Soulages en noir et noir.

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La saison artistique battant son plein, Beaubourg va aussi faire sa rentrée en présentant dès mercredi 14 et jusqu’au 8 mars 2010 une gigantesque rétrospective de l’œuvre de Pierre Soulages. Rassemblant une centaine de pièces dont ses derniers polyptyques tout juste fraichement crées. (Un polyptyque est un ensemble de panneaux peints ou sculptés, liés entre eux, comprenant souvent des volets pouvant se replier sur une partie centrale).

S’il est une douce anecdote qui raconte la poésie de son œuvre, c’est lorsqu’il avait 9 ans, Soulages déclara que ce qu’il voulait faire quand il serait grand c’est de peindre la neige. Et même si son œuvre est plutôt noire, on est toujours dans une logique de non couleur. L’avouant d’ailleurs lui-même, « les couleurs ne m’intéressent pas » déclare t’il sobrement.

Une belle déclaration d’amour à sa très chère couleur noire.

Cette puissance exprimée, chez Soulages, qui est quand même considéré comme le plus grand représentant de la scène artistique française, celui dont les pièces pulvérisent des records, autant en salle des ventes que dans les cœurs.

Il faut dire que ce n’est pas immérité, et loin de là même, la construction de son œuvre dure depuis une soixantaine d’années, développant une œuvre puissante, unique, qui dépasse largement le cadre de la peinture.

Il travaille aussi bien la lumière que la peinture et l’acrylique. Proposant au final une véritable expérience physique avec la toile.  En 1947, déjà, l’artiste avait déjà crée l’événement, lorsqu’il débarqua au Salon des indépendants.

Son œuvre n’appartenant à aucune école même si son travail se rapproche de l’abstraction. Même si bien sûr aucun lyrisme chez lui. Ses toiles sont sombres, totalement dégagées du sujet, dominées totalement par le noir, composées de lignes droites, ou brisées mais néanmoins tracées de façons vigoureuses avec une large brosse.

Un travail produit avec de l’huile mais aussi au brou de noix ou encore au goudron sur plaques de verre.

Mais comme l’artiste est talentueux, sa peinture s’épure au fil des ans, approche la rigueur de l’art roman.

Son geste est de plus en plus ample, ses toiles de plus en plus grandes.

Dans les années 1960, il abandonne le pinceau pour la spatule et le couteau dont il écrase la matière ou dont il se sert pour faire un grattage du noir afin de révéler des couleurs enfouies aux abords de la toile.

Et c’est en 1979, l’année de sa révolution. Lors du ratage d’un tableau, il partit se coucher en laissant tout en plan, et c’est là à son retour qu’une révélation lui sauta aux yeux : ce n’était pas le noir qui faisait l’œuvre mais les reflets de la lumière sur les surfaces. La naissance de son « outre-noir ».

Cette technique poussant le peintre à recouvrir ses toiles d’une épaisse couche de peinture noire tout en variant les modes d’application. Une façon de faire danser la lumière de ses œuvres.

Une valeur en hausse.

Tout artiste a eu sa période un peu moins glorieuse, et c’est le cas aussi de notre homme du jour, assez longtemps son œuvre s’est vendue pour une bouchée de pain alors que ses homologues anglo-saxons atteignaient des sommes considérables. En juillet 2006, un tableau estimé à 300 000-400 000 euros s’est vendu 1 199 200.

En décembre dernier, malgré un marché de l’art en crise, une de ses œuvres a atteint un autre record. Un grand tableau estimé entre 800 000 et 1 200 000 euros est parti pour 1 520 750 euros.

Ces deux œuvres avaient été réalisées entre 1956 et 1959.

Sa période la plus recherchée donc la plus onéreuse.

Une raison de cet engouement est probablement le traitement de la lumière qui est incroyable.

Sa période outre-noir étant plus abordable si vous voulez investir : à partir de 40 000 euros et jusqu’à 300 000 euros.

Et si votre budget est plus serré, direction les papiers, pour 15 000, il est possible d’en acquérir certains.

Et si votre porte monnaie est encore en nage à la vue de ces sommes, il reste des lithographies tirées à 50 exemplaires pour 2000 euros.

Sinon rien en dessous sauf le prix de l’exposition qu’il ne vous faut pas rater tellement c’est sublime et original.

4 commentaires
  1. Sinon, on peut prendre un tableau, le barbouiller de noir (quand même, on fait des lignes avec des rouleaux, et de gros pinceaux larges) et c’est bon. Après, on imite sa signature, ou alors on dit qu’elle est en bas à droite, mais qu’elle est noire. Et hop! On doit pouvoir s’en tirer pour le prix d’un chassis et de récup dans le garage de papa.

    Sinon, il y a une expo de lui au Louvre, aile Sully, au deuxième étage à gauche.

  2. perico

    On ne m’enlèvera pas de l’idée que ce genre d’art, c’est du foutage de gueule

  3. carlitablog (Auteur)

    sycander au Louvre ce n’est pas un expo de lui, juste un happening où on lui à demandé de poser un tableau à lui et Perico il ne faut pas confondre Art contemporain de merde avec des trucs qui ont un peu plus d’expérience. Et Soulages pourtant au début c’était pas ma tasse de thé et je pensais la même chose que toi mais après avoir vu l’expo
    Ce truc là ce n’est pas à la portée de n’importe qui. Après ce que font les marchands d’art de tout ça c’est autre chose

  4. En fait je plaisantais sur une salle en travaux où ils ont peint grossièrement tout en gris.
    Ce qui est intéressant chez Soulage, c’est son travail sur les vitraux de l’abbatiale de Conque. Après niveau peinture… Ben, c’est en correspondance avec notre société.

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