Mes névroses : les murs blancs

Les murs blancs, ça m’angoisse. Vraiment. C’est terrifiant.
Quand je me retrouve chez des gens qui n’ont rien d’accroché ou de peint ou de sculpté, que sais-je, à leurs murs. Et qu’ils sont blancs. Les murs, pas les gens. Parce que je n’ai pas peur des gens noirs, jaunes ou verts. A rayures, un peu, mais ça va, je gère. Bref, quand tous leurs murs sont blancs, ça me fait transpirer. Et dieu sait que je ne transpire jamais. Je suis un modèle de sécheresse cutanée.

Je sais pas à quoi c’est dû. On me parle toujours d’hôpital quand je raconte cette névrose. C’est vrai que je ne raffole pas des hôpitaux. Mais bon, à part le docteur Green, qui peut bien s’extasier sur le temps passé à l’hôpital ? On est malade, ou quelqu’un l’est en tout cas, ça pue l’éther, ça pue la mort, et la bouffe est immonde. Il y a bien le service maternité, mais avec tous ces mômes qui chialent, les femmes qui hurlent pendant qu’elles pondent et l’odeur des couches, le travailleur il a vite fait de changer de palier (heu, non, ça c’est hors sujet, au temps pour moi !).

Non. C’est plutôt lié à la peur du vide. Je ne parle pas du vide, vide. Pas du trou. Du vertige. Je n’ai pas peur de grimper tout en haut d’un arbre, de me balader sur un toit, de faire de l’équilibrisme sur une poutre, de monter tout en haut d’un haricot magique (voilà que ça me reprend !).

Non. Je parle de vide mental. J’ignore pourquoi, mais pour moi, le fait de ne rien avoir sur quoi poser son regard et à partir de quoi laisser divaguer son imagination, c’est synonyme de mort psychique. Alors qu’on pourrait penser le contraire. Quelqu’un capable d’affronter un mur blanc doit avoir une sacrée richesse intérieure pour ne pas sentir la vacuité de la chose. Bah ouais mais non.

Les objets, les images que l’on pose aux murs reflètent à mon sens un peu de ce que l’on est. Ainsi, ils agissent comme des repères. Ils aident à la fois à se recentrer lorsque notre âme s’accroche à eux, et à s’évader lorsqu’ils permettent à l’œil de se perdre, à l’esprit de se souvenir. Un peu comme une chanson peut-être. Vieira da Silva (mode : je me la pète en citant des peintres portugais que je suis seule à connaître), disait :

« Le tableau doit avoir son coeur, son système nerveux, ses os et sa circulation. Il doit ressembler à une personne en ces mouvements, il doit avoir le temps de ses mouvements. Il faudrait que celui qui le regarde se trouve devant un être qui lui tiendra compagnie, qui lui racontera des histoires, qui lui donnera des certitudes. Parce que le tableau ce n’est pas l’évasion, il doit être un ami qui vous parle, qui découvre les richesses en vous et autour de vous. »

Car évidemment, une bonne partie de ce qui est accroché à mes murs blancs, c’est de l’art. Des photos, des repros de tableaux, de vraies œuvres (pas du Picasso encore, j’ai pas les moyens… mais des oeuvres d’auteurs Diantresques comme un disque de Cäät par exemple !) et des choses qui ont une symbolique forte pour moi.

Voilà pourquoi les murs blancs, c’est flippant. C’est comme si la maison et ses habitants étaient morts. Freaky.

Mais il y a pire. Le grand mur blanc avec juste 1 chose accrochée dessus : un tableau représentant un clown. J’ai vu ça une fois. Failli faire une crise d’apoplexie.

Parce que grands dieux, les clowns ça fait peur, très peur. Je vous en cause une prochaine fois.

7 commentaires
  1. Jerey

    C’est toujours un réel plaisir de te lire et j’apprécie tout particulièrement le choix des images en illustration. Bonne continuation.

  2. ponsk

    au passage, j’adore les monochromes^^

  3. wouaf

    pénélope, t’est belle comme un mur blanc

  4. Tetr@m

    Moi aussi j’ai peur des clowns.

  5. Pénélope (Auteur)

    Charmant de me traiter de conne wouaf… :)

  6. happytobehere

    Je confirme, j’ai vu un jour un tableau de clown sur un mur (genre le clown triste qui pose) et ça faisait glauque.

  7. romu

    Je ne t’offrirai donc pas mon Malevitch  » carré blanc sur fond blanc ». Bon, pas l’original qui vaut des millions, mais la copie que j’en ai faite.

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