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Le pitch :

Dans Paris occupé par les allemands, l’ouvrier poète Missak Manouchian prend la tête d’un groupe de très jeunes juifs, Hongrois, Polonais, Roumains, Espagnols, Italiens, Arméniens, déterminés à combattre pour libérer la France qu’ils aiment, celle des Droits de l’Homme.
Dans la clandestinité, au péril de leur vie, ils deviennent des héros.
Les attentats de ces partisans étrangers vont harceler les nazis et les collaborateurs. Alors, la police française va se déchaîner, multiplier ses effectifs, utiliser filatures, dénonciations, chantages, tortures…
Vingt-deux hommes et une femme seront condamnés à mort en février 1944.
Dans une ultime opération de propagande, ils seront présentés comme une Armée du crime, leurs visages en médaillon sur un fond rouge placardés sur les murs de toutes les villes du pays. Ces immigrés, morts pour la France, entrent dans la légende.
C’est cette belle et tragique histoire que raconte le film.

Un film grave et émouvant. Il retrace l’épopée du réseau Manouchian pendant la dernière guerre. Un ensemble passionnant.

Ce qu’il y a déjà de bien, et c’est un fait assez rare pour ne pas être souligné, ici les grands, les vedettes, ne sont Ascaride et Darrousin qui ne sont pas, dans ce film, les rôles principaux mais les seconds. Cette gloire revenant à l’escouade de jeunes acteurs emmenés par Simon Abkarian (un délice exquis) et Robinson Stevenin.

Un bon point donc à mettre au crédit de Robert Guédiguian, qui produit ici une fresque historique, loin de ces œuvres intimistes habituelles. Et pourtant cet état de fait est totalement paradoxal puisque il s’agit probablement de l’œuvre la plus intimiste du cinéaste. Son histoire personnelle est quand même super proche de celle du héros de ce film.

Son père se faisant probablement massacrer à l’occasion du génocide arménien de 1915 en Turquie. Le héros de notre film du jour, ce poète ouvrier, chef de tête d’un important réseau de résistance qui tomba aux mains de la police française, finissant fusillé avec 22 de ses camarades. Même combat assurément.

C’est donc le destin de cet homme qui est raconté ici, cet amoureux de la France autant que de la liberté, réfutant tout idée de faire couler du sang, et qui pourtant accepte de diriger un groupe de résistants mêlant un panel de nationalité aussi large que possible.

Tous se lancent dans la bataille avec un courage sans faille, la jeunesse fougueuse très certainement. Multipliant les exécutions ou les sabotages, prêts à mourir pour un pays qui n’est pas le leur mais qui a su les accueillir.

Et ce qui fait que ce film est sublime, c’est qu’il s’intéresse plus à la vie de ces hommes que de leurs actions.

La vision de ce Paris populaire est aussi une bonification pour l’atmosphère du film. Voir cette solidarité de l’époque, fouille l’âme humaine dans ce qu’elle a de plus beau comme de plus abjecte.

La prestation de son acteur principal porte ce film encore plus haut sur l’échelle de la perfection.

C’est spectaculaire et soigneux.

Et ce message, cette idée de la France que convoque Guédiguain. De ce pays de liberté, d’égalité, de fraternité, hier encore perçu comme un phare pour tous les damnés de la terre.

Une assez bonne leçon en cette période troublée de notre existence.

Une des routes qui va nous conduire vers le mieux?

Un film sublime, indispensable et c’est quand même sacrément bon.

Peut-être, et c’est souvent le petit défaut de ce genre de film, un petit peu trop propre pour le classer dans la catégorie « chef-d’œuvre ».



zapator le 21 septembre 2009 à 14:41

Notons tout de même la dimension partisane du film qui glorifie l’action de ces jeunes Communistes, réalisé par un Communiste, et qui adopte un point de vu contestable sur l’Histoire.

Pour mémoire, la réalité du pacte Germao-soviétique est ici totalement éclipsé, et surtout le rôle de l’argentier du PC d’alors qui a probablement dénoncé l’action de ce groupe de jeune partisans aux allemands n’est pas établi (dans le film, alors que dans les fait, si).

Un peu trop manichéen et angélique, le film fait l’impasse sur tout ce qu’avait alors de sulfureux le point de vu des Communistes d’alors : amis du Nazisme un jour, principale et mortel ennemie le lendemain… Un revirement qui n’avait comme seul point de vu et comme seul intéret celui de l’Urss.

Nombres de communistes sont des héros de la Résistance, mais nombre d’entre eux aussi ont pris conscience une fois la victoire derrière eux de n’avoir été que des pions aveugle d’une puissance qui n’avait jamais eu en ligne de compte leurs intérets…

Même si cela ne remet pas en causes les qualités du film ni l’héroïsme fondamental de ses protagonistes, tout cela est un peu trop lisse a mon goût.

L’autocritique, l’Histoire et le Communisme sont des mots qui se conjuguent souvent mal…

carlitablog le 22 septembre 2009 à 0:08

je suis d’accord avec toi sur la véracité historique.
Pour l’oeuvre cinématographique par contre c’est indéniablement de très grande qualité

zapator le 22 septembre 2009 à 10:40

Certes ^^

reste le malaise que me laisse le propos du fond et qui, dans mon cas, arrive a éclipser les qualités de forme.

louise michel le 22 septembre 2009 à 11:47

Il faut savoir que le PC est interdit en 1939, que ses principaux dirigeants sont arrêtés, et la résistance communiste se met en place dés la capitulation, avec la difficulté que l’on peut imaginer et c’est prouvé par l’accès aux archives aujourd’hui que le PC n’a pas donné le groupe.

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