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Après la rentrée littéraire, la rentrée artistique et déjà le vainqueur de l’année.

Je ne vois pas comment on va pouvoir faire mieux que cette exposition du Louvre : Titien, Tintoret, Véronèse : Rivalités à Venise.

Déjà qu’en temps normal, le Louvre c’est juste le truc qui définit le mieux le beau, mais là avec cette expo en plus on est dans l’extase, le beau le plus absolu et le plus parfait.

Si on replonge dans l’époque, on va se rendre compte que le leader, celui qui tenait le haut du pavé était Titien, Véronèse et Tintoret étant plus des admirateurs. Même si une forte jalousie se mêlait à cette admiration. C’est donc dans ce contexte que le Louvre nous présente la confrontation entre les œuvres somptueuses et magistrales de ces trois maîtres vénitiens du XVIe siècle.

Si on analyse encore plus le cadre des cette période de l’histoire, on se rend assez vite compte que nos 3 compères étaient quand même de sacrés veinards. La période étant fastueuse,  l’aristocratie du lieu se battit allégrement pour décorer au plus beau les murs de leurs demeures.

Et dans ce contexte c’est open bar pour nos 3 amis.

D’abord Titien (1488-1576), peintre officiel de la République, ne rechigne pas à travailler les riches propriétaires.

Véronèse (1528-1588) et Tintoret (1518-1594) apprenant beaucoup de l’expérience du maître. Et comme souvent le but de l’élève étant de surpasser le maître, on imagine assez aisément comment une émulation de ce genre peut faire montrer l’ensemble à un niveau rarement atteint.

Et c’est le résultat de ce combat que nous montre cette exposition. Comment la compétition entre ces trois géants à élevé le niveau à un stade si proche de la perfection.

86 tableaux comme preuve de cette affirmation.

Il suffit de voir la liste des musées préteurs pour se rendre compte de l’universalité de ces tableaux : Louvre, Prado, Birmingham, New York et bien évidemment Venise.

La présentation que nous fait le musée de cette exposition est assez classique, un parcours à la fois chronologique et thématique.  Les toiles se complètent pour mieux s’opposer.

Titien dans son rôle de leader. Tintoret le dynamiseur de l’ensemble et le talent à l’état pur de Véronèse.  Perso, ma préférence est pour Tintoret néanmoins. Pour se faire une idée, porter une attention particulière sur les variations d’un même tableau entre les trois maîtres.

Du moins si on ne compte que ces trois là, car pour une raison de place ou de notoriété s’il n’y a que ces trois noms à l’affiche, il faut savoir qu’ils n’étaient pas seuls.

Bassano, Palma le Jeune, Domenico Tintoretto étant aussi de la partie.

Et si on les intègre, Bassano devenant largement mon favori.

Donc oui cette exposition est magnifique, ces portraits, ces grands nus féminins ou ces scènes bibliques sont à ne pas manquer. La maîtrise de l’art du reflet pour l’un, l’autre inventant l’art du clair obscur monumental, osant faire glisser le symbolisme vers le naturalisme.

La mise en scène est très professionnelle. Cette façon de monter les portraits pour montrer au public comment ils se sont copiés les uns sur les autres est une idée fabuleuse.

Ils se sont d’ailleurs tellement inspirés les uns des autres, que il a longtemps été difficile d’attribuer facilement la vraie paternité des toiles.

Il n’y a pas que sur les portrairas que la lutte a existée, dans le thème du sacrée aussi il y a eu un beau combat. L’introduction du profane dans ce sacré a commencé ici.

L’introduction d’un chien par-ci, d’un enfant par-là…

Et ne parlons même pas des vraies extravagances : un christ se mélangeant avec une famille purement vénitienne. Une sorte d’OVNI picturale.

Véronèse, ayant d’ailleurs du s’expliquer pour ses tentatives assez originales.

Sa réponse étant quand même sublime : « Sil reste de la place dans un tableau, je l’orne de mon imagination. Nous les peintres, nous accordons la licence que s’accordent les poètes et les fous ».

Pour le mauvais côté des choses, c’est que si cette rivalité était plutôt bon enfant, la rivalité côté bizness était moins belle, et oui le pognon était aussi source de n’importe quoi à cette époque aussi.

Les coups bas étaient de rigueur aussi.

Le clou du spectacle, puisqu’il y en a toujours forcément un, c’est cette salle entière consacrée à des représentations de saint Jérôme où les artistes rivalisaient d’expressivité la plus pure.

De toute façon au final il y a un total match nul, puisque le but de chacun avait été  de rechercher l’immortalité, le résultat de l’expo nous montrant que le combat est largement gagné.

Vous l’aurez compris et que vous aimez l’art où pas, il faut y aller c’est somptueux.

Et si vous avez un peu d’argent à dépasser, le catalogue de l’expo mérite largement son investissement de 42 euros.

le 21/09/2009 à 20:24 | 6 commentaires
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Lire aussi : Pingouine du 04/02/2011 : Sainte Venise


Nam le 21 septembre 2009 à 21:39

Où peut on trouver ce fameux catalogue ?

carlitablog le 22 septembre 2009 à 0:05

ben dans toutes les boutiques qui vendent des livres d’art

MartyMacBrown le 22 septembre 2009 à 18:06

Bin bin bin. Je m’attendais à tout sauf à ce qu’on parle des peintres Italiens de la Renaissance sur ce blog. Et c’est pour ça que j’aime cet endroit. Parfois. Haha.
Bon, l’histoire du Tintoret ainsi que l’évolution vis à vis de son maitre est tout bonnement fascinante. Et je recommande à quiconque personne ayant une heure à perdre de s’y pencher sérieusement.
D’ailleurs si un riche donateur ne sait pas quoi faire de 42 € qui traine dans son porte monnaie… bin bin, je vais pas faire de dessin. Noël c’est bientôt. Et j’ai été sage cette année. :)

Otolia le 22 septembre 2009 à 18:31

Euh dans ton post tu ne cites pas les musées florentins qui hébergent une bonne partie de l’oeuvre de Titien et de Véronèse (pour Tintoret, je ne sais pas), je présume que doit y en avoir quelques uns.
Espérons que le Louvre ne me taxe pas tout mon maigre budget étudiant alloué à la culture …

carlitablog le 23 septembre 2009 à 0:35

marty chiche send me ton adresse dans ma bal carlitablog@hotmail.fr
sinon sms : 0650682278
J’ai un côté père noël parfois

MartyMacBrown le 23 septembre 2009 à 1:12

Oh my god.

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