J’ai testé le stage de défense de rue

Alors que l’Internet s’agite beaucoup ces derniers jours sur les bonnes réactions à avoir pour limiter un peu le sentiment de peur que peuvent avoir certaines femmes en marchant dans la rue le soir, moi je suis carrément aller tester le « Stage de défense de rue« .
Non pas par besoin, mais tout simplement parce qu’on m’y a invité.

Et ben je vais vous dire un truc, c’était très intéressant.

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- Ce que je croyais.

La réalité est assez simple, j’ai peu été agressé dans ma vie. Quand je l’ai été, j’étais soit très jeune, soit tout maigrichon. Aujourd’hui je suis grand, massif, barbu, et j’ai toujours considéré que non, je ne me ferais plus agresser. Honnêtement, je le crois toujours. Je ne suis pas avenant, et je pense que la plupart des gens n’aimeraient pas se prendre une tarte de ma part.
Accessoirement, j’ai pratiqué plusieurs sports de combat, donc j’ai toujours imaginé que si je venais à être agressé, ça ne me poserait pas de problèmes. D’autant plus que j’ai récemment eu l’occasion de m’interposer au milieu de types en train de se foutre sur la gueule, et je me suis senti assez à l’aise dans l’exercice…

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- Oui mais…

Oui mais non. Tout ceci est faux. Le fait que je sois grand et fort ne m’empêchera pas de me prendre un coup de couteau, ou de me faire dépouiller de mon iPhone, et surtout, intervenir dans une bagarre pour l’apaiser n’a strictement rien à voir avec l’idée de se défendre, ou de réagir face à une véritable agression.

Je m’en suis rendu compte lors de certains exercices du stage, de mise en situation. Je me suis vu assez ridicule face à un comportement agressif à mon encontre. Pire, je me suis rendu compte qu’il était assez délicat pour moi de porter un coup ou même simplement d’avoir un comportement ferme face à une agression.
Eric, responsable de l’association, nous a expliqué très justement que c’était plutôt sain de ne « pas oser », que c’était normal. Le comportement inverse lui, serait problématique.

Quoi qu’il en soit, clairement, en situation d’agression, on perd tous ses repères, on oublie les techniques de combat que l’on a pu apprendre, on est juste là, comme un con, le cerveau en compote, à ne pas savoir quoi faire…

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- Ce que j’ai compris.

J’ai découvert, et ça nous a été très bien expliqué, l’ordre des choses en cas d’agression. C’est tout con, ça semble évident, et pourtant…
Pour faire simple, le premier objectif est d’éviter le danger. Ne pas se mettre en situation.
Si le danger est là, la fuite est une vraie solution. J’ai adoré que lors de ce stage, la fuite fasse partie intégrante de la solution. La fuite n’est pas une honte, c’est véritablement la meilleure option.
Puis vient la négociation, par la parole, le comportement, pourquoi pas l’intimidation. Savoir adapter ses gestes et ses paroles pour ne pas être une cible facile ou une victime évidente.

C’est seulement en dernier recours qu’on en arrive au combat à proprement parler, et plus que de combat, on parle ici d’automatismes à acquérir, simples, pour se protéger, savoir prend un coup, savoir repousser l’agresseur, et éventuellement, s’il n’y a plus aucun autre choix, le frapper.

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- Et du coup j’en pense quoi ?

J’en pense que c’est assez génial. J’avais peur (et hâte à la fois) d’assister à un cours de baston, mais non, tout ceci est bien plus intéressant, ces leçons apprennent à ne plus avoir peur, à se dire « je ne suis pas démuni », « je peux réagir convenablement à ». C’est idiot, mais ça change tout, c’est une mise en confiance.

Evidement cette mise en confiance ne s’acquiert par en une leçon, et pour avoir parlé avec pas mal de gens et de membres de l’association, tout ceci peut prendre un peu de temps. Mais la finalité est là, en persévérant, des femmes (et hommes) qui avaient véritablement peur de se faire agresser, ont aujourd’hui moins peur. La méthode semble vraiment efficace.
Evidement elle ne règle pas tout, et ne vous empêchera pas de vous prendre un coup de couteau, mais le simple fait d’apaiser, et d’effacer au moins en partie une crainte, me semble déjà une belle victoire.

A titre personnel, je sais clairement que ce simple stage de 3h m’a déjà donné une petite pointe de confiance en moi supplémentaire, et rien que pour ça, c’est cool.

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- Et du coup dans cette rue sombre en fin de soirée, on fait quoi ?

Valérie a lancé un petit débat sur Twitter l’autre jour, suite à son tweet suggérant aux hommes de changer de trottoir lorsqu’ils marchent derrière une femme, dans une ruelle sombre. Une partie de l’internet a été assez choqué par cette proposition.

Moi je ne l’ai pas été, parce que je réagis déjà de la sorte parfois, si je marche derrière une nana dans la rue, pour peu qu’il soit un peu tard ou qu’il n’y ai personne autour, j’ai tendance à m’éloigner.
(là c’est le moment où vous allez me dire qu’en plein jour, j’ai plutôt tendance à la prendre en photo, et vous aurez raison, mais on va dire que c’est pas le sujet)

Bref, malgré tout cette solution n’en est pas vraiment une, c’est « faute de mieux » et pose pas mal de problème. Ne serait qu’au final, ça obligerait tout le monde à changer de trottoir en marchant derrière une femme, vu que par définition, la personne en question ne peut pas forcément savoir si c’est un homme ou une femme derrière. Et j’ajoute que beaucoup d’hommes flippent aussi de se faire agresser dans la rue en soirée, même s’ils font genre que non.

Le passe sur le malaise du concept de devoir changer de trottoir quand on est un noir ou un arabe, parce que vous comprenez, moi j’ai eu une grand mère très raciste qui m’a élevé en m’inculquant la peur du noir et de l’arabe, alors hey, ce serait bien qu’ils changent de trottoir. Non, ça n’est pas une solution.

L’idée est de considérer que le problème vient de l’éducation permanente faite aux femmes, comme quoi elles DOIVENT avoir peur. Ceci a effectivement fait beaucoup de dégât, mais je reste persuadé que la solution est avant tout de réapprendre, faire en sorte d’évacuer un peu cette peur, et le stage de Défense de rue est plutôt un bon outil pour ça. Je le crois sincèrement.

- On s’inscrit où ?

Franchement, n’hésitez pas.
publié le par Paingout

A propos de Paingout

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4 Réponses à J’ai testé le stage de défense de rue

  1. Petit Suisse

    Bien il semblerait que le sujet ne passionne pas grand monde! …. Peut être le pingoo aurait il davantage de succés avec des photos de pingouinnes multiples? Quand au techniques de combat qui calme bien l’adversaire, lol! qui connait le Tetsuken? pour calmer, ca calme!

  2. JohnDeuf

    @Pingoo ; moi j’ai trouvé son tweet fabuleusement paradoxal (et drôle).

    En effet, ce ne serait pas un poil sexiste de demander à un homme de changer de trottoir parce que c’est un homme ?

    De là à dire que certaines sont tellement extrêmes qu’elles prennent tous les hommes pour des tarés et des trou duc’ avides de sexe, il n’y a qu’un pas (que je franchis allègrement. Enfin, des féministes hystériques, c’est pas ça qui manque.)

    Concernant ce genre de stage, c’est toujours bien sympathique, et je le recommande entre autre aux personne âgées. Ma grand-mère fait ça plusieurs fois par an, et elle en est toujours ravie !

  3. Rod

    moi je reve le jour ou un truc sortira quand je dirai

    « BANKAI »

  4. Loreleï

    Pffffffffffffff! On en est encore avec ça ?
    Pas trés glamour! …

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