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Si on devait faire un top 3 des icônes de l’imagerie populaire, il est une certitude, c’est que notre héros du jour y serait présent. C’est pourquoi, et malgré mon peu de goût pour ce musée, il était une bonne occasion de me rendre à l’exposition Tarzan du Musée du quai Branly. Cette expo explore les origines et interroge les différents angles de la nature de Tarzan.

1)       En tant que personne humaine

2)       En tant que mythe.

Le contexte fortement écologique de notre période réhabilite notre héros, tant lui aussi était un héros de la défense de la nature. Il suffit de porter une forte attention aux films, bandes dessinées et autres supports faisant honneur  à notre homme du jour pour s’apercevoir que sa réputation sur le sujet n’était pas usurpée. Petit bémol néanmoins, la large production sur Tarzan avait une valeur inégale en fonction de l’inventeur du support, l’imaginaire collectif et la vision lointaine de l’Afrique était si différente de la vision sur place. C’est ça qui fit que d’un côté on avait notre Tarzan, un homme léopard accoutré de peaux de fauves, présence de guerriers aux faciès cannibalesques, villages reproduits d’après des reconstitutions et ceci sans compter sur les danses sauves et guerrières, une sorte de vision coloniale de l’Afrique en quelque sorte. Mais pour un autre côté c’était plus réaliste et surtout réel, une représentation ethnographique de ce continent. Des Zoulous, Masaïs et Kikuyus viennent se montrer.

Et c’est ça le vrai dans Tarzan, un brassage culturel immense.

Même si, et il ne faut pas le nier, il a contribué à l’avènement universel de faire de la peau de félins, un signe distinctif de la sauvagerie. Pas un roi africain qui ne soit pourvu aujourd’hui de sa peau de léopard. Pour le fun il est quand même à noter que le côté « fauny » est aussi présent du côté charnel de la chose. Une façon à cette peau de léopard de rejoindre la chemise hawaïenne, cet autre symbole de l’Eden évadé.

Une autre façon d’appréhender l’Afrique de Tarzan est un autre angle de cette exposition.

Penser l’Afrique comme un lieu imaginaire où se joue le travail du héros plutôt que de pourchasser des traces extrêmement ténues d’exactitudes ethnographique.

Tarzan en porte parole de réflexions qui dépassent l’Afrique, voici un discours moderne, intelligent et surtout très réaliste tellement le contraire est supra contestable. Il nous faire nous interroger sur les rapports des hommes entre eux, des hommes face à la nature, sur la frontière entre primitifs et civilisés…

Une façon de penser et de s’interroger que n’aurait pas renié Rousseau.

Tarzan infléchit de façon subversive notre regard trop logique sur cet Afrique. Une forme de transgression forcément admirative. Et si au final Tarzan n’était pas un Adam pour les non croyants.

Tarzan, cet icône écologiste, amant de la nature, ami des bestioles, justicier des hommes. Une façon habile de repousser les clichés malgré les apparences.

Et puis c’est une belle façon de nous montrer le pourquoi et le comment de la naissance d’un mythe.

Naissance qui ne tombe jamais sur n’importe qui et n’importe comment.

Et dire que cette vision a quand même 90 ans.

Une exposition qui va nous sert à penser, à voyager, à frémir et bien d’autres sentiments est forcément, si ce n’est indispensable, une bonne façon de nous faire bouger les sens.

Bonne visite.

Tarzan

Du 16 juin – 27 septembre 2009



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