Passion méduses

J’vais vous raconter une histoire.
C’est une histoire que je raconte tout le temps aux gens (j’aime bien raconter des histoires à la con (parfois j’invente parce que je suis mythomane (non je déconne (enfin faut voir))).

Allez c’est parti, celle-ci est vraie du début à la fin.

Sur ma main gauche, j’ai une cicatrice. Elle est assez discrète aujourd’hui, au dessus de ma main et autour de mon poignet, assez allongée. Pendant des années elle était vraiment très visible. Elle date de mes 12 ans je dirais. Le titre vous a déjà pas mal spoilé la provenance de cette cicatrice, mais l’histoire précise est assez rigolote. Ou pas.

J’en ai parlé ici un paquet de fois, quand j’étais jeune, ma maman avait l’habitue de nous amener, ma soeur et moi, sur une plage naturiste un peu branchouille, proche du Pradet (j’y retourne tous les ans d’ailleurs). C’est plus une sorte de calanque qu’une plage d’ailleurs, mais entourée de maisons d’architectes, avec une population assez « intellectuels de gauche » on va dire.
Ca fait beaucoup de détails, mais j’essaye de poser l’ambiance.

Ce jour là du joli mois d’août, je jouais dans l’eau à pécher crabes et petits poissons avec mon épuisette, quand j’entends soudainement un hurlement absolument atroce d’un homme, à quelques mètres de moi, sortant de l’eau plié en deux.
Toute la plage était figée à regarder cet homme tituber et s’avachir sur les rochers dans un râle abominable. Les gens accourent autour de lui (tout le monde tout nu hein, essayez de bien visualiser la scène), dont ma chère maman.
Je regarde la scène de loin.

Je comprends assez vite que l’homme vient de se faire choper le zigouigoui par une méduse. Le truc pas possible, et l’inconvénient de se baigner à poil. J’imagine difficilement la souffrance du mec, et visiblement la méduse qui lui avait chopé la chose était du genre sévère.
Efficace comme jamais, ma mère propose au monsieur de la biaffine pour s’étaler sur sa chose. Pas dit que ça ai été la meilleure chose à faire, mais en tous cas pour le soulager, c’est tout ce qu’elle a trouvé. L’homme a passé une grosse heure en boule sur sa serviette en pleurant, en attendant que la crème le soulage. Puis il s’est barré, toujours titubant. L’horreur.

Une fois parti, drôle d’ambiance sur les rochers, mais du haut de mes 12 ans je décide de n’en avoir rien à battre, au point d’être suffisamment idiot pour glousser comme une baleine. Je repense à ce monsieur et son zizi, je rigole, je retourne dans l’eau, j’imite le mec en train de se noyer, je rigole, les enfants autour rigolent, qu’est ce qu’on se marre. Quand soudain. QUAND SOUDAIN.

Une douleur mes amis, dans la main, le poignet, le bras, comme si mon bras prenait une décharge incroyable, et était en même temps cuit au chalumeaux. Je comprends tout de suite que je viens de shooter la même méduse qui avait attrapé le zizi du monsieur, sauf que moi elle m’a chopé au poignet.
Etrangement j’étouffe un cri, je ne pleure pas, je ne hurle pas, j’ai vraiment honte, je sors de l’eau comme je peux, m’approche de ma mère, et lui raconte tout bas ce qui vient de m’arriver. Je ne me souviens pas très bien de sa réaction, seulement qu’elle a ressorti sa biafine, et que j’ai eu droit à une petite tartine de crème sur tout le bras.

On est reparti tout de suite, et paf, voilà d’où vient ma cicatrice. D’UNE MEDUSE TUEUSE DE ZIZIS.

Ceux qui ont déjà subit des brulures de méduses savent à quel point c’est douloureux. Bah moi en plus, quand je regarde ma cicatrice, je pense au zizi d’un monsieur que je ne connais pas. Et ça c’est chelou.

Y a eu une suite, des années après…

Il y a quelques mois, alors qu’on faisait trempette près du Pradet (décidément), LaFille et moi on s’est refait choper par une méduse, là aussi tous les deux par la même. Pour le coup là aussi j’ai eu du pot, je me suis pris 4 petits centimètres de brûlure sur le pied, alors que LaFille a eu tout l’arrière du genou brûlé (voir photo). Des jours de souffrance, et un chouette moment d’intimité à gratter sa brûlure avec une carte de crédit pour retirer tous les filaments restants (merci Internet) (et NON il ne faut pas faire pipi sur une brûlure, Friends n’est pas une bonne source médicale).

Niquez vos mères les méduses. Vraiment.

(la photo en home n’est pas de moi)

1 commentaire
  1. Arnauld

    Tu as laissé une parenthèse ouverte dans le premier paragraphe. Ca m’a tellement perturbé que je n’ai pas lu la suite. Bisous.

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