapultée dans un univers angoissant, trop étrange pour être honnête, sans parler de la nette tendance de son créateur pour la séduction malvenue des petites filles en jupons de dentelle.

Mais bon. Le temps a passé, et je reste une inconditionnelle de ce conte, que l’on peut lire et relire en y trouvant à chaque fois un degré d’interprétation différent, je le conseille à tous, petits et grands.

De plus, j’ai commencé à m’intéresser de très près aux éditions d’Alice, et il faut bien avouer que ce délire Carollien a donné lieu à de sublimes interprétations. Et aussi à des horreurs bourrées de niaiseries, mais nous n’allons pas nous arrêter sur les choses qui fâchent :)

Donc, en premier lieu, ma préférée car la plus étrange et rare sans doute, une édition de 1949 illustrée par Adrienne Ségur. Non, pas l’idiote qui nous prenait le chou avec Cadichon, l’illustratrice…

Cette édition a cela de caractéristique que l’illustratrice, tout en utilisant une technique ancienne et très traditionnelle (la gravure), et en restant dans une sorte d’hyperréalisme qui pourrait être fastidieux, donne, de part ses cadrages et ses « effets de lumière » une atmosphère particulièrement perfide à ses images. Je suis fan. Le souci, c’est que la traduction est sincèrement immonde.

L’autre de mes chouchous est cette édition de Jong Romano, formidablement bien traduite par Guy Leclerc, à mi-chemin entre du Picasso et du Dali, extrêmement moderne mais jamais gratuite :

Enfin, il y a cette jeune illustratrice, Lucie Laroche, qui a remporté la mention spéciale du jury au concours Figures Futur 2006 (je vous conseille vivement d’acheter le bouquin de ce sublime concours qui réunit les meilleurs jeunes talents de l’illustration du monde entier…)

Du noir, du rouge, de la structure, tout ce que j’aime :))

Il y a pléthore d’éditions d’Alice et je vous invite donc, si, comme moi vous êtes captivé par ce conte et les lapins blanc (ou les lapins crétins :)) à poster à la suite de ce billet pour nous faire découvrir des pépites !

8 commentaires
  1. funkyss

    J’avais déjà recherché des illus sur ce thème, et sur deviantart, y’en a des pas mal.
    Exemple : http://www.deviantart.com/d

  2. funkyss

    Mais ça reste moins classe que les tiens.

  3. Quelle monomaniaque celle là…

  4. Penelope (Auteur)

    Oh, ça va… C’est pas parce que tu as des palmes qu’il faut être jaloux des petits lapins tout doux :)

  5. Happy_Wizz

    Penelope: savais-tu qu’il existe un jeu vidéo du nom de Alice? C’est une interprétation bien à part du conte de Mr. Carroll qui vaut le coup d’oeil et même celui des non-joueurs.
    http://www.jeuxvideo.com/ar… pour plus d’infos

  6. Penelope (Auteur)

    Ouiii ! J’y ai déjà joué tu penses !

  7. jipe

    Marrant ça! un billet sur Alice, et aujourd’hui je tombe là dessus :
    http://aliceinwonderland.de

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