Quand je serai grande, je serai jardinière !

Il y a les serial lover. Les serial killer. Et moi. Je suis une végétalo-serial-killeuse. Ouais. Je bute les plantes. Vous vous souvenez de ce petit con, là, Titou les pouces verts ? Je détestais ce môme. D’abord, je ne comprenais pas en quoi un marmot avec des doigts verts pouvait être si méritant. Tout au plus avait-il le courage d’affronter une maladie de peau pour le moins étrange. Ou alors c’était le fils caché de Hulk. Ou bien peut-être que son plat préféré, c’était le maïs en boîte… Mais non. Titou, bah, il touchait une graine, et hop, un arbre, un buisson, un haricot, un pétunia, un fraisier, un géant, que sais-je de végétal, poussait illico. Bon, autant vous dire que Maurice Druon, l’auteur de ce conte, devait carburer à un genre de plante relativement illicite.
Mais ce qui m’agaçait surtout chez Titou, outre son nom totalement ridicule, c’était cette capacité à ne pas arracher leur dernier souffle aux trucs verts justement. Parce que moi, j’avais un grand, grand jardin étant enfant. Et j’en ai planté des graines. Et des bulbes. Et des plantes. Et des arbres. Bah, z’ont tous crevé.

Attention, cela n’avait rien à voir avec la qualité de la terre ou avec les soins que je leur prodiguais. Tout ce qui n’avait pas été planté ou entretenu par mes mains noireaudes explosait de couleurs, de senteurs, de vivacité obscènes.

Et pourtant. Moi, je les aimais mes plantes. Je suivais toutes les instructions des petites fiches du pépiniériste : je les taillais parce qu’elles le valaient bien, leur donnais de l’engrais pour qu’elles mangent équilibré, de l’eau pour qu’elles ne sombrent pas dans l’alcoolisme, les rentrais dans la maisonnée pour qu’elles ne chopent pas de rhume… Et elles crevaient les salopes. Toutes. Les unes après les autres.

Au bout d’un moment, mes parents ont tenté une astuce : ils m’ont donné des végétaux imbutables. Que même Al Capone il aurait pas pu les flinguer. Des cactus, des ficus, des machins en us (bande de malotrus, je sais à quoi vous pensez !!!). Morts. Fânés. Pétrifiés. Flétris. Ratatinés. Bons pour le compost.

J’ai même tenté de leur parler. Certes, ce n’était peut-être pas la meilleure idée que j’ai eu. Je leur causais de la vie, de Sartre, de mes expériences sur les chenilles, de ma nouvelle invention, la poudre de têtards… Rien n’y faisait. Z’en avaient rien à pousser de mes rengaines. Pas besoin de chandelier ou d’Agatha Christie pour trouver l’arme du crime et la coupable. C’était juste moi. Et une sorte de fluide anti-verdure qui me poursuivait.

Le plus pathétique dans tout ça, c’est que j’adore les fleurs, les jardins, les potagers… Alors je les regarde de loin. La ligue des pépiniéristes de France me surveille. Je n’ai plus le droit de m’approcher à plus de 100 mètres d’un organe végétal, sauf en cas de nécessité alimentaire.

Mais je m’en fous de ce qu’ils disent. Moi, plus tard, je me teindrai les menottes en vert et je ferai grimper des haricots magiques jusqu’au ciel. Même que je chanterai avec les fleurs comme Alice. Non, je ne consomme pas de champignons. Non. Moi, quand je serai grande, je serai jardinière !

10 commentaires
  1. Moi je plantais des petites carottes avec ma grand mère et on les mangeais après. J’avais mon petit coin de jardin à moi dans le leur. C’était le bon vieux temps ^^
    Par contre quand mon père me demandais de tondre la pelouse chez nous, je tondais ses fleurs en même temps, comme ça il ne me l’a plus jamais re-demandé ;)

  2. Spooky

    Marrant ça, ça doit être un don… Mais j’aimerais en savoir plus sur cette poudre de têtards… L’objet d’un prochain billet ?

  3. pascal

    Quand on a la chance de disposer d’un coin de verdure,il faut vraiment s’amuser à faire pousser des fleurs des légumes….ce qu’on veut.C’est finalement beaucoup plus agréable que passer sa journée sur un ordinateur.
    Ce n’est pas seulement le monde merveilleux d’Alice….

  4. Ghana

    [mode maître Capello]
    C’était pas Titou, mais Tistou :)
    [/mode maître Capello]

    Moi je suis en train de tuer un Yuka. Paraît aussi que c’est increvable…

  5. Pénélope (Auteur)

    Tistou, c’est PIRE !

  6. Rod

    Tistou les Pouces Verts. Le truc qui trauma autant qu’une chanson de Bibi.

  7. jipe

    Moi j’ai un petit jardin de 9m² environ, et j’y ai fait pousser des crottes de dogue allemand, ben en 1 an, j’ai une sacré récolte! j’ai la main verte ? (je baffe tous ceux qui réponde non, t’as la main marron)

  8. Pénélope (Auteur)

    En fait, en plus de l’immense jardin, du verger, de la pinède et de la mer, on avait des bassins d’eau douce avec des nénuphars, des carpes, et des grenouilles.

    Et régulièrement, des têtards. Et avec ma petite épuisette, j’en chopais une poignée, je les faisais sécher au soleil, je les réduisais en poudre et j’en saupoudrais mes « desserts de sorcière » (la mousse à raser faisait office de crème chantilly).

    Oui, j’étais une enfant solitaire… Mais faut bien s’occuper quand on est fille unique à la campagne !

  9. Je compatis Pénélope, j’ai moi-même quelle meurtre végétale à mon actif … j’ai pourtant rêvé de faire pousser du basilic, de la menthe et autres herbe aromatique, rien y fait, faut dire j’ai même reussi a faire crever des Bambou ikéa …

    Ma mère qui a décidé de coller quelques désastre végétaux dans mon intérieur a dut oublié ces quelques détail d’ailleurs … lol

  10. T1T1

    Et les expériences sur les chenilles c’étaient quoi ? Encore des trucs de sorcière ? (J’ai jamais été sorcière, j’y connais rien).
    Mon conseil pour quand tu seras jardinière: choisis de t’occuper du chiendent et des orties.

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