Le carton tue !

Eh non. Je n’étais pas au RV mardi. Alors où étais-je me direz-vous ? On peut se le demander. Eh bien, je vous le donne en mille : j’étais coincée dans le cul d’une vache cévennole. J’ai eu l’excellente idée de faire de l’exercice pour 100 ans le WE dernier (histoire de prendre de l’avance). Forte de mon grand coeur, j’ai cédé à l’invitation d’un proche à un trip d’enfer : un super démènagement de la mort qui tue, à 5 porteurs (suicidaires), avec 2 camions à la clef, le tout sur 600 bornes de distance.

Je ne sais pas pourquoi, mais je suis persuadée que ça rappelle de merveilleux souvenirs à nombre d’entre vous :)

Voici donc le programme de mon périple :

Arrivée à minuit à Nevers, capitale de la joie et du glamour. Nuit dans un hôtel à 50 euros la chambrée, aux murs moisis, aux radiateurs rouillés, à la cuvette de chiottes défoncée, le charme personnifié.

Réveil à 7h, la tronche à l’envers.

Arrivée sur les lieux du crime : un appart’ au 3ème, sans ascenseur, évidemment, avec un escalier en colimaçon, c’est plus drôle. J’ouvre la porte. Et là, ô joie, des cartons. Une multitude de cartons. Des cartons à perte de vue. Jusqu’au plafond. Partout. Et, ô funkitude absolue, des centaines de bibelots, de trucs, de machins, de bidules, de shmurtz à emballer, encore et encore. Et puis des tableaux. Quoi ? 100 ? 200 ? Ornés de cadres en fonte, vu leur poids. A ce stade, chacune des fibres de mes muscles s’est mise à rire nerveusement.

Bref, après 7 heures de « je monte-je descends-j’emballe-je me vautre dans les escaliers une armoire normande sur le dos-je perds 2 ans de vie-je remonte-je perds 3 vertèbres en route-je m’engueule avec les proprios à tête de cons-j’ai les pieds en sang-je gratte avec mes ongles les strates de graisse accumulées depuis la nuit des temps sous le frigo-je redescends », on peut enfin partir dans le bonheur et l’allégresse, direction Vallereaugue, Cévennes.

Il est 18h. 8 heures de route face à nous. Mickaël Jackson à fond pour que le conducteur ne sombre pas dans les bras de Morphée et ne nous tue pas dans la foulée. 3 heures de lacets après le viaduc de Millau et la satisfaction de vomir tout ce qu’on a ingurgité depuis la naissance.

Arrivée, 2h du mat’. Réveil 8h du mat’. Et rebelote. On monte, on descend, des cartons, encore des cartons, des armoires, encore des armoires, 4 étages et toujours pas de putain d’ascenseur.

Bilan du WE : un dos en compote, des crampes dans des muscles dont je ne soupçonnais même pas l’existence comme le dessus de mes pieds par exemple (d’ailleurs, j’offre un cadeau à celui ou celle qui me donne le nom de ce connard de muscle), des courbatures dans les phalanges, des bleus et des plaies sur l’ensemble du corps, ce qui optimise d’une façon peu commune mon sex-appeal… Que du bonheur.

Alors moi je vous le dis, le carton tue.

9 commentaires
  1. Je suis mort de rire :)
    Et encore, tu as pas tout dit…

  2. Penelope (Auteur)

    Ahhh oui ! J’en connais qui lèchent les sachets d’Aspégic pour ne pas pleurer de souffrance… :) Junkie va !

  3. El jecko

    oulalalalala…ça me rappelle plein de chose cette histoire là…et dire ke je suis convié à un déménagement samedi matin…à 8h tapantes…pfffiou j’crois ke j’vais me choper une encéphalo-rectale aigue…une grippe foudroyante à dent de sabre…j’veux po y aller…

  4. …. muscle court extenseur de l’hallux…celui qui fait mal sur le dessus du pied….

  5. Sarou

    Hé, ma fille, faut arrêter de rendre service, ça vaut carrément pas le coup! Churchill expliquait sa bonne santé par l’adage "Sport. No sport".
    Par ailleurs, je viens de découvrir, hilare, ton édito intitulé "Parigots têtes de veaux", et je t’informe que les Parisien(ne)s s’adaptent de nos jours. La preuve : mes sapes Isabel Marant, mes ballerines Repetto et moi-même allont courageusement travailler en grande grande grande banlieue chaque jour. ça me fait aimer Paname de plus en plus…

  6. keguira

    http://www.anatomie-humaine

    c’est quoi le cadeau ?

  7. Penelope (Auteur)

    Mazeltov ! Vous êtes trop forts. Je ne comprends toujours pas ce que j’ai pu porter pour avoir mal là, mais bon. Alors, le cadeau, c’est ça :
    http://www.ferrero.fr/kinde

    Des Kinder avec un enfant allemand nazi dessus. Trop bien non ?

    Sinon, Sarou, je suis fière de toi et de tes ballerines Repetto. Moi, j’ai niqué les miennes en voulant traverser un champ en Aveyron… Sont pas super performants les fabriquants de chez Repetto :((

  8. Camaarov

    Ils ont surtout qu’a mieux foutre leur champs.

  9. RoboTux

    Penelope : Excellent ton billet, j’ai énormément rit, j’aime beaucoup le style. Reviens plus souvent.

Laisser un commentaire

Laissez un commentaire