Cinéma : Antichrist

Le pitch :

Un couple en deuil se retire à  » Eden « , un chalet isolé dans la forêt, où ils espèrent guérir leurs cœurs et sauver leur mariage. Mais la nature reprend ses droits et les choses vont de mal en pis…

Bon alors que nous vaut ce film du tricardisé Lars Von Trier.
Notre douce Charlotte fille de. Est t’elle digne de son prix d’interprétation féminine à Cannes?
Et cette interdiction aux moins de 16 ans?

Un truc est certain, c’est que ce film-livre mérite largement qu’on s’y intéresse. Pour son côté dérangeant déjà, mais pourquoi donc cette violence si malsaine? Oui pourquoi.
Pourquoi cette oppression qui se mélange à cette fascination pour cette beauté qui va de l’arc en ciel au noir le plus obscur?
Car oui c’est là le paradoxe que nous offre, Lars mais aussi les deux faramineux acteurs qu’il met en scène. Il y a du pro-di-gieux là dedans c’est certain. Le niveau de la créativité dans ce film est objectivement un des trucs les plus rares qu’il m’ait été donné de voir au cinéma. L’atmosphère du film est aussi d’une prise totale sur le spectateur que nous sommes, le choc est même un peu trop violent dans sa réussite à nous faire basculer. La perte n’est largement pas nulle du tout et même si c’est le but la force a été mal mesurée à mon goût. Mais bref là n’est pas l’essentiel. L’expression des sentiments pour faire vivre la tension du film est grandiose. C’est d’un renversant positif à n’en pas douter.
Après il est vrai que c’est probablement un peu trop, l’escalade de gore et de mauvais esprits est condamnable. Le côté pie qui jacasse est aussi énervant, un si beau film n’a pas besoin de tant de paroles. La facilité de certains chemins est aussi dommageable.
Et puis le plus chiant c’est quand même cette disparité entre ce début flamboyant et cette fin qui nous promène pour nous mener nulle part sauf dans un lac de frustration. Comme si le film avait été pensé en se tournant.
Du grandiose qui tutoie l’écœurement. Probablement à cause de l’effet miroir qui fait que chacun peut se confronter à sa raison et ses pulsions.
Le gros point négatif, et ce n’est qu’une interprétation personnelle, c’est le côté louche de la chose car je ne suis pas certain que Lars ne fasse pas passer un peu de sa perversité là dedans. Mais bon peut-être que c’est juste la mienne :)
Et puis je lui pardonne si c’est une façon d’aller mieux pour lui, car forcément un type qui produit un film pareil est forcément atteint au moins un minimum.
Ce film est grandement inconfortable.

A voir aussi bien pour ses côtés positifs que ses côtés plus sombres. Même comme raconté plus haut j’ai un fort doute sur la sincérité globale du projet. De toute façon comme il y a la prestation de Charlotte et de son comparse Willem Dafoe.

Pour le reste c’est une arnaque si on n’y va que pour voir un film.

1 commentaire
  1. Je ne sais pas si on peut parler de perversité. Le sexe est toujours présent et souvent violent, et dans ce travail de deuil il a plus une valeur symbolique je trouve. ce n’est pas perturbant. En tout cas suis d’accord : c’est profondément créatif et maitrisé. ça mérite largement d’être vu.

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