Interview de blog : Martin Vidberg nu

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Interview du 15 Décembre 2008 : Martin Vidberg du blog « Everland« .

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Pénélope :
- Bonjour Everland, ou Martin Vidberg… On dit quoi ? Moi, je t’appelle Martin, mais tout le monde te connaît sous le pseudo d’Everland. Pourquoi ce pseudo d’ailleurs ?

Martin Vidberg :
À présent, je pense quand même que maintenant, la plupart des gens qui me suivent me connaissent sous mon nom. J’ai utilisé le pseudo « Everland » quand j’ai commencé à m’inscrire sur des sites/forum/blogs, simplement parce que c’était un peu l’usage sur internet. Comme d’autres choisissent de se faire appeler « Roséefraîchedumatin » ou « Emeline 75 », j’ai pris le nom du projet sur lequel je travaillais à ce moment là, sans trop y réfléchir. Au moment de publier, j’ai évidemment abandonné ce pseudo.

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Pénélope :
- Commençons par le commencement, tu es instituteur à l’origine. Je suis moi-même fille de profs. Je me souviens, on vivait à la campagne avec une immense bibliothèque et on allumait l’ordi rarissimement. En général, les profs ne kiffent pas trop internet. Qu’es-ce qui s’est passé ??? Pourquoi et comment en es-tu arrivé à passer du côté obscur de la culture ?

Martin Vidberg :
Tu avais un ordi quand tu étais enfant ?? Chez moi ça n’existait pas, on n’avait même pas le minitel :o)
J’ai utilisé mon premier ordinateur à 18 ans et j’ai découvert Internet 2 ans plus tard. J’ai trouvé ça formidable : enfin un support qui me permettait de m’exprimer et de rencontrer des gens sans avoir à me montrer et surtout en utilisant l’écriture. Je ne suis pas spécialement timide mais j’ai toujours préféré écrire que de discuter, je n’aime pas beaucoup le téléphone par exemple. Et puis il y a cette possibilité très confortable d’appuyer sur un bouton pour terminer une conversation.

Pénélope :
- Je continue sur ma lancée. Tu es donc instituteur, et tu dessines. OK. Mais tu dessines pas n’importe quoi. Des BD. Avec des patates. C’est pas sérieux sérieux tout ça ! Donc, comment en es-tu arrivé à dessiner dis-donc ? Et évidemment, pourquoi des patates ? Tu aimes les frites plus que de raison ?

Martin Vidberg :
C’est la question habituelle à laquelle je ne sais pas vraiment répondre.
Je n’ai jamais eu l’idée de faire de la BD. Même à 10 ans quand je fabriquais mes propres magazines, je les dessinais comme on joue au cow-boy, sans même soupçonner qu’il s’agissait d’un vrai métier et que je pourrais en vivre. Peut-être que je manquais un peu d’imagination ou d’ambition. Il a fallu qu’on me propose de gros chèques pour que je change un tout petit peu d’idée. Mais j’ai encore, parfois, du mal à y croire.

Les patates sont également venues par hasard, en griffonnant. Il n’y a pas eu non plus de processus complexe et passionnant à raconter pour leur élaboration :o)

Pénélope :
- Et comme je suis une fille logique, comment as-tu eu l’idée folle de faire un blog BD ? Et pourquoi, dans quel but ?

Martin Vidberg :
J’ai eu l’idée de faire un site pour partager mes dessins. Le blog, ce n’est qu’une interface qui « organise » les mises à jour par ordre chronologique plutôt que par thème ou par rubrique comme dans un site classique. Il se trouve que c’est très adapté à la bande dessinée et aux dessinateurs un peu flemmards.

Pénélope :
- Quel regard portes-tu sur le rapport entre internet et l’enseignement en général ? Certains professeurs tentent d’exploiter ce  medium, mais sans grand succès et surtout de façon archaïque non ? Connais-tu des expériences réussies dans le domaine ?

Martin Vidberg :
Ce qu’il y a de bizarre dans l’enseignement, c’est qu’on a beau faire ce métier, on n’a aucune idée de ce que les collègues font. Il n’y a pas de partage ni vraiment de transmission des expériences, c’est d’ailleurs, à mon sens un véritable manque.
Quant à moi, je n’ai pas d’ordinateurs dans ma classe, je ne peux donc malheureusement pas utiliser l’informatique même s’il y aurait évidemment plein de choses à faire.

Pénélope :
- Quelles sont tes initiatives en la matière justement ? Utilises-tu internet, la BD, les 2 dans le cadre de ton métier d’instituteur ? Si oui, comment ? J’ai vu que tu mettais certains projets pédagogiques dessinés à dispo sur ton blog…

Martin Vidberg :
Je n’utilise donc pas l’informatique, faute d’ordinateur et peu la BD. Je n’en ai pas vraiment trouvé un usage si convaincant dans mes classes si ce n’est en tant qu’objet d’étude, quelques jours par an.
Je partage effectivement quelques bricoles sur mon site mais pas grand-chose, faute de temps. Si je pouvais, j’en mettrais beaucoup plus, je l’ai déjà dit mais je trouve vraiment dommage de perdre tous ces projets, parfois innovants, que tout un tas d’enseignants mettent au point anonymement dans leurs classes.

Pénélope :
- Comment en es-tu passé du blog à l’édition « papier » comme on dit ?

Martin Vidberg :
Parce qu’un éditeur me l’a proposé. Je ne me sentais pas encore prêt à démarcher les éditeurs à ce moment-là. Je dois avouer qu’après 6 bouquins, je n’ai pas encore toujours l’impression d’avoir le niveau, j’ai besoin d’être poussé :).

Pénélope :
- Moi, je t’ai découvert grâce au Journal d’un remplaçant, sorti chez Delcourt. Un succès de librairie d’ailleurs. Comment expliques-tu ce succès ?

Martin Vidberg :
J’aimerais dire que c’est parce que c’est un bon bouquin, agréable à lire, bien fichu, dans lequel je partage une année de ma vie et que les gens ont envie de partager en retour… mais je crois surtout que l’essentiel du succès tient au fait que c’est un bouquin facile à offrir à un enseignant. En dédicace, on me demande souvent un petit dessin pour un copain prof/instit…

Pénélope :
- Maintenant que tu édites des livres, des vrais, comme tu utilises ton blog BD différemment ? Comme un labo où tu tentes des choses nouvelles par exemple ?

Martin Vidberg :
Ah ah, c’est une expression que je retrouve très souvent dans les interviews de blogueurs et qui m’amuse beaucoup : en BD le blog est un « laboratoire » grâce auquel les dessinateurs inventent des nouvelles formes de narration innovante. On a presque l’impression que les blogueurs sont des scientifiques. Et puis quand on visite leurs blogs, à quelques exceptions notables prêt, il n’y a aucune invention, on voit toujours la même type de note un peu bâclées et sans grand intérêt.
Non non, maintenant que j’édite des livres, j’ai la chance d’avoir un peu plus de visiteurs et je considère mon blog comme un support de publication, pas spécialement comme un labo.

Pénélope :
- Tu as un autre blog trop bien qui s’appelle L’actu en patates, en collaboration avec le journal Le Monde. Tu peux nous en dire plus sur ce blog, sur sa création, son mode de fonctionnement ?

Martin Vidberg :
À la base c’est un blog d’actualité dans lequel j’essaye de faire du dessin de presse et des BD d’humeur. Au final, c’est je crois le support sur lequel je prends le plus de plaisir. Pour le moment tout me plaît dans cette aventure, la recherche d’idée, le dessin, la mise en ligne quotidienne. C’est beaucoup plus amusant par exemple que d’écrire un livre ! (Même si je réfléchis tranquillement à en faire un livre dans un avenir plus ou moins lointain.)

Pénélope :
- Du coup, as-tu des avis politiques marqués ? Tu es communiste ? Tu fais comment pour commenter l’actu sans être subjectif ? En fait, tu l’es un peu, même si c’est subtil, je sens comme un petit accent de gauche dans tes billets :)

Martin Vidberg :
Sur ce blog, je ne veux pas faire de politique, juste m’amuser et divertir les visiteurs. Je revendique le côté subjectif de certaines notes mais si je caricature souvent des personnalités (de droite comme de gauche), je ne parle pratiquement jamais des questions de fond qui font la différence, par exemple, entre l’UMP et le PS. Je ne suis pas compétant pour le faire, tout simplement et je suis sans doute beaucoup moins marqué politiquement que certains visiteurs le pensent.

Pénélope :
- Ça te fait plaisir d’être tout nu ? Tu penses à une nouvelle carrière ? :)

Martin Vidberg :
Ahlàlàlà, le type qui a inventé les tabous a eu une bien mauvaise idée !

Pénélope :
- Est-ce que tu navigues sur les blogs de tes petits camarades ? Si oui, quels sont les blogs que tu aimes, que tu suis, et ceux qui ne t’intéressent pas du tout ?

Martin Vidberg :
J’aime les blogs dont les auteurs considèrent les visiteurs comme un public et qui cherchent à proposer un contenu intéressant (même modestement). (Trondheim, Boulet, Nancy Peña…)
J’aime beaucoup moins les blogs égocentriques qui recopient souvent, sans talent, la recette inventée par les premiers blogs-Bd.

Pénélope :
- Et questions blogs, tu suis les classements ? Tu suis tes stats avec avidité ? Tu fais combien de visiteurs environ par jour sur Everland et sur l’Actu en patates ?

Martin Vidberg :
Dans les périodes où je poste beaucoup, j’adore les stats, tout simplement parce qu’elles me confirment que le nombre de visiteurs suit l’augmentation des posts. Quand je poste moins, je ne les regarde pas. C’est rigolo mais je pourrais m’en passer.

Je ne connais que le classement wikio qui présente beaucoup de défaut. Jusqu’à présent, il ne m’intéressait pas particulièrement mais je sens que je vais l’aimer beaucoup plus si je parviens à entrer dans le top 100 :o) (je suis 104ème ce mois-ci)

On va parler des records parce que c’est plus rigolo, pour l’actu en patate c’est 25 000 visiteurs uniques et environ 6000 sur Everland. Faut enlever environ 30% pour les chiffres quotidiens même s’ils sont très variables.

Pénélope :
- Faisons un peu d’auto-promo tiens ! Tu viens de sortir Les instits n’aiment pas l’école chez Diantre ! éditions, une super maison d’édition trop funky. C’est une mini BD à destination des 7-12 ans, et, dans les faits, des adultes, on le constate de plus en plus. Pourquoi as-tu eu envie de faire ce livre et de t’adresser directement aux plus jeunes ?

Martin Vidberg :
La principale raison, ce sont les demandes des enfants lors des premières séances de dédicace du « Journal d’un remplaçant ». Ils étaient attirés par le graphisme et il m’a paru évident qu’il fallait faire un bouquin qui leur soit adressé.

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Pénélope :
- Tu as lancé une nouvelle série sur ton blog, intitulée Perdus sur une île déserte. Ton inspiration vient de Lost ? C’est à hurler de rire, je le dis. Tu comptes le publier en « papier » un jour ou pour l’instant tu le fais au jour le jour ?

Martin Vidberg :
Je l’ai publié dans un journal  québécois l’an passé. Je me contente de remettre les planches en ligne sur mon blog mais je n’ai aucun projet avec cette BD. Je ne l’ai proposée à aucun éditeur.

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Pénélope :
- Et les pubs Direct Assurance ? Comment s’est monté le projet ? C’est toi qui as fait les animations ?

Martin Vidberg :
C’est l’agence V, une agence de pub, qui a eu l’idée fabuleuse de m’embaucher sur ce projet. Je n’en aurais jamais eu l’idée tout seul. Et non, heureusement, ce n’est pas moi qui me suis occupé des animations.

Pénélope :
- A ce propos, Pénélope Bagieu (alias Pénélope Jolicoeur) a fait la campagne de pub Marie (oui, les tartes, ce qui ne signifie pas qu’elle l’est, tarte, Pénélope), Yué Wu avec qui on travaille chez Diantre travaille sur les pubs SFR et Société Générale, Les Jean Clode ont signé les pubs de la RATP, et j’en passe… Que penses-tu de ces collaborations entre illustrateurs et publicité ? Elles permettent d’apporter plus de créativité dans le monde de la pub ou ce n’est qu’une question de pognon car on ne peut que difficilement vivre de son art ?
Je n’en ai jamais discuté avec d’autres dessinateurs mais je suppose quand même que l’aspect financier prédomine quand même. Même quand il s’agit de publicités honorables que l’on peut avoir plaisir à faire (si si, c’est mon cas) je ne crois pas qu’on ait la vocation de vendre des assurances ou des tartes avec ses dessins.

Martin Vidberg :
Je n’en ai jamais discuté avec d’autres dessinateurs mais je suppose quand même que l’aspect financier prédomine quand même. Même quand il s’agit de publicités honorables que l’on peut avoir plaisir à faire (si si, c’est mon cas) je ne crois pas qu’on ait la vocation de vendre des assurances ou des tartes avec ses dessins.

Pénélope :
- Même question pour les collaborations de presse… Elles permettent à la fois de donner une visibilité à un artiste, mais le cantonne parfois à des « clichés » dont il a du mal à se dépêtrer… Qu’en penses-tu toi qui a beaucoup collaboré avec la presse ?

Martin Vidberg :
Je n’ai pas énormément collaboré avec la presse en tout cas pas régulièrement. Les quelques illustrations que j’ai faites m’ont permis d’améliorer un peu les fins de mois mais je n’ai pas ressenti de cliché our d’embrigadement. Mais ce n’est pas une activité très importante pour moi.

Pénélope :
- Et dis-moi, quels autres blogueurs aimeraient-tu voir interviewés dans cette rubrique ?

Martin Vidberg :

Thorn, parce qu’elle aime bien se mettre toute nue, ou Matthieu Pierangelo.

Pénélope :
- Une petite chanson pour adoucir nos mœurs ?

Martin Vidberg :
Nanana  naaaaaaanana naaaana nanaaana
(c’est ce que je chante à ma petite Lily, 2 mois, pour l’aider à digérer en faisant le tour de la table de cuisine)

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Merci à Martin Vidberg pour sa participation à cette interview et à Rod pour les retouches sur les photos.

publié le par Pénélope
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16 Réponses à Interview de blog : Martin Vidberg nu

  1. clichoo

    je l’adore! merci d’avoir pensé à lui. pour avoir de bonnes réponses, il faut de bonnes questions. merci pénélope

  2. Lou

    J’aime beaucoup cette interview tiens, et le personnage interviewé aussi au passage.
    Elle est enrichissante (ce n’est pas toujours le cas), enfin j’adhère.
    [Par contre pour les profs qui n'aiment pas l'informatique, je proteste ! :D ]

  3. little daewoo

    En fait il est pas mal ce Martin Vidberg… j’avais peur qu’il ressemble au monsieur patate qu’il dessine! ^^

  4. Obion

    Martin il balance sans donner de noms, c’est frustrant !!
    Moi j’aime beaucoup Martin et son travail depuis de nombreuses années, bien avant de le voir à poil.
    D’ailleurs pour ceux qui ont pris plaisir à le voir à poil, ne manquez pas ce superbe roman photo: http://www.bulledair.com/everl...../ever1.htm
    :)

  5. peb

    Deux nouvelles : il est poilu et il a une passion pour le dacryoserum.
    Question à Martin : as-tu déjà remontré tes terribles strips en noir et blanc où tu jouais avec les cases (époque reb’…)

  6. Spike

    Ho mais je ne savais pas que c’était lui qui dessinait les patates!
    J’aime bien!

  7. babelkot

    Merci d’avoir signalé Thorn aussi…

  8. Slamolo

    Sûrement l’effet de la dernière question, mais d’un coup je me demande ce qu’il a pensé du dernier Fireman.
    Sinon, j’aime bien l’interview moi aussi :)

    …et +1 babelkot !

  9. lucie_beluga

    oulah lala, je ne savais pas qu’il , enfin que les remplaçants, enfin vivement que j’ai de nouveau internet à temps plein pour retourner polluer ses commentaires ^^

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