Auguste Renoir au coeur de l’intime

Renoir_Yole

Le Grand Palais présente 110 œuvres tardives du peintre et ceci jusqu’au 4 janvier 2010.

Si on devait qualifier la peinture de notre grand maître du jour, on pourrait dire qu’elle est une tendre caresse, pleine d’émois et de volupté. Un peintre qui regarde la vie, les gens avec amour, voilà ce qu’était Renoir à ce moment de sa vie. Sa façon de regarder les gens pour nous offrir le meilleur de chacun tient juste du génie.

Et ceci avec une simplicité qui touche le divin. Et quelle touche personnelle, que de faire passer la volupté et le désir avant l’érotisme. Et c’est ce point qui est le plus surprenant chez l’artiste, on le pensait un peu mièvre, d’une douceur angélique dans son expression. Ben, pour cette expo c’est totalement le contraire.

De la vie dabs ce qu’elle a de plus beau à donner.

Un peintre du quotidien qui regarde autour de lui; s’émerveille de sa famille, de ses amis, de la beauté des femmes. C’est cette direction là qui était la sienne dans les vingt dernières années de sa vie. Impressionniste? Il le fut un temps certes, mais on sent que ce n’était pas forcément sa passion.  Lui était un rebelle, il préfère suivre son propre chemin, rendre hommage à sa grande passion pour Raphaël, son hédonisme dans lequel l’amour fait des gammes à travers le corps de la femme.

L’anecdote la plus fun dans cette histoire étant quand même de savoir que c’est le grand Picasso qui ouvre le bal de cette expo avec sa Danse villageoise.

Une façon probable de faire un duo avec les Danses à la ville et à la campagne de Renoir. Pour ne pas tuer le suspense je vous laisse découvrir les autres effets de style du même genre.

Mais revenons à l’essence même de l’expo, la famille, ce paysage familier de notre peintre. Cette façon de nous faire découvrir son intimité. Intimité aussi dans les nus de Renoir, on l’on voit qu’il s’est laissé taquiner par Titien et Ingres. Pas d’académisme néanmoins. Plutôt un hommage à la peinture classique, à la tradition, où la couleur vibre comme la mémoire, comme le souvenir d’un corps de femme. Et pourtant le bonhomme a mauvaise presse, pas d’expo Renoir à Paris depuis 1985. Le spécialiste le pensant bon qu’à orner les boites de chocolat. Mais pour combattre l’injustice il faut toujours de grands redresseurs de tort, et les gens qui organisent cette exposition en sont. Nos amis américains aussi, car s’il est une chose à savoir c’est que Renoir est très aimé aux Etats-Unis.

Renoir conjugue l’amour et l’éternité, le désir et le plaisir, l’émoi et l’abandon. Comme s’il s’était laissé emporter par ses sentiments, la couleur explose dans un éclat presque aveuglant.

Renoir rappelle que la beauté ne peut être qu’excessive. C’est pour ça qu’elle provoque toujours.

Une véritable découverte ou redécouverte.

Pour le reste il est dommage que cette exposition hésite un peu trop à mon goût entre le thématique et le chronologique. Et c’est très bête de perdre le visiteur à cause de ça, car lui raconter une belle histoire aurait été nettement plus intéressant.

Mais pour rester sur une bonne note, la rotonde carmin où figurent 7 portraits de femmes, comme autant de péchés avoués.

Retombons quand même dans le malheureux pour finir, il est dommage d’avoir inclus des guests, car si Picasso c’est pas mal, il lui fait pas mal de tort au jeu des comparaisons mais le plus gros coup de poignard est quand même à mettre au crédit de Bonnard, avec son Coup de Soleil, qui est un grand uppercut en pleine face de Renoir.

Pointer vous dans la salle des paysages pour comprendre, à peine arrivé le spectateur est frappé de bonheur par l’œuvre de la pièce, cette œuvres aux verts splendides, rehaussés de touches mauves et jaunes. Et en s’approchant c’est le drame…

Bon il n’est pas possible d’en rester là dessus, alors il faut y aller, pour ce film où on voit notre peintre et Guitry en pleine discussion, il faut voir son joli chagrin à l’enterrement de Mallarmé et ses dessins sont quand même très beaux.

Une bonne exposition donc même si le bonhomme n’est pas un de mes peintres fétiches. Et surtout bien lire le sous titre de l’expo car point de Moulin de la Galette dans l’histoire.

2 commentaires
  1. « car si Picasso c’est pas mal, il lui fait pas mal de tort au jeu des comparaisons »
    cette phrase est magique.

    bon je retourne faire mes gammes.

  2. haaaaaa j’ai trop hate d’y aller ! j’ai acheté mes place pour le 7 novembre !!!
    Si c’est pas une honte ça : depuis 1985 ! J’avais un an ! Non mais je vous jure…

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