Cannes 2009 : Nuits d’ivresse printanière

Le pitch :

Nankin, de nos jours, au printemps. La femme de Wang Ping le soupçonne d’infidélité. Elle engage Luo Haitao pour l’espionner et découvre ainsi l’amour que son mari porte à un homme, Jiang Cheng. C’est avec lui que Luo Haitao et Li Jing, sa petite amie, se jettent alors à corps perdu dans une folle équipée amoureuse. C’est pour tous trois le début de nuits d’ivresse suffocantes, qui égarent l’esprit et exaltent les sens. Un sulfureux voyage aux confins de la jalousie et de l’obsession amoureuse.

Un des films de la compétition qui me fascine le plus. D’un car le cinéma asiatique ne me laisse pas insensible et de deux car c’est le film qui ouvre la compétition officielle.

Lou Ye, le réalisateur est ce cinéaste qui avait subi la rigueur chinoise lors de sa prise de position suite à la répression sur la place Tienanmen dans un de ses précédents films : « Une jeunesse chinoise ». 5 ans de punition rien de moins. Interdit de faire son métier. Ce film est donc son retour, et quel retour.

Ce film intimiste, qui ne parle que d’amour entre deux hommes et une femme. Une sorte de Jules et Jim des temps modernes. Influence non neutre d’ailleurs d’après les aveux de l’auteur. Même si ici c’est la relation homosexuelle qui est présentée comme le fil conducteur de ce film. Les corps sont super présents, les scènes de ces hommes faisant l’amour sont nombreuses même si l’affichage des sentiments est aussi largement montrée. Les scènes de jalousie sont divines.

Le fait aussi, est que malgré la puissance des sentiments, ce film reste dans un intérieur profond, et ceci au sens propre (le décor du film est partiellement montré), comme au figuré ( ces évasions de sentiments sans psychologie trop profonde).

L’utopie de cet amour à 3 que n’aurait aucunement renié André Breton est un des délicats moments de ce film qui est un petit bijou. La sensibilité qui s’en dégage est forcément pénétrante.

Une très bonne note pour ce film totalement amoral.

Et pourquoi pas la Palme d’or?

1 commentaire
  1. jipe

    Marrant, j’ai comme une forte impression de déjà vu mais je ne rappelle plus du titre du film

Laisser un commentaire

Laissez un commentaire