Quand faut-il être triste ?

Avant de commencer à entrer dans le vif du sujet, je vais vous expliquer ce qui m’amène à écrire ce billet.

De Toulouse à Adélaïde.
Voyez le jour où Mohammed Machin est allé tuer les gamins de l’école juive de Toulouse, j’étais en Australie. Je ne sais pas exactement ce que je faisais, probablement en train de chercher des Kangourous ou des Koalas sur la Great Ocean Road. Mais en tous cas voilà, j’étais à l’autre bout du monde, très loin des médias français, de la presse, de la radio, et globalement l’esprit très très éloigné de la France. J’étais déjà parti depuis une dizaine de jours.

Et du coup, voyez-vous, quand j’ai appris la nouvelle, et bien comme dire… Je vais être sincère avec vous hein, les gamins abattus de sang froid devant leur école, je n’en avais rien, mais rien à carrer. Du moins passé les 2 minutes pour lire l’article, j’étais complètement passé à côté. Rien à branler. Même pas envie d’en savoir plus, j’avais l’info, ok, super, passons à autre chose, où sont ces koalas ?

Et toi t’es triste à combien de pour-cents ?
Du coup ça me questionne. Est-ce que je suis vilain ? Est-ce que je suis un monstre sans coeur ? Pourquoi cette histoire m’est passée complètement au dessus ? (je passe sur l’histoire des militaires tués, que je n’ai même pas lue tellement je m’en foutais).

Si j’étais bon en schémas, j’en tenterai un, pour essayer d’illustrer le lien entre la distance géographique, culturelle, et le degré d’émotion et de tristesse suscitée par un événement. Mais comme je suis nul, je vais essayer de la faire par l’exemple, et de comprendre ce qui se passe dans ma petite tête (et peut être dans la vôtre).

On va imaginer que l’émotion suscitée se quantifie en volume, de 0 à 5% d’émotion, on s’en branle un peu de l’affaire, de 5 à 20% on y pense plus ou moins, de 20 à 40%, on s’y intéresse vraiment, et clairement, on est plutôt peiné. De 40 à 60% là c’est dur, on à les larmes qui montent, on y pense toute la journée. De 60 à 80% on arrête pas de chialer, on tremble, ça va pas. De 80 à 100%, on est quasi la victime de truc, on a perdu un proche, un ami, un enfant, que sais-je, c’est l’horreur.

Moi là sur la tuerie de Toulouse, j’étais à 1% d’émotion. Pourquoi ?

– C’est loin. C’est tellement loin Toulouse quand on est à l’autre bout du monde. Si j’avais été à Paris, j’aurais été moins loin, la déflagration médiatique aurait joué son rôle, et j’aurais pu monter à 10/12%, mais non, là vraiment, qu’est ce que tu veux que ça me foute un truc qui se passe dans la BANLIEUE de Toulouse, alors qu’une fois encore, je suis à l’autre bout du globe.

– Les victimes sont des enfants. Alors ça c’est très personnel, mais j’en parle quand même. Pour les 3/4 de la population, quand un enfant meurt, c’est une horreur absolue, et c’est bien pire que quand c’est un adulte. Je comprends le raisonnement, qui relève plus du conditionnement social pour une partie, et du statut de parent pour une autre partie, mais pour moi, clairement, que l’individu décédé ait 2 ans, 12 ans, ou 42 ans, ça ne génère pas une hiérarchie de l’émotion, et d’un point de vue rationnel, l’argument « les enfants sont innocents » me passe complètement à côté.
Si demain ma boulangère se fait abattre, elle sera probablement tout aussi innocente que des enfants. Donc non, chez moi « ce sont des enfants » n’ajoute pas de degrés particulier dans l’émotion.

– Ils sont Français. Ben oui, voyez-vous, parce que 2 enfants sont tués en France, la république impose (plus ou moins) une minute de silence un peu partout. Ok, est-ce qu’il y’a eu une minute de silence pour les enfants Belges (ou Suisse) qui se sont vautrés en car l’autre jour ? Dans toutes les écoles françaises ? Pas que je sache. Ces enfants auraient eu leur carte d’identité française, là l’émotion aurait fait un bond de +30% chez tout le monde, et Sarko aurait fait interdire les bus scolaires sur le territoire. Mais non, l’émotion ne doit gonfler que si c’est un fils de la patrie est touché. Moi ça me gonfle, donc non, je ne gagne aucun % d’émotion patriotique.

– Ils sont juifs. Bon, ouais, ok, c’est Laure Manaudou qui a lâché sur Twitter « Et en plus ils s’en prennent aux juifs« , sous entendu que c’est donc plus grave d’avoir abattu des enfants juifs, que des enfants d’une autre confession.
Le sujet est pas nouveau, je sais pas trop quoi vous dire, moi je m’en fiche qu’ils soient juifs ou pas. Ca me les rend pas plus sympathiques, ni moins. En revanche, depuis toujours, j’ai toujours un rejet assez massif des écoles confessionnelles, et je pars du principe qu’un parent qui décide de mettre ses gamins dans une école juive, catholique ou musulmane, est de fait dans une démarche communautaire et religieuse un peu pourrie. Mais à la limite c’est plutôt hors sujet là, et les gamins abattus n’ont pas eu le choix d’être placés dans cette école. Donc passons.

– Ils ont été abattus. Alors LA franchement, pourquoi diable je ne gagne pas tout de suite tout plein de % d’émotion ? C’est super violent d’être abattu non ?
Et bien non, là je suis un sale con probablement, mais je pars du principe que nous vivons dans une société ou la violence armée est absolument tolérée, valorisée, et banalisée. L’armée de terre est valorisée à la télévision, les armes sont présentes dans TOUS les programmes TV, jeux, jouets, avec une tolérance et acceptation ABSOLUE. Je ne vois pas, de fait, en quoi abattre quelqu’un dans la vraie vie, serait un acte aussi incongru, à partir du moment où sur la forme, c’est illustré et toléré à longueur de journée.

ATTENTION je précise tout de suite, je ne sous entends pas que c’est un problème. Pour moi le fait que l’ultra-violence soit dans notre quotidien artistique et médiatique ne me dérange pas, au contraire, ça donne une image d’une certaine réalité, faisons avec.

Pour revenir au sujet initial, je ne vois pas en quoi il me faudrait être plus triste pour un enfant abattu d’une balle dans la tête, mort sur le coup, que pour un enfant qui crève d’un cancer ou d’une leucémie, qui se tord de douleurs pendant des jours avant de crever à petit feu devant ses parents. Vous trouvez ça moche ce que je dis ? Ben pensez-y. A l’hôpital Necker de Paris, y’a des gamins « innocents » qui crèvent tous les jours aussi.

La nausée ?

Bref, là si vous êtes un individu normalement conditionné, vous avez un début de nausée et vous avez envie de m’insulter. Et bien voyez cette nausée ? C’est la même que j’ai devant le silence et l’indifférence absolue générée par les souffrances vécues à travers le monde.

La tuerie de Toulouse c’est moche, c’est très triste pour la famille, les voisins, et peut être pour l’état, mais j’y suis pour rien, je n’ai pas la moindre once de proximité avec cet événement, qui est un simple fait divers, ponctuel, là, qui se pose.

Un peu plus loin que Toulouse ?

Par contre on va prendre un exemple différent, il existe un continent entier, en proie à des guerres, civiles (ou non), avec des milliers de morts journaliers, de maladies, de viols, d’assassinats, de faim. Ces gens ne sont pas victimes d’un taré qui s’est trop branlé sur des vidéos de djihadistes, non, ces gens sont victimes, entre autres, de régimes totalitaires parfois soutenus, parfois mis en place par nos propres autorités.

Des pays affamés et mis à genoux pas des systèmes capitalistes et monétaires qui les étouffent jusqu’à l’os. Les souffrances absolues de ces peuples, enfants ou non, qui une fois encore crèvent TOUS LES JOURS, en partie par la faute et le laissé aller de la « communauté internationale« , ça ça m’emmerde, ça ça me rend triste et ça me donne la nausée.

Et pourtant ça, on en parle pas tous les jours à la TV. BFMTV n’en parle que très rarement, ou pour des événements ponctuels, au fond on s’en branle, à 100%, parce que c’est loin, parce que ce sont des noirs, des arabes, ou des asiatiques, parce qu’ils ne sont pas français, parce qu’ils ne sont pas dans des lieux géographiques que l’on sait mettre sur la carte de la république, ce ne sont pas nos voisins, ni nos amis, ni nos familles. Alors on s’en fiche, même s’ils crèvent, tous les jours.

La gradation dans l’émotion dont je parle plus haut est peut être naturelle, humaine, peut être conditionnée je n’en sais rien, d’autres ont du y penser avec plus d’intelligence que moi. Mais personnellement, passé le stade « ce sont mes proches qui sont touchés« , j’ai une tendance naturelle à y être assez hermétique.

30 commentaires
  1. Tout ça me refait penser à Desproges et sa chronique sur le fils du boucher le jour du tremblement de terre au Mexique.

  2. Yom

    J’ai beau être gâteux et avoir un sourire devant (presque) n’importe quel enfant, je ne peux qu’être d’accord avec toi, et pourtant j’étais en France et bien informé…

  3. Rien à rajouter.

  4. T’es trop #KONY2012 mec !

  5. Mat

    Comme souvent, tu as une réflexion qui va au dela de ce que l’on trouve partout. Presque en partant du postulat inverse de celui l’opinion publique. C’est très intéressant. Et c’est juste.

  6. Sans aller aussi loin dans l’analyse et la reflexion, j’ai été moi aussi choqué par le foin qui en a été fait dans les médias, c’est d’ailleurs plutôt ça qui m’a filé la gerbe.

    Les jours qui ont précédé les « événements » de Toulouse, on avait limite un drapeau belge en berne dans tous les JTs et d’un coup paf ! Plus rien à part Toulouse !

    Je pense – et ça n’engage que moi – que cette affaire Merah est beaucoup plus puante qu’horrible, qu’elle tombe à point nommé pour certaines personnes et que l’opinion publique est tournée vers le mauvais coté de l’affaire, le coté le plus facile à pleurer et à digérer et ça c’est bien dommage !

    Je m’étais fendu d’un tweet résumant un peu l’esprit de ton article : « Donc en fait dans les médias français : 7 français > 28 belges > des milliers de syriens. »

    Bref, tout cela me laisse un vieux goût de vomi dans la bouche…

  7. JANON Quentin

    Un peu contradictoire quand tu dis dans un premier temps que tu n’en avais rien a foutre de cette actualité parce que tu étais en Australie, et dans un second temps tu reproches au média français de ne pas parler de ce qui se passe en Afrique ou autre pays du globe.

    Tu te mordrais pas un peu la queue là ? Les journalistes et mister pingoo hop ! Dans le même sac ;) Bon après c’est pas ton boulot tu me diras…

    Sinon dans l’ensemble je peux comprendre ce que tu penses et ça me paraît pas déconnant du tout :)

    Par contre je suis père donc j’ai une variable en plus qui rentre en compte (je me met même a chialer parfois dans les séries quand un personnage perd son enfant, c’est pour dire…), et je ne suis donc pas tout a fait d’accord avec toi sur le fait que les victimes soit des enfants on s’en branle…

    De plus entre un enfant qui meurt d’une maladie qu’il a malencontreusement choppé (cancer…) et un enfant qui meurt tué par un taré, la il y a un fossé quand même. Pour la maladie personne n’y peut rien, alors que pour le taré, on peut pas s’empêchait de penser qu’on aurait pu l’arrêter avant toutes ces folies. Ta vision, ça reviens a comparé les force de la natures avec les forces de l’humain, qui sont pour moi deux choses complètement différentes.

    A part ça, je plussois !
    C’est mon premier message sur ton blog que je suis régulièrement, fallait que ça arrive ;)

    Vive pingoo.com et vive les pingouines ;)

  8. pascal

    des enfants sont morts ( ils étaient juifs,mais pour moi c’est secondaire) sous les balles d’un gamin paumé.et c’est dramatique,monstrueux !!
    Mais n’oublions pas,et faudrait en parler un peu plus souvent que CHAQUE JOUR 5000 enfants meurent faute d’accès a l’eau potable..

  9. André

    Sur la peine ressentie rien à dire, je vous trouve même très franc. Mais le point qui n’est pas soulevé ici, est la raison de la mort de ces enfants et de nos soldats, assassiné par un extrémiste au nom de ce que lui, interprète du coran. Alors comparer cette événement à l’accident (et c’est la que réside la différence, oui c’est un accident et pas un meurtre)en Belgique, je trouve cela étrange.

  10. Une analyse osée mais que je soutiens. Les médias donnent l’importance qu’ils veulent à l’information, et cette histoire est un peu un écran de fumée pour cacher d’autres choses beaucoup plus graves.

  11. hugo

    Tout est dit… j’adhère complètement…

  12. lomaxe

    MERCI POUR LA FRANCHISE .

  13. Sam

    La loi de la proximité émotionnelle (un chien écrasé dans votre rue vous touche plus que 1000 assassinats sordides à l’autre bout du monde) est enseignée en école de journalisme, et dicte l’ordre des nouvelles dans un journal.
    C’est à dire que les médias savent pertinemment que leur public fonctionne ainsi, et n’ont aucun intérêt à nous resservir la Syrie ou Haiti à chaque édition, ils ne feraient que perdre de l’audience et donc des annonceurs.
    Bref, l’être humain a (littéralement) les journaux qu’il mérite.

  14. Ben

    Le Pingoo il est pas tjs con hein, bonne réflexion ! Sinon, ils sont où ces koalas ?

  15. Totalement d’accord.

    Et +1 a Fabien Thomas.

  16. Je vais faire comme beaucoup d’autres: je dis ouf! enfin toi qui dis une vérité! Cela fait du bien… Et dire que la dernière fois que je t’ai croisé (un bail), on a presque partagé une tartelette aux fraises de chez Fauchon
    J’en suis toute retournée, à 1000%

  17. Jérôme

    J’ai tout suivi, du nauséeux au parallèle enfant / adulte dans le meurtre. Je rejoins le commentaires sur le fait que d’être parent fait que tu es plus ému par la mort d’enfants en général. Mais tu as raison de dire que la mort de trois enfants à Toulouse fut elle violente, ne pèse objectivement pas grand chose au regard de ceux qui meurent par dizaine dans les évènements syriens, palestiniens, soudanais, birmans, etc.

    La proximité frappe les gens.

    La question finalement est de savoir si le journalisme doit vendre de l’émotion ou de l’information ou de savoir ce que nous recherchons dans le contenu des médias : cette émotion ou cette information …

    Les deux je crois ou plutôt l’information en fonction de l’émotion qu’elle aura suscité.

  18. @Jérôme : le journaliste (le vrai pas les chacals des chaines d’info continue) ne doit en théorie rien vendre à mon sens, si ce n’est sa capacité à « rapporter » les faits, événements et autres nouvelles.

    Le problème, c’est que de nos jours, les médias d’informations, traditionnels majoritairement, sont plus dans une politique de rendement et de profit que de service, alors qu’à la base un journaliste a pour rôle d’informer la population, pas de la « lobotomiser » avec des publicités.

    Mais comme le dit si bien Sam un peu plus haut, « l’être humain a (littéralement) les journaux qu’il mérite. ».

    @Nico : + 100 sur l’écran de fumée, plus c’est gros mieux ça passe.

  19. Édouard

    Tu es un gros con …..

  20. Billbob

    Excellent article… Tout est dit…
    Pour ma part, je suis choqué de voir tant de violence à la télé: des meurtres, de la barbarie, de la méchanceté en permanence et tout le monde trouve ça normal… Et dès que l’on voit une nana un peu dévêtue dans un film pacifique, les mêmes bien pensants trouvant normal que tant de violence soit visible en permanence sont soudain offusqués… Le monde ne tourne définitivement pas rond…

  21. Fred

    Objectivement, tu as raison, et la « loi de la proximité émotionnelle » est quelque chose de bien naze.
    Mais si on pousse ton raisonnement et qu’on faisait diffuser les informations réellement les plus « graves », alors on est d’accord qu’on aurait perpétuellement la même chose à la une du journal. Probablement aucune mention de l’Europe ou des USA.
    Du coup, comment serait le monde ? Il y a le risque que, du fait de faire la une en permanence, les faits graves soient totalement banalisés, que leur vue soit une routine. Également, les faits mineurs ne seraient jamais diffusés, ça ne serait pas mieux.

    Ce qui m’exaspère dans cette histoire moi, c’est son utilisation par les politiques (d’où la médiatisation à outrance d’ailleurs).

  22. jipe

    Le commentaire de Mélenchon est le plus crédible qui traite Mohamed de fou furieux et qu’on passe a autre chose..

  23. Je suis globalement d’accord avec ton ressentit.
    C’est malheureux ce qui est arrivé, le bus, les tueries, mais les médias en font vraiment trop.
    J’ai réagis à peu près de la même façon et j’étais pourtant en France.

    Je ne regarde plus le JT et autres chaînes d’infos en continue à cause de ce type de traitement de l’information.

  24. dav

    je suis dans le meme etat d’esprit et pourtant c’etait important pour moi qu’il soit pris

  25. Mat

    Continuez ce que vous savez faire parce que vous le faites vraiment bien, mais, s il vous plaît, ne vous essayez plus à la sociologie ou alors autrement que de cette manière. Relisez vous c est tout et son contraire, vous dites être nul en schema mais vous conceptualisez quand meme votre billet d humeur, vous dénoncez la démagogie en étant vous meme démago, c est un exercice difficile je le conçois mais à ce moment là un billet d humeur doit en rester un pour être pris pour ce qu il est. Et pour terminer, c est quand même très loin d être du Desproges.

  26. le_butch

    je suis d’accord, beaucoup de foin pour pas grand chose.
    d’ailleurs hors presidentielles, il aurait ete abattu rapidement.

    le journalisme s’enfonce dans le sensationalisme…

  27. Il y a qq années j’aurais pu tenir le même raisonnement. Sauf que quand tu deviens parent, imaginer qu’on puisse faire la même chose à ton gamin, c’est effectivement la chose la plus horrible qui soit. Sans tomber dans le sensationnalisme sordide dans laquelle cette affaire est tombée, objectivement, des gamins tués de sang-froid, c’est horrible. Et si par exemple, il t’est arrivé d’enterrer un gosse (ce que je ne souhaite à personne), alors tu peux comprendre et avoir de l’empathie pour les gens qui en font de même. Ce n’est pas dans l’ordre des choses : les parents n’ont pas à survivre à leurs enfants.

    Sans tomber dans l’émotion de l’info qui devrait être traitée avec la tête bien froide, et sans renier cet effet de proximité, je peux comprendre que quand ça touche des enfants, ça donne la nausée à d’autres parents et à d’autres personnes.

  28. Cathy

    L’empathie… À chaque annonce malheureuse, nous avons tous ce réflexe du : « Ah merde c’est con! » et puis on retourne direct à nos vies respectives, que ce soit pour un bus (ou autre) qui se crashe ou pour une tuerie (gosses ou pas) ou tout autre annonce malheureuse.

    Maintenant sur le discours de Vincent suis complètement OK. Moi je n’ai pas eu la chance d’aller jouer avec les koalas, j’étais en France et mon quotient émotionnel n’a pas dépassé le 1%. Les médias pour moi, en dehors du fait d’être à but lucratif, sont complices d’une démago certaine.

    Du coup, je n’ai rien à répondre à Vincent. En revanche, je rebondis sur certains comments (et du coup selon le raisonnement Vincent je suis une sale conne également).

    Dire qu’il y a un fossé entre un gosse qui est abattu et celui qui endure les pires souffrances avant de mourir de maladie ou autre est à mon sens inexact. Il faut arrêter avec les « on aurait pu l’arrêter bla bla bla » et la maladie c’est la vie donc moins grave. Juste pour savoir les 155 000 gosses (toutes nationalités et donc religions confondues) qui meurent de maltraitance par an dans le monde (c’est la vie ça aussi) c’est moins grave que ces gosses abattus. Sinon toujours pour savoir que dire des SDF qui meurent chaque jour dans des conditions plus qu’inhumaines? (C’est encore la vie.) Et des Hommes (la majuscule a son importance) qui meurent de famines ou de guerres dans la souffrance? (Ça fait toujours partie de la vie!) Je m’arrête la.

    Pour finir, je pense qu’il n’existe pas de rapport distance géographique/degré d’émotions. On se transpose juste dans le malheur d’autrui. (c’est également valable pour le chat ou chien écrasé que l’on croise sur sa route : « ça aurait pu être mon loulouPour ma part, mon quotient émotionnel est bien plus important pour les guerres, les souffrances affligées (par les hommes ou tout simplement par la vie) aux Hommes.

    Ceci n’est que mon avis subjectif.

    @Nico@Sam@Fabien : Tout OK avec vous Messieurs!

  29. Article et commentaires très intéressant… la tristesse et le deuil sont un sujet que j’aborde assez régulièrement… je travaille dans les pompes funèbres à mes heures perdues. Et si mes collègues et moi on devait s’apitoyer sur chacun de nos « clients », on finirait par se suicider au bout d’une semaine de boulot. Par client j’entends aussi bien le défunt que sa famille et ses proche en deuil. Et vous verriez certains « cas »… Donc la règle c’est détachement maximal et curieusement c’est assez facile (au risque de devenir assez facilement cynique).

Laisser un commentaire

Laissez un commentaire