Cinéma : Coco avant Chanel

Le pitch :

Une petite fille du centre de la France, placée dans un orphelinat avec sa sœur, et qui attend en vain tous les dimanches que son père vienne les chercher.
Une chanteuse de beuglant à la voix trop faible, qui affronte un public de soldats éméchés.
Une petite couturière destinée à refaire des ourlets dans l’arrière-boutique d’un tailleur de province.
Une apprentie-courtisane au corps trop maigre, qui trouve refuge chez son protecteur Etienne Balsan, parmi les cocottes et les fêtards.
Une amoureuse qui sait qu’elle ne sera  » la femme de personne « , pas même celle de Boy Capel, l’homme qui pourtant l’aimait aussi.
Une rebelle que les conventions de l’époque empêchent de respirer, et qui s’habille avec les chemises de ses amants.
C’est l’histoire de Coco Chanel, qui incarna la femme moderne avant de l’inventer.

Enfin un biopic où le personnage n’est pas raconté dans sa vision la plus populaire mais dans sa vie d’avant, celle qui a précédée la plus glorieuse. Donc que vaut cette Gabrielle, sans les paillettes, sans l’ombre de Karl, sans son magasin de la rue Cambon?

Pour ma part le résultat est excellent, même si je n’avais aucun doute car le talent d’Anne Fontaine n’était pas un secret.

On sait tous que ce qui fait la réussite première de ce genre d’œuvre est la prestation de l’acteur qui incarne le personnage central du film. Et ici la réussite est superbe, Audrey Tautou est une fantastique Coco, mixant fragilité, spontanéité et subtilité. C’est fin et délicat, la ressemblance physique est étonnante et son jeu alternant les variations est une partition exquise. Et que dire de la prestation au firmament du talent de Benoit P., et même si j n’avais aucun doute sur le génie de ce type, il atteint ici une performance ahurissante. Si on ajoute à ça une ambiance de l’époque subtilement retranscrite, des dialogues percutants, des personnages secondaires en osmose avec le reste, on devine aisément que ce film est une réussite. Et si fallait un ingrédient de plus pour vous convaincre d’y aller, c’est cette liberté dans la narration prise tout au long du film. Après il est certain que cela manque un peu de panache, une prise de risque « momolle », ce manque de force est très dommageable c’est certain et dernier point négatif, cette intensité dramatique qui semble parfois pointer le bout de son nez est trop vite remballée dans son dé à coudre.

Malgré ces défauts (aussi la mise en scène surtout), c’est un film à la réussite sans équivoque, il faut y aller pour recevoir pas mal de plaisir.

Il va de soi que si vous êtes trop critique vous n’allez pas être d’accord avec moi mais moi je voulais rester indulgent car les acteurs le méritent amplement.

Curieux de votre retour néanmoins.

Laissez un commentaire