Berlusconi et les femmes, j’ai une question

Ca fait quelques mois que je me pose une question assez récurrente sur Berlusconi, son rapport aux femmes et la politique en général. Je ne suis pas politologue, et la situation n’est pas celle que je peux comprendre le mieux, mais il y’a un point qui me trouble un peu.

Précisons tout de suite que je suis plutôt de gauche, et que l’action politique du parti centre-droit italien et de ses cohalitions successives ne devrait a priori pas attirer mes faveurs.

Mais c’est pas la question. Non.

Aujourd’hui, les gens n’aiment pas Berlusconi, quand je dis « les gens », je parle de la masse pensante franchouillarde, dont je fais partie. On aime pas Berlusconi par automatisme, parce que Berlusconi c’est le mal, vous comprenez, il couche avec des femmes, plein, des jeunes, des moins jeunes, c’est un coureur, machiste, bouh vilain.

Si on se pose deux minutes, on se rendra vite compte que le mécanisme de rejet de Berlusconi ressemble beaucoup à celui que la communauté internationale a pu avoir avec Bush, avec une donnée, la personnalité visible de Bush était l’opposée de celle de Berlusconi, pourtant, si on met de côté les alter-mondialistes (qui ont eux une conscience politique), la masse les rejette tout les deux de la même manière.

L’européen de base vomit le puritanisme d’un Bush (ou d’une Thatcher), ses positions rétrogrades sur les femmes, la religion, l’homosexualité, et toutes ces choses qui nous semblent « normales » et acquises. Sauf que l’Europeen a tendance à oublier que oui, l’américain moyen est à l’image d’un Bush. De la même manière d’ailleurs qu’un méditerranéen de base est à l’image d’un Berlusconi. A savoir bling-bling, macho, à courir le jupon et à faire des blagues salaces en conseil d’administration.

Ceux qui ont passé un peu de temps en Italie le savent, la personnalité de Berlusconi n’a rien d’extrème, il aime les femmes, les belles femmes, il les respecte plus pour leurs popotins que pour leurs études, et s’il peut en attraper 12 dans la semaine, non seulement il en sera ravi, mais en plus il le criera sur les toits, et sa maman sera fière de lui.

Evidement je généralise très largement, ce que je raconte là est évidement plus diffus et de moins en vrai dans l’Italie moderne (ou dans n’importe quel pays bordant la Méditerranée), mais ça reste latent, une jolie fille se fera siffler 36 fois plus dans une rue de Naples, que dans une rue de Dallas.

Ou est-ce que je veux en venir là ? Ah oui. Les dirigeants sont souvent à l’image de leurs peuples, et c’est ceux qui y ressemblent le plus qui se font le plus réélire, Berlusconi et Bush en sont deux bons exemples, ils étaient populaires parmi leurs populations (pas parmi les élites), et ils resteront, même si le reste du monde les déteste. Pour prendre un autre exemple que je connais bien, Frêche était adoré dans sa région, aussi parce qu’il incarnait le vrai patriarche du Languedoc, a parler fort, à s’imposer, à être de mauvaise foi, et à avoir la descente facile. Forcément à Paris, un gros monsieur qui parle fort, ça fait tâche.

Sarko perdra d’ailleurs peut être aussi à cause de ça en 2012, parce qu’il ne ressemble pas à son peuple.

BREF.

Pour en revenir à Berlusconi, oui il est politiquement un problème, et oui on peut l’attaquer sur le terrain du sexisme. Mais personnellement, je ne vais pas m’outrer qu’un homme politique ai des aventures, couche avec des femmes, ai eu des maitresses (ou même des amants), je m’en fiche, très bien pour lui, de la même manière que je me foutais que Clinton ai détourné les usages de ces cigares. Grand bien lui fasse s’il avait trouvé une manière originale de les lubrifier.
Attaquons Berlusconi sur sa politique, ce sera plus constructif que sur son addiction. Non ?

17 commentaires
  1. upblue

    Ce serait tellement simple si les gens détestaient Berlusconi pour son goût pour la chair fraiche. Mais non ce n’est pas pour ça. A la limite c’est le seul de ses travers qui le rend sympathique.

    PS/ Pour Frêche aussi je ne suis pas d’accord, si ici (en LR) on l’aimait bien c’est parce que malgré sa mégalomanie, son franc-parler et son clientélisme (qui ne lui servait d’ailleurs qu’à se maintenir au pouvoir pour redresser un territoire très abimé par Blanc et Cie…), il se bougeait le cul pour parler vulgairement.

  2. burp

    Berlusconi est détesté pour d’autres raisons, bien plus grave, que son attitude envers les femmes…cela reste extrêmement anecdotique.

  3. Khisanth

    Ferais-je parti de l’élite ?

    Je n’aime pas Berlusconi parce qu’il use et abuse de son pouvoir pour nettoyer derrière lui, parce qu’il censure les médias qui ne sont pas pour lui et que les avis divergents sont chassés de la télé publique…. Ca me rappelle quelqu’un de proche et pas bien grand, que j’aime tout autant…
    Après, je dirais que son rapport aux femmes ne fait qu’en rajouter une couche, mais encore, surtout parce qu’il les installe à des postes importants. Ici ce n’est pas vraiment mieux, même si au moins on place des « gens du métier ».
    Pour Bush, c’est un peu pareil, ce n’est pas son puritanisme à lui qui m’exaspère – c’est leur culture – mais plutôt son côté l’Amérique d’abord en tant qu’étranger qui sait à quel point ce positionnement peut être dangereux (et on en a eu la preuve).
    Sinon, il y a aussi Poutine qui exaspère pas mal et rentrerais aussi facilement dans ce billet. Et là encore, parce qu’on le regarde avec notre prisme « occidental ».
    Bref, les peuples de la Terre unis sous une même bannière c’est pas encore pour demain ^^

  4. Je pense que ses alliances successives avec l’extrême droite et les procès qu’il traîne pour corruption ont beaucoup plus contribué à son image international que son penchant pour les belles femmes.

    Tout comme Bush est surtout détesté pour sa guerre en Irak basée sur des mensonges plus que pour ses positions conservatrices.

  5. Sur ce coup là je ne suis pas trop.
    Les perpétuelles magouilles du cavaliere, les mélange des genres médias/politique, le fait qu’il s’allie avec l’extrême droite, il est plus critiqué pour ça. Tu parles plus des télégrames des diplomates US là ;)

  6. Busta

    Moi ses coucheries (si on a dsk hein que je soutiens on en aura quelques une :p ) je m’en fouts..
    Par contre si il représente son peuple pour ses accords avec l’extreme droite, ses excès de langage on va dire ça comme ça.. sur obama, hitler ou mussolini réccurrents..J’ai beau voir des supporters italiens en foot très cons je ne pense pas qu’ilss représentent la majorité (on en a aussi en fr)..
    Et bien sur je ne parle pas de ses soucis avec la justice où c’est plus toni soprano que l’italien moyen (a mon avis)
    Donc bon le coté du sud je suis bien placé pour connaitre et j’en fais partie, pour le reste heu et bien j’espère que cela ne réprésente pas l’Italie car je n’y suis jamais allé mais je compte bien me rattraper. Le coté du sud catho/macho/meuf je connais mais le reste … :/

  7. Cédric

    Désolé, mais c’est gentiment à côté de la plaque. Son rapport aux femmes n’est pas le principal problème qu’ont les italiens avec Berlusconi, bien loin de là.

  8. Idiocratos

    Je déteste entendre les critiques sur Berlusconi qui peuvent s’appliquer à la majorité des politiques. Chirac, on l’appelait « 3 minutes douche comprise » en parlant de ses nombreux plan baise ( http://libertesinternets.wordp.....t-pas-lui/ )
    Les magouilles de Berlusconi ? En France on vient de terminer avec Bettencourt et on embraye sur Karashi II, le retour. Le héros sauveur de l’humanité, vous l’avez reconnu je parle d’Obama, a été élu comme tous les présidents avec le concours de lobbys, la campagne coutant plus de 2 milliards. Ces lobbys, va bien falloir leur renvoyer l’ascenseur hein.

    Dès lors, associer Berlusconi à quelqu’un de pire que les autres – baiseur et magouilleur- me débecte. Berlusconi a été élu 3 ou 4 fois, il n’a donc pas que des défauts. Après ses qualités et défauts ne concernent que les italiens, pas les français. l’Italie est un pays ami, sans aucun doute le plus proche culturellement de la France et il faudrait un peu arrêter de se foutre d’eux en commençant par arrêter d’attaquer leurs dirigeants. J’ai un peu l’impression qu’on fait avec l’Italie ce qu’on a fait avec les belges au moment des blagues Coluche-pouet-pouet, on se donne un droit de se moquer, qui repose sur pas grand chose. C’est une mode et c’est très con.

  9. Idiocratos

    Je déteste entendre les critiques sur Berlusconi qui peuvent s’appliquer à la majorité des politiques. Chirac, on l’appelait « 3 minutes douche comprise » en parlant de ses nombreux plans baise ( http://libertesinternets.wordp.....t-pas-lui/ )
    Les magouilles de Berlusconi ? En France on vient de terminer avec Bettencourt et on embraye sur Karashi II, le retour. Le héros sauveur de l’humanité, vous l’avez reconnu je parle d’Obama, a été élu comme tous les présidents avec le concours de lobbys, la campagne coutant plus de 2 milliards. Ces lobbys, va bien falloir leur renvoyer l’ascenseur hein.

    Dès lors, associer Berlusconi à quelqu’un de pire que les autres – baiseur et magouilleur- me débecte. Berlusconi a été élu 3 ou 4 fois, il n’a donc pas que des défauts. Après ses qualités et défauts ne concernent que les italiens, pas les français. l’Italie est un pays ami, sans aucun doute le plus proche culturellement de la France et il faudrait un peu arrêter de se foutre d’eux en commençant par arrêter d’attaquer leurs dirigeants. J’ai un peu l’impression qu’on fait avec l’Italie ce qu’on a fait avec les belges au moment des blagues Coluche-pouet-pouet, on se donne un droit de se moquer qui repose sur pas grand chose. C’est une mode et c’est très con.

  10. Pingoo (Auteur)

    Les alliances de Berlusconi avec l’extrème droite, en Italie ça ne choque pas grand monde. Son rapport aux medias et les magouilles sont aussi très largement plus critiquées et commentées en dehors de l’Italie, qu’en Italie même.
    Il n’est pas rare que les émissions politiques, qui marchent, s’amusent à titiller l’image publique qu’il peut avoir, bien avant ses actes.

    Après je suis d’accord sur le fait que « ça n’est pas le problème », c’est justement l’idée de mon billet. Je pointe juste le fait qu’aujourd’hui, on parle plus de « Berlusconi et les meufs » que « Berlusconi et les media/partis d’extrème droite », comme on a pu faire avec le « Sarko et ses rolex » d’ailleurs.

  11. elmatador

    j’aime bien berlusconi, de plus quand on voit l’italie par rapport à la france, y a pas photo, tu peux trainer le soir ds une ville comme milan sans te faire emmerder par des bandes qui savent qu’en France ils peuvent faire tout ce qu’ils veulent car ils sont protégés. Tu peux dire que t’es fier d’etre italien sans te faire insulter de facho, l’italie ne perd pas sa culture et ne crache pas sur ses origines … bref vraiment pas photo!
    après berlusconi dit qu’il aime les femmes, là pareil, on est dans la demagogie totale, car si on demande à n’importe quel parent (de droite comme de gauche) si il préfère que son enfant soit homo ou hétéro, ça m’etonnerait qu’il réponde « homo ».
    la démagogie en france et ce fameux politiquement correcte est bien plus néfaste pour le pays que berlusconi pour l’italie

  12. Dandu

    Et qu’on se foute de la taille de Sarko, tu trouves ça constructif ? C’est une vraie question, vu que si on attaque Berlusconi sur les femmes, Sarkozy c’est sur sa taille.

    Et ils méritent tous les deux sur leur politique, pourtant

  13. burp

    Pingoo,de quels médias tu parles? tu as des exemples?

  14. Jeff

    Bon, je viens de te lire Pingoo, j’avais des réactions assez fortes, mais je crois qu’elles ont déjà été pas mal exprimées avant moi.
    J’ajouterai simplement que pour moi, un dirigeant politique se doit d’élever « son » peuple et non de s’abaisser à son niveau.

  15. Coco

    D’accord avec Jeff.
    Ce mec (pas Jeff :p) me débecte.
    Son manque de respect manifeste à l’égard du sexe faible (et encore, faut voir) est une honte pour son pays.

  16. Jeff

    Merci Coco ;)

    Up du jour : il est maintenu à la tête de la coalition…
    et meeeerde !

  17. archeos

    Ce qui est gênant, outre ce qui a déjà été dit, c’est le fait que cet homme qui contrôle 90 % de l’audience TV et une bonne partie de la presse italienne, se serve de ses aventures pour masquer ou éluder tout débat politique. Après, il mène la même politique que Sarkozy.

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