La libération par le vide

Cet article va être un peu personnel, voire un peu chiant.
J’ai vécu un truc qui m’a un peu retourné, j’ai beaucoup de mal à le comprendre. Je pense qu’écrire là dessus, même si c’est totalement incompréhensible pour vous, m’aidera à y voir un peu plus clair.

Ceux qui me suivent le savent, je suis allé en Islande ces derniers jours. J’en parlerai probablement dans d’autres articles, sous un prisme plus touristique. Mais j’ai vécu quelques heures qui m’ont littéralement bouleversé. Je ne peux même pas le décrire en disant « j’ai fait ce truc là, ça m’a tué ». Ca ne servirait à rien.
Pour vulgariser, je vais le faire quand même : je suis allé sur un glacier.

Voilà.

C’est nul dit comme ça ? On s’en fout un peu, plein de gens montent sur des glaciers.

Non, ce qui m’est arrivé est plus compliqué que ça.
Je crois que je suis un garçon surchargé, sur-connecté, sur-débordé et tout ce qui va avec.
Dans mon quotidien, je me sens physiquement et moralement sous une pression quasi constante. C’est excessif, mais je me sens en responsabilité de beaucoup de choses, de beaucoup de gens, et je n’accorde que peu de temps au silence et au vide.

En fait je crois que j’ai rencontré le vide.

Quand on est angoissé, ou submergé, il y’a un moment où on craque, ou plus rien n’est possible. Certains se foutent en l’air pour que tout s’arrête. Le suicide c’est ça, c’est la libération par le vide.
Cette libération par le vide, je l’ai rencontrée, uniquement grâce à un horizon, des montagnes, des nuages, et un glacier.

Je n’étais pas seul, j’étais avec plein de gens ultra cools, dans un gros 4×4 plein de musique et de rires, et c’était génial, mais ça n’est pas de ça dont je parle. Pas du tout.
Non, ce qui m’a marqué ce sont ces quelques instants où, en regardant face à moi, il n’y avait plus rien. Uniquement des cailloux, des montagnes, de la glace, des nuages. Et rien.
Ca a été d’une violence absolue pour moi. Comme si je me prenais en pleine gueule « rien ne compte, tu n’es rien, le monde est bourré de vide, c’est le vide qui compte, pas toi ».

Je crois que quand les gens ne se suicident pas, ils partent, loin. C’est une autre forme de libération, par le vide, ou par le renouvellement. C’est tout aussi violent.
Moi j’ai vécu ça, juste un instant. Un moment où tu te détaches de toi même, où tes problèmes ne sont plus, où ta vie n’est plus là.
Un moment où tu comptes tout autant qu’une de ces pierres islandaises qui t’entourent.

Ca aurait pu me faire exactement la même chose n’importe où ailleurs, dans un désert, sur un bateau, peu importe.
Et ça doit arriver à plein de gens, peut être même à vous qui me lisez là tout de suite.

Mais voilà, moi je n’avais jamais ressenti ça, c’était d’une violence absolue, et je crois que ça m’a profondément marqué.
Certains diraient peut être que ça a quelque chose de spirituel. Oui, mais dans le sens où moi, mon esprit, il a disparu un instant, il ne comptait plus.

Je ne tire aucune conclusion de ce moment là. Mais voilà, il ne me sort pas de la tête depuis mon retour, et j’avais besoin d’en écrire quelques mots en vrac, même si ça ne veut rien dire.
Peut être que je reviendrai dessus dans quelques jours, quand j’aurais compris.

La photo ci-dessus a été prise par Einar Ólafur, notre accompagnateur, qui m’a shooté avec son téléphone, quelques minutes avant d’arriver sur le glacier.
Et puis pour illustrer en chanson, Sigur Ròs, qui nous a accompagné dans la voiture pendant ces moments là.

Je ne sais pas si les personnes avec qui je suis parti on ressenti un truc de ce genre, faudra que j’en parle avec eux.
Je vous raconte pas la taille du rollmops depuis que je suis de retour.

41 commentaires
  1. webz

    Je pense que c’est le problème de la sur-stimulation du monde actuel (dans les pays dits « civilisés »)
    Ce que tu as vu n’est pas le vide, c’est la Nature, brute, sauvage, simple, « originelle ».
    Aujourd’hui, à force d’être ultra-connectés, ultra-sociabilisés, hyper-actifs et hyper-urbains, on a vite tendance à oublier ce que c’est, la nature.
    C’est con mais je pense qu’il y a une part de vrai.
    Personnellement, j’habite en Auvergne, une région à la fois connectée, plus jeune qu’on le croit, mais surtout « vraie ». Ici, on sait bien ce que c’est que la vraie nature, à l’état brute.
    Vous devriez tous venir prendre l’air d’ailleurs ! ^^

  2. jducerf

    Personnellement je bosse dans le digital et les nouvelles technos.
    Je suis tout le temps connecté, même en dehors du travail.
    C’est aussi une passion.

    Néanmoins, j’ai une autre passion : la montagne et les sports outdoor.
    Le réflexe des gens est de me demander si j’utilise des gadgets ou autres appareils dans le contexte de mon hobbie : GPS, tracking, camera embarquée…

    A vrai dire : pas du tout. Pas un seul appareil électronique pendant une course/sortie. Au pire, ma lampe frontale et mon ARVA en hiver (sécurité).

    Et c’est volontaire… J’aime me retrouver seul au milieu de la nature sauvage. Pas forcement en haut de la montagne mais justement ressentir autour de moi la force et la grandeur des sommets.
    J’aime me retrouver seul avec moi même sans voir un seul humain.

    C’est une vrai besoin, un équilibre nécessaire… même obligatoire !

  3. Paingout on t’aime tous ici -en bas-.

    (OUAIS BEN HEIN).
    (J’ai presque failli signer « Brian » au lieu de Bean, merci mon iPhone pour la blagounette).

  4. DOMINIQUE

    J’ai suivi votre voyage chez Caro et Violette (ben oui, je suis une fille), et je vous comprends. Même impression dans certains endroits, en Camargue dans le désert de la Crau, ou à l’île de Ré de mon enfance, où on a l’impression d’être « dans le ciel ». Ne plus être quoique ce soit, juste un échange qui nous fait croire en une présence tellurique, plus forte que nous.
    Cela remet les choses en place et ce n’est pas plus mal.
    Belles photos, entre autres celle de Caroline sans lunettes. Merci.

  5. Nitram

    Donc tu viens de découvrir qu’il y a une vie, la vie, la tienne, en dehors d’Apple et de ton addiction aux produits matérialistes.
    Beaucoup de gens vont dans le désert pour justement se retrouver confronté à cette nature riche de vide et d’espace. Tu es alors face à toi même. Il n’est jamais trop tard pour se remettre en cause.
    Sans faire de la psychanalyse à 2 balles, un des maux de notre société comme tu la décris et comme tu la vie, c’est de ne pas laisser d’espace à l’ennui, au temps qui s’écoule. C’est pourtant nécessaire pour se construire soit même intérieurement. Se laisser le temps d’être sujet de se créer au lieu d’être objet en subissant ce qui t’entoure. L’obsession de la participation aux réseaux sociaux est bien une contrainte générée par l’extérieur. Ce n’est pas ton libre arbitre.
    Ton expérience a été une confrontation avec toi même au milieu de la nature. Ce que ta vie quotidienne t’empêche de faire puisque tu ne vis que sous la pression d’un système que tu crois maitriser mais dont tu n’est qu’un pantin.
    Quand des lecteurs de ton blogue te font des commentaires étonnés sur ton désir de Geek d’avoir toujours besoin du dernier Apple, tu réponds « c’est mon plaisir et je vous emmerde » au lieu de lire entre les lignes et de te poser la question « est-ce vraiment nécessaire tout cela? »
    Retournes-y aussi souvent que possible ou dans d’autres zones désertiques et lâche du mou. Tu verras tu deviendras plus cool.
    Ah, au fait j’ai bien ri quand tu dis te sentir responsable de beaucoup de gens. Comment peux-tu le faire sans donner du temps? comment le faire vraiment si tu n’as pas fait du vide en toi pour recevoir l’autre?
    Heureux pour toi de cette expérience.

  6. Mittoune

    J’ai bien aimé ton article.

    Dis-toi simplement que tu as de la chance d’avoir ressenti « ça » un jour. Regarde autour de toi et demande toi quel est le pourcentage de gens ayant eu la même expérience spirituelle que toi.

    Je vais pas faire Madame Irma mais je suis prêt à faire un pari avec toi. Je suis certain que tu vas faire en sorte de retrouver ce sentiment violent, troublant et enivrant. Comme une quête pour un équilibre perso. Bref ça n’a rien d’extraordinaire, comme tu le dis (ainsi que les personnes qui ont commenté plus haut) à chacun son truc: montagne, spéléo, bateau, désert, plongée sous marine, glacier… Mais le sentiment est le même pour tous ces accros au vide, au replis sur soi.

    Perso c’est la mer. Partir en bateau jusqu’à ne plus voir la côte, éteindre le moteur et m’allonger. Silence, l’éloignement, l’espace, ce sentiment de n’être rien de bien important, c’est ça ma came. Depuis plusieurs années après une expérience un peu similaire à la tienne. Aujourd’hui, après avoir assimilé ce sentiment, il n’y a plus que ça qui me fasse réellement vibrer.

    Et sinon j’en profite pour te féliciter pour ton boulot, puisque je suis là à écrire. @+

  7. pascal

    @bravo nitram..
    C’est si bien dit..
    Supprime ce blog Pingoo…Même si je m’amuse souvent à te lire,tu dois avoir compris que la vie est ailleurs…
    Il n’est surement pas trop tard..

  8. Soaos

    Yes, ça m’a fait le même effet, un jour, un instant, apres un burn-out, je me suis retrouvée au milieu de l’océan à nager dans cette immensité, après avoir navigué des heures sur un voilier, autour de moi : rien, enfin plutot tout sauf moi, si insignifiante dans ce vide éternel et infini, qu’est Dame Nature.
    Depuis ce jour, à chaque burn_out, je pars. Loin des vicissitudes, des tensions qui font notre quotidien, tu sais quoi faire dorénavant.

  9. Dugomo

    Non ce n’est pas le vide que tu as rencontré, c’est toi-même. Le truc qui fait peur à tous les gens qui comblent leurs angoisses par une sur-activité.
    Comme le dit le commentaire au dessus, il faut laisser de la place à l’ennui, à la glandouille, à la contemplation.
    Je passe au moins une heure par jour sur la plage, à méditer, à rien foutre, à regarder la mer (les filles aussi, je dois le reconnaitre).
    Et j’en suis très heureux.
    Ce que tu dis « je ne suis rien » c’est vrai, mais tu dois y ajouter quelque chose « tu n’es rien, mais tu es à ta place ».
    J’ai vécu un peu la même expérience lors d’une éclipse, mais je l’ai ressenti plus positivement. J’en cause ici : http://jedisdubien.com/2010/04/leclipse-de-1999/

  10. Philou

    Un moment ou tu relève la tête du guidon, tu te prend une énorme clac d air. Comme toute clac, ça fait mal, ça secoue physiquement, ça réveille. Prendre conscience de son état de « toute petite chose » au milieu d’un grand paysage. Mais on peu élargir encore, un spationaute (ou un parachutiste) prend conscience de sa condition de microbe devant la taille du globe terrestre qu il observe, et l’astrophysicien se rend compte que nous sommes tous des « poussières d’étoile ».
    En conclusion nous sommes rien. Mais animé par nos désirs, et les frustrations des désirs non réalisés, l’Homme se perd dans la soif de pouvoir, la cupidité, la haine de l’autre si différent. L’autre si différent qu’il nous fait peur, qui nous menace. Alors que nous sommes tous de toute petite chose, dont la nature, la terre, l univers se contre fou.

  11. _lila*

    Un conseil de lecture : Conquérant de l’impossible de Mike Horn.
    http://www.amazon.fr/Conquéra.....2845631545

  12. Benoît

    Merci pour cet article. En le lisant (et les différents commentaires aussi) j’ai soudain eu un flashback et me suis rendu conte que j’avais déjà vécu cette expérience plusieurs fois à chaque fois lors de beaux voyages. En haute mer au Cap Vert, sur les haut plateaux des Andes en Argentine ou encore sur les routes interminables d’Australie. Tous ces environnements bruts et vierge de toute présence humaine ostentatoire me font soudain réaliser que le sentiment de n’être qu’un homme dans la nature, en respect avec elle et sans domination de ma part; c’est un besoin aujourd’hui et je suis un peu plus conscient de ce qui guide mes choix. Encore une fois. Merci.

  13. Rod

    je peux comprendre. Je quitte Paris pour St Malo … avec un appartement vue sur mer. 32 secondes à pied de la mer. Et ce que tu ressens pour ton glacier, je l’ai ressenti avec les vagues. Et pour moi ca a été une révélation, un point de non retour. J’arrete mon projet que je tiens depuis 2000 (Le HibOO), et j’ai décidé d’ailleurs de me couper littéralement du web. Je résisterai au début, pis apres j’abandonnerai. Parce que la vraie vie, elle n’est pas celle que l’on vit actuellement dans une capitale destructrice d’ames. Parce que c’est bien ca Paris : elle va à l’encontre de ta nature profonde.

  14. Rotten

    Ces moments sont les vrai chronomètres du temps. Dans ces moments la, nos yeux peuvent « voir » le temps s’écouler à sa vrai vitesse et cela peut donner le vertige. Mais quelle sensation de sérénité. Et réellement on le peut ressentir à peu près n’importe ou; il faut juste se mettre en condition.

  15. Chris

    Ce billet est vraiment beau et je m’y retrouve totalement. A une nuance près : j’ai toujours ressenti ce « vide », cette puissance de l’immensité, depuis toujours.
    Et plus la vie passe, plus j’en ressent l’acuité, voire la nécessité. Trentenaire, prof, ma semaine dans la cohue, la routine… Puis le week-end, les vacances, le sac à dos, les baskets. Et des heures, des jours dans les forêts, les montagnes. Quand l’expression « recharger les batteries » prend tout son sens. Exister. Réellement.

  16. Chris

    Ce billet est vraiment beau et je m’y retrouve totalement. A une nuance près : j’ai toujours ressenti ce « vide », cette puissance de l’immensité, depuis toujours.
    Et plus la vie passe, plus j’en ressens l’acuité, voire la nécessité. Trentenaire, prof, ma semaine dans la cohue, la routine… Puis le week-end, les vacances, le sac à dos, les baskets. Et des heures, des jours dans les forêts, les montagnes. Quand l’expression « recharger les batteries » prend tout son sens. Exister. Réellement.

  17. jipe

    C’est beau..
    Perso, je fais maintenant partie de la grande famille des cinquantenaires, qu’on a foutu a la porte au bout de trente ans de bons et loyaux services, je t’assures que dans ces moments là, tu te sens tout petit, pas plus important qu’un cailloux qu’on a été voir en gros 4×4 en Islande, ou qu’un grain de sable dans un trekking dans le désert de Gobi, ça rend humble, je t’assures..

  18. Theizzz

    Je n’ai qu’une seule chose à dire : si tu veux retrouver ce phénomène plus facilement, essayes la plongée ! Le monde du silence est infiniment grand et « vide »… un très bon moyen de se libérer de toute l’agitation qui nous entoure à longueur de journée.

  19. Le début de ton post me fait dire que tu devrais faire gaffe parce que la sur stimulation, le « tout dépend de moi », l’agenda bourré à 200% qui fait qu’il y a forcément des loupés (qui n’auraient jamais du avoir lieu …. non, juste une organisation à revoir … )… Tout ça mène au jour au burn out. La description que tu fais me rappelle une période que j’ai vécu et qui m’a mené à prendre des décisions radicales parce qu’il faut un jour prendre le temps.
    Le vide, je l’avais négocié une semaine par an : injoignable, pas de cell phone, pas d’internet, pas joignable. Juste moi, mon vélo et l’Irlande. Tous les ans. Mes collaborateurs avaient appelé ça ma semaine sur la lune.
    C’est fou ce qu’une semaine sur la lune fait du bien.
    Ton vide, ton glacier t’a montré le temps d’une seconde que ce que l’on considère comme hyper important à l’instant T est en fait hyper futile vu sous un autre angle.
    Essaye de « couper » plus longtemps et tu verras le bien que ça fait.
    En tout cas, un glacier en Islande est un bien bel endroit pour prendre conscience de ça !

  20. moustache

    L’illumination sauvage:
    http://www.stephenjourdain.com/base2.html
    Bonne lecture

  21. Paingout, je regarde ton site régulièrement et le trouve intéressant car malgré les apparences il fait aussi réfléchir.
    Je ne suis pas psy mais ce qui t’arrive s’explique sûrement. (tu donnes toi-même quelques pistes)
    Ta créativité fait de toi un être singulier et unique.
    @ bientôt de te lire;

  22. Cela m’est arrivé une fois, je n’étais pas sur un glacier mais en norvège sur un lac gelé. Le bébé aussi immense que possible était en bas d’une colline en dessous de l’hotel, j’ai fait la descente pour m’y retrouver et l’espace d’un instant j’ai eu un peu ce genre de truc. C’est pas forcément définissable, mais l’immensité, le silence et rien. T’es là au milieu, tu te sens con, vide un peu inutile et totalement microscopique. C’est à la fois flippant, planant et totalement déstabilisant. C’est la première fois et honnêtement la seule fois en 33 ans que j’ai eu l’impression d’être ailleurs. Loin de tout et un poil plus paisible que d’habitude dans le fond. Peut-être pour la simple et bonne raison que pour une fois cela me replaçait en dehors de ma bulle, de mes problèmes ou autres. Cela date un peu maintenant, mais mine de rien je n’arrive pas à oublier cette expérience. Le silence, le vide et le calme et juste une sorte de tranquilité intérieure. Impossible à retranscrire pleinement avec des mots. Cela m’a fait drôle de te lire disant ces mots vu que j’y retrouvais une part d’un état d’esprit passé et présent. Tu me fais parler de moi à 23h37 un vendredi soir damned.
    Marrant de voir quelqu’un mettre des mots sur certains de mes souvenirs.
    Take Care

  23. Fern Nevjinsky

    Merci pour ce témoignage. J’ai vécu la même chose (pas sur un glacier mais devant Dettifoss) en Islande. Le guide qui m’a vue assise, sans bouger ni dire mot, m’a dit : maintenant, tu aimeras toujours l’Islande.
    Pendant plusieurs années, je suis revenue régulièrement en Islande, le retour en France devenant de plus en pus douloureux. J’ai bien entendu émigré, et compte demander la nationalité islandaise (je peux le faire cet hiver). Ce départ fut la meilleure décision de ma vie.
    Bienvenue dans le clan de ceux qui ont attrapé le virus (ils ne sont pas si nombreux que cela, ceux qui ont vécu une telle expérience – dirais-je mystique – , bien au-delà de l’admiration pour les paysages).

  24. Pat

    Bonjour
    J’ai ressenti un truc de ce genre en arrivant aux chutes Victoria. J’ai compris le sens du mot « époustouflant ».

    Très joli article.

  25. Alonso

    C’est bien continue mon canard.

    « Quand on lutte contre des monstres, il faut prendre garde de ne pas devenir monstre soi-même. Si tu regardes longtemps dans l’abîme, l’abîme regarde aussi en toi. »

    Par-delà le bien et le mal (1886)
    Citations de Friedrich Wilhelm Nietzsche

    Mais tu sais, tes pingouines sont lumineuses..

  26. Comme tu le sais j’ai vécu un moment assez difficile il n’y a pas longtemps suite au suicide d’un très jeune proche. Ton article me fait du bien. Je ne crois pas en Dieu alors cette image que tu partages est belle et me rassure.

    Merci <3

  27. Ce vide c’est toi même je pense. Cette connexion avec qui on est tout au fond, après les connexions, le stress et les obligations.
    J’ai ressenti cette sensation de vide et bizarrement de plénitude 2 fois dans ma vie.
    La première en bateau lorsque j’avais 18 ans et que je regardais l’horizon avec ma famille qui faisaient les cons derriere.
    La dernière fois ct en chine après une rando de 6h très éprouvante physiquement. C’était majestueux. J’étais moi un petit être de rien du tout et pourtant je faisais partie de ce tout. C’est sûrement ce que l’on nomme le zen. Ca fait peur et ca fait du bien.
    J’essaie auj de me reconnecter à ce vide tous les jours sur mon vélo. Ecouter voir ressentir pour vivre plus pleinement.
    Merci pour ce partage, ta sincérité et de nous avoir montré le toi profond

  28. Keumar

    Même réaction pour moi, en Islande aussi, mais devant les pleines désertiques et lunaires en allant au Landmannalaugar. Cette immense et majestueuse étendue de rien, qui m’a donnée l’impression de faire partie du monde, simplement, d’une manière violente et évidente…

    Et ne cherche pas à comprendre, il n’y a rien à comprendre.

    Gros coup de déprime en rentrant à Paris ensuite, pourtant je l’aime cette ville. Mais on s’en remet, et ces moments restent présents, pour après.

  29. PsycoGreGz

    Je pense que tu as rencontré le sublime :
    Sublime (latin : sublimis, « qui va en s’élevant » ou « qui se tient en l’air »1) désigne dans le langage quotidien une chose grandiose et impressionnante (renversante), qui ne peut néanmoins être perçue ou comprise qu’avec une sensibilité très fine.

    D’ailleurs, le tableau qui illustre le concept sur l’article wikipedia est assez représentatif de ce que tu as vécu il me semble : http://upload.wikimedia.org/wi.....ch_032.jpg

  30. Ce sentiment je l’ai ressenti et vécu lors de ma seule et unique plongée en bouteilles près de Cuba. Quand on débute, on reste à quelques mètres de la surface. Je me suis senti tellement bien que l’on m’a « autorisé » à descendre un peu plus bas. Là où la lumière a déjà plus de mal à passer. Je me rappelle très bien cette sensation lourde et légère à la fois lorsque j’ai posé mes palmes par terre, dans une zone dans rochers. Il n’y avait rien autour de moi. Une pénombre. Du silence. Seul face à vide. Une plénitude extraordinaire. J’étais bien. J’étais avec moi.

  31. Je vois tout à fait de quoi tu parles… ces moments ne devraient pas être si rares

  32. c’est marrant presque tous les coms que j’ai lus sont d’une part assez moralisateurs, et surtout semblent se féliciter de t’entendre raconter une expérience heureuse. Je dois avoir l’âme bien noire mais ce que je lis évoque plutôt un choc, presque une panique plus qu’une révélation apaisée.

    Puis-je me permettre un question?: à ce moment précis où tu as gouté le vertige existentiel de la vie végétative, as tu eu envie de twitter pour partager ce vide déconnecté? :)

    • Paingout (Auteur)

      Beaucoup de gens me disent « waouh c’est cool », aujourd’hui encore j’ai du mal à leur répondre « ouais c’était cool », parce que j’en sais rien.
      C’était probablement un « beau » moment, sur la forme, mais ça m’a effectivement beaucoup choqué, et je m’en remets pas des masses.
      Je ne sais toujours pas :)

      J’ai rien twitté sur le moment, ni après d’ailleurs. Je n’en ai parlé que très tardivement, ici. Et avec quelques autres.

  33. C’est l’attirance pour le vide, une fois que tu accepte d’être insignifiant tu peux commencer a te concentrer sur ce qui te rend heureux et pas sur ce qu’on attend de toi, aller vers ce vide c’est le premier pas vers la libertés de pensée, la libération d l’esprit, ça fait peur de se défaire des contraintes quand tu n’a jamais vécu sans.

  34. J’ai lu. Et je comprends un peu, je crois…

  35. mrxto

    alone into the wild -Alexander Supertramp-

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