Chanson 1 : Beethoven

Dire que ce résultat est pour moi, avant coup,  totalement rocambolesque n’est qu’un doux euphémisme. J’avais bien joué à deviner qui allait se classer en numéro un et il faut dire que dans mes 20 choix il n’y avait pas celui là. Je pense que si j’avais poussé le vice à en noter 500, il n’est pas certain que ce titre en fût tout autant. Mais bon, après coup, aucun problème et surtout un plaisir immense. Non pas que les Beatles ou Michael J. ne méritait pas cette place, mais bon comme dirait l’autre, on en est loin là. D’autant que ma joie est double sur cette affaire, d’une qu’il y ait un morceau classique dans votre top 10, de deux que cela n’ai pas été avec Mozart.

Si pour le choix de l’interprète ne souffre pour ma part d’aucune contestation, il ne me semble pas que ce morceau soit son meilleur, mais ceci est du détail et surtout une affaire de goût.

Donc la cinquième de Beethoven est indubitablement la plus illustre et la plus influente des symphonies jamais composées.  Sa grandeur très particulière provient de la combinaison de plusieurs facteurs, son unité, sa concentration organique, son énergie rythmique et le sentiment que l’on éprouve de passer de la tragédie au triomphe. Ce dernier aspect est clairement marqué au plan tonal où le sombre do majeur du premier mouvement est opposé à l’ardent do majeur du finale, mouvement fréquemment évoqué entre les deux mouvements.

Une façon de montrer qu’il n’y a pas que le sexe d’orgasmique.

La conclusion lugubre du scherzo est reliée au début du finale par un crescendo nomade mais finalement inexorable. Il n’est pas pour rien que chaque parcelle de cette œuvre a été examinée et imitée par toutes les générations de compositeurs qui ont suivies.

L’équivalent du big bang universel mais pour la musique.

Dans ces interprétations, il en est une qui d’après les spécialistes ressort du lot : celle de Carlos Kleiber.

Il existe une tradition d’interprétation puissantes et colorées de cette œuvre emblématique, mais le dynamisme intense de Kleiber possède une telle flexibilité que les interprétations précédentes, fondées sur le volume sonore, la monumentalité et l’énergie, paraissent manqué d’imagination et de subtilité. Depuis les crescendos rapides et implacables des cors et instruments à vent au début du premier mouvement, jusqu’à la vulnérabilité et à la tension mélodique évocatrice du deuxième mouvement et du finale, cette interprétation maintient tout son éclat et sa variété ; une façon de monter son appartenance à une tradition qui encourage les musiciens à tutoyer le paradis.

Merci à vous donc encore une fois, pour ce choix, pour avoir voté par centaines et pour vos encouragements et commentaires divers et variés.

En espérant que le prochain classement aura autant de succès que les précédents.

Et si vous avez des envies n’hésitez pas à me le dire sans aucun problème.

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