Cinéma : The Informant

Le pitch :

Quelle mouche a donc piqué Mark Whitacre ? Pourquoi un des cadres supérieurs les plus brillants du géant agroalimentaire Archer Daniel Midlands (ADM) décide-t-il soudain de dénoncer les pratiques de sa société et de devenir le chevalier blanc du consommateur ? Se prend-il pour un justicier ? Un héros ? Espère-t-il une médaille ou la reconnaissance éternelle du bon peuple ?
Avant d’obtenir tout cela, Whitacre va devoir fournir au FBI des preuves concrètes des manoeuvres illicites d’ADM. Porter un micro, jouer les agents secrets… L’ennui, c’est qu’il a
tiré lui-même des profits non négligeables des dites manoeuvres, et que son témoignage, pour le moins… fluctuant, risque fort de compromettre le travail des enquêteurs. Peut-on se fier à cet homme à l’imagination galopante? Y a-t-il la moindre parcelle de vérité dans ses allégations ?

S’il est une réalité plus que tangible c’est que j’adore le processus de création de Steven Soderbergh.

Et une fois de plus c’est avent un réel talent que cette œuvre a été produite.

Ce cadre loufoque, escroquant joyeusement son entreprise, avec la totale complicité involontaire de nos amis du FBI, est quand même une idée follement hilarante. Mais ce n’est pas que ça non plus, car si on analyse le truc un peu plus, on s’aperçoit qu’il y a aussi de la férocité dans l’air.

Et pourtant rien d’original dans ce personnage là, le mythomane-affabulateur, qui est quand même récurent dans les productions cinématographiques de notre époque. (L’Adversaire de Nicole Garcia en est un parfait exemple). Et malgré cela, on s’y attache, la façon talentueuse et détachée de l’interprétation de Matt Damon, n’étant bien sûr pas du tout étrangère à cet état de fait.

Et c’est cela la grande force du film, cette façon de montrer comment cet homme, pour réparer un destin pitoyable, se transforme en machin de guerre du mensonge. Et c’est cette folie qui fait qu’on s’attache tant à ce personnage. Car oui, contrairement à chez nous, nos amis d’outre Atlantique, rendent ce genre de type, fort sympathique. Alors que chez nous, un mythomane est quand même plutôt un sale type. Un telle transgréssivité dans les actes et dans les propos étant c’est vrai un délice. Ne voir aucune culpabilité chez cet homme est tout bonnement incroyable.

Déjà un bon point que cette articulation autour de cette histoire et de ce personnage. Mais comme il faut des détails qui fassent la différence, j’aime aussi ce film pour sa bonne idée, faire dotation à ce personnage d’une voix off pendant le film est quand même un sacrée bonne idée en plus d’être une poilade intersidérale. Une sorte de quitte ou double dans le délire et la folie. Car la frontière entre la superbe idée et l’idée la plus ridicule de l’histoire du cinéma n’était pas si loin.

L’atmosphère du film étant aussi un atour majeur pour qu’il se fasse aimer, cette ambiance seventies, autant dans les décors, l’ambiance et la musique est un plaisir sucré.

Une comédie à l’ancienne donc qui n’est pas inutile pour ne pas oublier comment c’était avant.

Et puis Matt Damon est quand même un magicien, mais ça on le savait tous déjà non ?

Bon pour être pas trop enthousiaste sinon ça va être louche, des fois il est vrai que c’est le bordel à force de trop vouloir y mettre d’ingrédients mais rien de grave bien sûr.

Donc oui c’est un film qu’il faut aller voir, drôle et surtout très réjouissant, un genre de truc qui ne fait pas de mal en cette période un peu compliquée.

Ps : Il n’est pas inquiétant de trouver ce film nul car c’est quand même une sorte d’OVNI…

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