sleeping beauty (6)

Il était une fois, une princesse sur le berceau de laquelle les fées s’étaient toutes penchées pour émettre voeux de bonheur et douces prophéties. Toutes, non, enfin vous connaissez le topo, celle que l’on a oubliée se vexe et annonce qu’à 16 ans la princesse mourra.  Une dernière fée transforme la malédiction en somme de 100 ans et bla bla bla.Rien de transcendant jusque là.. Jouer sur ce conte mielleux au possible pour signer une belle œuvre érotique semble déjà assez ambitieux, mais alors trois, on dépasse le stade du fantasme pour entrer dans l’arrogance pure et dure!

sleeping beauty (7)

Seulement voilà, derrière Anne de Roquelaure, se cache une auteure qui a l’habitude d’accrocher les foules, Anne Rice.  Sa trilogie, Les infortunes de la Belle au bois dormant a l’ingéniosité de commencer à la fin du conte et tâche de répondre à la question que tout le monde se pose: « mais qu’entendent-ils vraiment par vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ».

sleeping beauty (5)

Et après la lecture, on comprend pourquoi on abrège la chose pour les enfants. Il s’en passe de ces choses! D’abord, le prince ne réveille pas du tout la princesse avec la Disney touch. Ensuite, elle ne s’assoit pas du tout sur le cheval comme dans le dessin animé. Enfin, je ne savais absolument pas que l’on faisait les enfants de cette façon, je sens que je vais être mère d’une famille très nombreuse.

sleeping beauty (8)

Plus sérieusement, je repense toujours à cette scène du réveil avec un émoi particulier. C’est le premier passage érotique que j’ai lu. J’étais beaucoup trop jeune pour que l’on accepte de me le vendre et je tremblais en passant à la caisse, imaginant déjà la honte si jamais l’on me demandait ma carte d’identité. Je suis d’ailleurs rentrée chez moi en courant, les livres sous mon pull. Plus tard c’est sous la chemise de nuit qu’ils me suivront dans la salle de bain où laissant l’eau refroidir, j’ai presque dévoré un tome entier.

sleeping beauty (1)

La vérité, qu’on ne vous dit pas dans les autres livres, c’est que si le prince, se prend la tête (et probablement tout le reste) dans une forêt entière et dense de ronces, d’orties et autres joyeusetés, c’est qu’il a plutôt de bonnes raisons de le faire. Par exemple, entrer en possession de tout le Royaume et avoir la possibilité de faire de la jeune princesse Tsétsé une esclave dévouée. Pour ça je crois que moi aussi j’irais gambader dans les mauvaises herbes.

C’est ce dernier point qui explique la séparation en trois tomes. Madame Anne va nous faire suivre tout le parcours d’une jeune première de l’amour, au plaisir, à la douleur pour finir comme il se doit par arriver à nouveau au plaisir.

sleeping beauty (4)

Dans « l’initiation« , elle raconte les péripéties de la princesse dans son nouveau château et la découverte des mœurs plus qu’étranges de ses habitants. Ce sont des centaines de princes et princesses qui servent en tribut pour leur propre royaume à assouvir les désirs de cette cour de privilégiés. Malheureusement pour notre petite jouvencelle, l’apprentissage de l’obéissance est un long chemin et la princesse se retrouve bannie du château.

sleeping beauty (3)

C’est le sujet de « La Punition » où la princesse est vendue aux enchères dans ce que tous appellent en frissonnant  le « Village ». Vous l’imaginez bien, on y fait moins dans la dentelle qu’entre gens de la haute…

sleeping beauty (2)

On pourrait se dire, magnanime: « bon allez, elle a peut être eu assez de fessés là » mais décidément, la Belle est surtout la Vilaine. Dans « la Libération« , la voilà embarquée, kidnappée vers les contrées inconnues de l’Orient, pour aller engrosser le harem d’un Sultan tout aussi friand de douloureuses jouissances.

Du début à la fin, c’est beau, filée d’une écriture douce (et d’ailleurs bien traduite en français aussi) et ça reste irrésistiblement excitant.  La de Roquelaure sait faire monter sa mayonnaise et de la même façon qu’un film porno qui se respecte, les scènes deviennent chaque fois plus osées et trouvent toujours de nouvelles frontières à transgresser. Le charme et le classieux en plus.

Je possède la version poche cheap (tout à fait jolie mais assez difficile à trouver), cependant,  il me semble que celle dont je vous ai passé les liens, ferait un superbe cadeau pour débuter un boudoir ou dérider un lecteur trop sérieux.

sleeping beauty

N »hésitez pas à me dire ce que vous en penserez.

P.S.En tapant sexy Sleeping beauty que google, pour illustrer mon article, j’ai découvert un style de fétichisme que je ne connaissais pas sur internet, vous aimez?

P.P.S. la suite du cartoon ici.

le 21/09/2009 à 18:21 | 2 commentaires
Tags : |
Lire aussi : L’enfer de Lola : Le paradoxe de Lolita


devil13 le 22 septembre 2009 à 9:27

ben les commentaires des lecteurs sur Amazon sont très partagés, on aime ou on n’aime vraiment pas …
j’hésite …

Lola le 23 septembre 2009 à 9:25

devil13: dis-moi ce que tu aimes lire je te dirais si c’est pour toi !

Nom: 
Email: 
URL: 
Commentaire: