Cinéma : La guerre est déclarée

Carte UGC, deuxième essai.

Je vous racontais ça l’autre jour, j’ai désormais une carte UGC. Le film « La guerre est déclarée » est donc le film n°2 que j’ai vu grâce à cette petite carte. Le premier avait été « La planète des singes« , et la plupart d’entre vous ne sachant pas lire, vous n’aviez rien compris à ma critique (qui n’était pas si mauvaise).

Bref, pour ce film « n°2 », je vais tenter d’être plus clair. « La guerre est déclarée » donc, de Valérie Donzelli, avec Valérie Donzelli (elle même) et son ex (pour de vrai), Jérémie Elkaïm.

En général je fais attention à ne RIEN lire avant de rédiger mon avis sur un film, parce que ça a tendance, je trouve, à péter la spontanéité du dit avis. Là il s’avère que ce film là, il ne faut pas le voir sans « savoir » de quoi il retourne. Alors je vais vous dire le minimum (en même temps j’ai pas creusé plus).

Le pitch de la vraie vie qui est triste et tout.

Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm on été un vrai couple dans la vie. Ils ont eu un fils ensemble. Cet enfant s’est chopé une tumeur au cerveau (une grosse méchante), et le film raconte donc un certain nombre d’années de ce couple, leurs familles, et cet enfant. Des années forcément pénibles et lourdement médicalisées.
Ce que je viens de vous dire c’est à la fois l’histoire du film donc, et leur vraie histoire à eux.

Je ne sais pas à quel point tout ce qu’on voit dans le film est vraiment vrai, ce qui est ajouté, modifié, romancé, donc je vais essayer de ne pas en prendre trop compte dans mon jugement.

Sur la forme, j’ai eu très mal.

Comment dire. Je ne peux pas dire que c’est « pas bien« , parce que je n’en sais rien si c’est « pas bien« . Voyez, c’est comme un album de Bashung, ou pire, de Biolay. Ca ne peut pas être si mal que ça, et pourtant ça m’est proprement insupportable. Mais vraiment. Au milieu du film j’ai totalement éclaté de rire, nerveusement, tellement ça en était pénible.
Qu’est ce qui est si pénible ? L’habillage du film. J’ai beau être un bobo-hipster moi même, à ce point ça en est insupportable, l’allure, les mots, les fringues, les décris, le jeu, le ton, tout est insupportable. Et surtout bordel de merde, le jeu d’acteur de Jérémie Elkaïm est absolument douloureux. Un peu comme si un type essayait d’imiter le fils caché de Gainsbourg et de Godard, en lisant son texte imprimé sur un vieux libé, avec un sac de quinoa dans la bouche.

Mais voilà, à ce point d’insuportabilité, ça ne peut pas être une erreur, c’est forcément volontaire. C’est en tous cas ce que j’essaye de me mettre dans le crâne depuis que je suis sorti de ce film.

Et sur le fond alors ? Un film parfait.

Ben oui sur le fond c’est réussi. Je ne sais pas quel a été le but recherché en faisant ce film, mais c’est au fond un beau discours et une belle peinture d’un couple et d’un sacrifice poignant, à leur enfant. Sacrifice de leurs vies (certes illustrées d’une manière insupportable, mais quand même). Et voilà, au final ça passe. Je ne me suis ennuyé à aucun moment, et j’avais envie de savoir ce qui allait se passer. C’est un film qui raconte une histoire, un peu comme un couple d’amis un peu chiants et pénibles raconteraient leur histoire, qui est une histoire avec une vraie consistance.

Le déroulé de lui même est d’ailleurs totalement déstructuré, surtout au niveau de la fin. Le film raconte en fait une partie de leur histoire, les premières années, et zappe totalement les dernières, pourtant très riches (elles sont résumées en quelque phrases). J’aime à imaginer que si les dernières années ne sont pas détaillées dans le film, c’est qu’elles sont trop récentes, et qu’il manque probablement un certain recul pour les raconter. Des années peut être même trop riches, qui auraient intoxiqué le récit initial.

Alors voilà, je prends ça comme un cadeau de deux parents à leur gosse, avec des excès évidents, trop d’amour, probablement une certaine exagération sur l’aspect « on t’aime mon fils, regarde tout ce qu’on fait sur toi ». Excès probablement nécessaire pour essayer de retranscrire à l’écran un sacrifice et une douleur qui était probablement, avant tout intérieure (et donc difficile à insuffler au spectateur).

Voilà, encore une critique un peu bizarre, où je vous explique que l’image, le son, les décors, le jeu des acteurs sont totalement insupportables, mais qu’au final le film mérite probablement les louanges massives qui lui sont apportées, partout.
J’aurais pu terminer en disant que ça n’aurait pas mérité plus quelques pages dans un « C’est mon histoire » publié dans ELLE. Ca nous aurait évité une certaine pénibilité cosmétique, mais ce serait méchant et vous ne retiendrez que ça. Ah merde, trop tard.

12 commentaires
  1. Bon évidemment je ne suis pas d’accord avec toi parceque justement j’adore la « cosmétique » du film et j’adore le détachement et la nonchalance du jeu de Jérémie Elkaïm !

    Et le fait que le film soit très « joué » est justement fait exprès pour que le spectateur se rappelle régulièrement qu’il est dans un film. Valérie Donzelli répète tout le temps qu’elle ne voulait pas « prendre le spectateur en otage », elle ne voulait pas faire du pathos. Du coup, ils ont choisi ce procédé pour permettre un certain recul.

    Moi je trouve ça extrêmement bien réussi.

  2. Bin, je me méfie … quand on arrive pas à dire si un film est bien, pas mal ou pas vraiment top etc. l’année d’après on raconte que c’était un navet ;-)

  3. burp

    Ta critique confirme mon impression sur le film,j’ai le sentiment de vivre la même chose que lorsqu’un film d’Honoré sort dans les salles, une « certaine » critique que je ne lis qu’après avoir vu le long-métrage, comme toi, pour les mêmes raisons,trouve ce genre absolument génial!…rapport aux références à la nouvelle vague…sauf que les références, chez Honoré, deviennent du gros pompage de chez « vol à main armée » dans la maison Truffaut et Demy.
    Quel rapport avec le film vu par le Pingouin, me demanderez-vous? et bien plus que vous ne le croyez…réfléchissez…

  4. Rod

    « Et le fait que le film soit très « joué » est justement fait exprès pour que le spectateur se rappelle régulièrement qu’il est dans un film »

    Ah donc le cinéma, faut pas que ce soit trop vrai de peur de trop choquer ? Va pas voir « Ma mère », tu vas prendre un coup sur la tronche.

    Serieux, c’est quoi cet argument ?

    Sinon, bah j’ai pas aimé. Pour moi un film réussi, c’est quand la forme et le fond sont indissociables. Et la bah la forme, pitié / au secours.

  5. caran777

    +1 pour Rod.

    Pas aimé non plus pour les mêmes raisons que Pingo !! Mais j’avoue avoir toujours un a priori sur les films Français qui me gâche parfois un peu le film. Un des rares que j’ai apprécié : « Le dernier jour du reste de ma vie »

    Pingoo si tu veux un autre navet tu peux aller voir « Cowboys et Envahisseurs »

  6. pascal

    He,He…
    je pense que pingoo et la plupart des habitués de ce blog sont des trentenaires urbains qui n’ont pas vraiment idée de ce qu’est un enfant, encore moins malade,surtout si c’est le tien..
    alors c’est sur, ce genre de film ça ne leur parle pas vraiment…

  7. zeze

    Y a des femmes à poil dedans ?
    Sinon, je ne vais pas le voir.

  8. selehcat

    Le plus bizarre sur la forme, c’est qu’à certains moments Jérémie Elkaïm doit oublier son Libé et se met à parler avec un peu de spontanéité.

    Et la voix off, elle est juste insupportable.

  9. Ce film est juste ce pourquoi le cinéma a été inventé. rien de plus rien de moins.

    la bisette

    david

  10. ines !!!

    les maladresses, en soit ce n’est pas très grave. car malgré tout il y a de bonnes idées de mise en scène, ultra mal exploitées certe, mais qui collent bien au sujet ( ex: la scène chantée…. juliette regarde par la fenêtre du taxi direction la gare, roméo en « surimpression » regarde par la fenêtre du train direction la gare, aussi. ils pensent l’un a l’autre et se promettent de se proteger,de surmonter tout ça, blablaabla. c’est joli, bien trouvé pour montrer à quel point meme loin l’un de l’autre…ils sont proche ! mais le chanter avec une musique aussi pourri…ça gache tout l’interet de cette scène et surtout pour le coup,on prend vachement de recul sur la situation, terrible pourtant, dans laquelle se trouvent les persos)

    par contre ! dire que faire expres de « très jouer » (de ne pas jouer du tout en fait!) c’est ne pas prendre le spectateur en otage…. c’est de l’hypocrisie ! pourquoi alors, dans une scène « capitale » (l’annonce de la tumeur par la neureulogue marseillaise) juliette est-elle naturellement prise de bougeotte, pourquoi nous sentons qu’elle n’y croit pas, que les larmes sont la mais n’osent pas sortir car c’est trop dur ? pourquoi a ce moment là, nous voyons très clairement une mère qui s’accroche a son fils alors que son propre corps vacille car cette nouvelle la transperse, l’acheve ? peut-etre parce qu’a ce moment là, valérie faisait tout simplement son travail : jouer un personnage,une mère qui dans des circonstances pareilles,vis et ressent des emotions réelles.(sachant qu’elle l’a vraiment vécue)
    il y en avait peu, mais c’était la seule scene crédible qui justement ne tombait pas dans le pathos, car aucun artifices n’étaient la pour troubler une annonce pareille. (contrairement à la scène dans laquelle la famille apprend la triste nouvelle, vivaldi en dolby et cris des parents en sourdine…pfff)

    c’est plus un film inégal, avec des acteurs inégaux, qui peut-etre pour se protéger de leurs passé, n’ont reussi qu’a sy replonger qu’avec superficilaité.

    ps: le ciné n’est que subjectivité

  11. alice

    hé bé moi je tiens quand même à dire, et même un an après (je viens de le voir)que je me suis faites chier copieux pendant ce film, que j’attendais pourtant avec impatience étant touchée par la problématique du cancer!
    j’ai trouvé que le sujet n’était absolument pas traité, l’enfant aurait pu avoir n’importe quelle autre maladie ça aurait été le même film! grossier…
    Le jeu des acteurs est, en effet, plutôt lamentable! surtout lui qui semble se parodier lui-même! Pas crédible…
    Les chansons qui sortent de nulle part, d’un coup! carrément gênant! Du grand n’importe quoi! un mélange de tragi-comédie qui te fait réaliser que là, t’aurais vraiment dû rester chez toi!
    Des longueurs irréelles…focus sur le petit couple qui s’aime, ben…qui s’aime encore, qui fait du manège, qui court dans les escaliers, qui fait de la moto…Au secours!!!le film n’avance pas!!! On s’emmerde quoi!
    Aucune profondeur dans la problématique du cancer!!! Tout est pris avec une légèreté déconcertante ,oui je sais c’est un peu le but du film, mais qui du coup démontre plus une grande immaturité, qu’une réelle catharsis face à la violence et la réalité insupportable de la maladie.
    Et cerise sur le gâteau, le final! complètement bâclé!!!! une hallucination visuelle! c’est plié en 3 phrases…Plombant!

    Ce film a en effet été encensé, ce que je considère comme de la pure démagogie et du sentimentalisme a deux balles!

    Allez, juste pour rire!Rappelez vous la scène ou la gonzesse court dans un couloir d’hôpital et se roule par terre ou un truc dans le genre…cruellement ratée, à la limite du ridicule!

    Je suis plutôt sévère j’en conviens, mais qu’est ce que ça fait du bien de se lâcher ;)

    Merci pingoo!

  12. patos

    Jérémie Elkaim c’est un acteur ça? Parce que là… même mon petit frère aurait été plus crédible que lui et pourtant il est pas acteur!

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