Parigots et têtes de veaux !

N.B. (Nota Bene, que ceux qui ne savent pas ce que cela signifie aillent s?acheter une culture) : lorsque je parle de « parisiens » dans cet édito, je n?évoque pas les banlieusards contraints de vivre entassés dans des bunkers dignes de la seconde guerre mondiale, loin de tous loisirs et de toute verdure, forcés de se taper 2 heures de RER par jour pour aller bosser, le nez dans les poils d?aisselles de leur voisin qui a omis d?utiliser une savonette depuis 5 jours et ignore l?existence du déodorant…

Non, quand je parle de « parisiens », j?évoque ici ceux qui vivent intra muros et que je cotoie tous les jours : les intellos-bobos-parigots. Je parle de ceux qui se plaignent chaque jour des pics de pollution qui agressent leur petite gorge sensible de fumeurs invétérés, de ceux qui râlent d?un air accablé parce qu?ils font 20 mn de métro top chrono pour traverser Paname comme s?ils devaient errer dans le désert sans eau au beau milieu d?une tempête de sable. Je parle des nantis qui ont un appart bien sympatoche et un job privilégié et continuent à brailler. Je parle de tous ces parisiens aigris et un peu snobs qui ne rêvent soit disant qu?à aller vivre à la campagne, la vraie, gonflée d?air pur et de forêt, à élever des chèvres dans le Larzac en nous vantant la qualité de vie des prairies. Ah mais oui ! Je les imagine d?ici, ces nénettes sapées en Isabel Marant, dans leurs ballerines Repetto, aller traire les vaches qui rient et faire 5 bornes à pied jusqu?à la première boulangerie du patelin !

Alors je vais vous dire, moi, la cambrousse, je connais. J?ai vécu 18 ans dans un bled paumé, harcelée de cigales et de pins parasols. Ouais, c?est beau. 5 minutes. Une semaine. Ouais, la mer qu?on voit danser le long du golfe clair de Pastaga-les-oies, c?est vachement beau. Mais putain ! Au bout de 2 ans d?écran aquaphile géant, d?araignées velues et de mulots poilus, loin de toute civilisation, on en a plus rien à carrer de la nature. On a juste envie de se pendre au pommier du verger. Parce qu?à la campagne, la vraie, pas celle des petits joueurs près d?une ville normale, avec des gens dedans, non, la campagne où il n?y a que des poules, vous, et les vioques du village, il n?y a rien à faire ! On a droit à 2 films par semaine au ciné (qui est à 50 bornes de chez vous, sinon, ce serait trop facile, que si vous n?avez pas de voiture, vous avez juste un bus toutes les décennies pour y aller), à des boîtes ringardes qui passent du Cloclo en boucle, à une expo par an sur un peintre inconnu qui se passionnait pour les harengs morts, et aux festivals d?été où l?on découvre les spécialités locales, telles que le tripoux en gelée… A ce compte là, pas étonnant que les loyers soient si bas !!

Bon, je peux comprendre que cette fameuse qualité de vie, les effluves de purin et les conversations enflammées et métaphysiques avec Gaston, le patron du bar de LA place du village fassent fantasmer les parisiens pure souche, mais enfin…

J?aimerais bien, de temps à autre, qu?ils regardent leur ville avec des yeux neufs, des yeux d?enfants et de poétes : la place de la Concorde en pleine nuit, noire comme un lac, et ses lampadaires semblant flotter dans les airs. Le jardin du Luxembourg et ses lilas parfumés, ses orangers en fleurs. Le Centre Pompidou et ses étages de peintures et de beauté. Les librairies anciennes du quartier latin. Les rives de la Seine en plein soleil et les petits groupes de jazz qui encanaillent les touristes. Les passages sinuesques de Montmartre. Parce que franchement, tout ça au même endroit, ça ne coûte pas grand-chose et ça n?a pas de prix :)

15 commentaires
  1. shady

    beh en meme temps , ya tjr moyen de regarder sa campagne avec des yeux neufs, des yeux d?enfants et de poétes? ;-)

  2. RoboTux

    Pénélope, je fais parti de ces banlieusards qui font 2h (en fait 2h30) par jour en transport dont tu parles au début du texte et je suis le premier à apprécier chaque jour la chance d’être à proximité de Paris, d’y étudier tous les jours, de faire de cette ville mon terrain de jeu en prenant le métro rapidement et en ayant que l’embarras du choix pour sortir.

    Bref rassure toi il existe encore beaucoup de personnes (y compris parmis les nantis je pense) qui savent apprécier ce qu’ils ont.

  3. shady n’a pas tort en même temps…

    Cela étant dit, Paris c’est Paris, et c’est quand les Parisiens ne sont plus la (au mois d’août et fin décembre) que ma sublime ville (ouais parce que c’est la mienne un peu aussi ;o) ) nous montre toute sa splendeur, et tous les ans, quand je trouve une place pour me garer, que j’entends pas tous les connards se plaindrent, que je rencontrent des étrangers qui ont les yeux qui piquent tellement ils ont en pris pleins les mirettes toute la journée juste en se baladant dans Paris, c’est alors la que je (re)découvre au combien Paris est la plus belle ville du monde.

    Peace Penelope, tous les Parisiens ne sont pas des vauriens, prends juste le temps d’en découvrir plus d’un ;)

  4. Penelope (Auteur)

    Juste une précision (les anciens me connaissant, ils sauront à quoi s’attendre) : pour info, mes billets d’humeur ne sont que des satires, des caricatures, des coups de gueule, des points de vue arbitraires et subjectifs et souvent un peu sarcastiques. Cela s’appelle un exercice de style et ne reflète pas ma pensée profonde :)

  5. jipe

    ‘tain du tripoux en gelée en même temps… miam

  6. un provincial

    Paris n’est pas le centre du monde.
    Tout le monde n’a pas besoin d’aller au musée une fois par semaine, ni au théâtre. On n’est pas forcément un plouc si on vit à la campagne. Renier ses racines de cette manière n’est pas vraiment élégant.
    Pour qqn qui critique les "intellos-bobos-parigots", tu en fais un beau de bobo ;)
    A+
    PS: Article très bien écrit qd même ;)

  7. (une belle de bobo)
    Gloire en Pénélope !

  8. Penelope (Auteur)

    Mon ami Provincial, si tu n’étais pas analphabète, tu aurais été capable de lire mon commentaire précédent et de comprendre que mes éditos ne sont pas censés refléter une pensée au sens ample et large. Mais puisque tu as besoin d’une explication de texte, je ne pense pas que Paris est le centre du monde, je sais bien que le centre du monde, c’est moi. Je ne pense pas que l’on est un plouc quand on vit à la campagne, mais qu’on l’est si l’on ne comprend pas l’ironie de ce modeste texte. Et enfin, je renie mes racines si je veux parce que je fais ce que je veux avec mes cheveux.

  9. Ghana

    Une Pénélope, c’est génial, un peu de vin, du gingembre, et elle t’écrit des éditos par km si elle veut !

    :D

  10. vava

    pénélope je t’aime

  11. seccotine

    Pas besoin de ciné pour ceux qui auront compris que l’on peut faire de sa vie un ciné; en brousse ou en urbanité. Les jamais content toujours méchants, les fatigués de se réveiller sont plutôt à plaindre, mais passant à côté de ce que beau veut dire, de ce que beau nous donne, ils nous en laissent plus!

  12. Flo

    C’est en faisant partie du système qu’on le décrit si bien ! Cette jolie prose n’est certes pas très originale, on peut entendre la meme chose en allumant la radio ou la télé, mais cette petite satire de la vie parisienne me plait, et c’est joliment écrit !
    Et une répartie tout aussi charmante ! ;o)

    P.S: (post scriptum, que tout le monde prononce "tom" alors que quelques unes de ces memes personnes diront un "erratoume" … allez comprendre): les vaches ne rient pas … elles sont simplement botoxées et collagènées à mort … on ne pouvait pas laisser les vaches, les vraies … celles de Paris, servir de cobayes !

  13. Hoppus

    J’viens pas d’la téci mais le bit est bon !
    J’viens pas d’Panam mais d’Marly Gomon !

    Penelope Inside ;)

    Signé : Un campagnard !

  14. Ahah moi je suis un mec qui fait 20 minutes de métro dans paname pour aller bosser mais qui aime Paris (la ville pas l’autre pouffe), je ne rale pas, je souris dans le métro même si ca fait peur aux gens et qui est bien content d’y habiter… même dans mon 40 M² à 1000? snif.

  15. petstuy2

    si t’es pauvre t’as qu’a habiter en province …

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire