Crions aux loup!

Je ne reprendrais pas tous les arguments qu’on entends à droite à gauche pour « justifier » cette grève, c’est ce que j’appellerai l’appel au loup (comme la fable). Aujourd’hui simplement cela pourrait être l’appel de trop qui fait qu’il serait inaudible par la majorité silencieuse…

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Christophe Courtois a également lu le rapport de la Cour des Comptes sur le sujet des régimes spéciaux, qui l’a convaincu que cette grève était injustifiée. Pour la pénibilité invoquée par certains grévistes, il cite par exemple cet extrait du rapport: « L’âge moyen de décès masculin à la SNCF est de 82,8 ans, remarquablement supérieur à l’âge moyen de décès des français (77,2 ans) » (l’article original sur rue89.com)

On voit bien dans ces articles qu’il y a peu de mondes pour soutenir cette grève, sans doute la faute à certains syndicats qui ont outrepasser leur prérogatives. En exemple ici des textes exposant leurs vues sur les propositions du ministres :
Ici un syndicat réformiste qui accepte globalement le cadre des négociations et la un opposant idéologue qui se soucie peu du salarié…

Une question me vient donc à l’esprit, les syndicats sont ils des opposants politiques ou bien une assiocation de personnes pour défendre les droits des salaries ? Pour moi la réponse est évidente, pas vous ?

16 commentaires
  1. qd je vois que dans ma boite, les syndicats passent au moins autant de temps à se battre entre eux que contre les patrons, la réponse me semble assez claire.

    enfin de temps en temps ils se battent pour nous aussi. LEs corses par exemple, qui ne touchent « que » 3000 euros (à peu près) de prime d’insularité.

    Je devrais garder les tracts, ya des collectors.

  2. pastigo

    c’est tres bien de donner son avis, de faire par de son mécontement. L’idéal étant quand meme de s’assurer d’etre informé au mieux afin d’eviter de tomber dans la facilité parfois innoncente d’une forme de haine psittaciste.
    L’effort étant plus contraignant que l’abondance rhétorique confortable, je m’en vais t’aider un peu.

    37,5 torchons ou bien 40 serviettes ?

    Un grand battage médiatique ne cesse actuellement d’opérer une comparaison entre le nombre d’annuités nécessaires pour obtenir une retraite à taux plein : 37,5 dans le public et 40 dans le privé, et de déduire de ces deux chiffres que c’est inéquitable. Mais personne ne pense à préciser que le même mot « annuité » correspond à des réalités tellement différentes dans les deux régimes que la comparaison n’a guère de sens : autant ajouter des torchons et des serviettes !

    Démonstration : Nous avons tous appris à l’école qu’on n’ajoute pas des choux et des carottes ou des torchons et des serviettes. Tout comptable sait que des comparaisons ne sont valables que si elles sont effectuées « à structure comparable ».En tant que scientifique, j’ai le devoir, lorsque je compare deux données chiffrées, de commencer par vérifier qu’elles correspondent à la même réalité, par exemple qu’elles sont exprimées dans la même unité. Sinon, on peut faire dire absolument n’importe quoi aux chiffres.

    Le mot « annuité »correspond en fait à un nombre issu de calculs totalement différents dans les deux régimes. En gros :

    – Dans le public, le nombre d’annuités correspond au temps où l’on occupe effectivement un emploi, au prorata du temps de travail (ainsi, 1 an de travail à mi-temps donne une demi-annuité, 1 an à 80% donne 0,8 annuité, etc.)

    – Dans le privé, c’est bien plus compliqué. Cela dépend d’abord des sommes perçues : on valide, pour chaque année civile, un nombre de trimestres correspondant au salaire soumis à cotisations dans l’année. C’est ainsi, pour prendre un exemple, qu’un cadre qui a travaillé 3 mois dans une année civile obtiendra une annuité entière (alors qu’un smicard qui a travaillé 3 mois n’obtiendra lui que 0,5 annuité : est-ce bien équitable ?). De même, un an de travail à mi-temps compte pour une annuité complète. On rajoute ensuite certaines périodes non travaillées : chômage (en partie), congé parental (sous conditions), etc. A cela s’ajoutent des bonifications qui diffèrent totalement entre les deux régimes, dont la bonification pour enfant accordée aux mères (2 ans dans le privé, 1 dans le public)

    En résumé il est parfois plus « facile » d’obtenir des annuités dans le privé que dans le public. Voilà un exemple qui montre bien les limites de cette comparaison.

    Puisque les médias se sont fait l’écho de certains avantages (oubliant les inconvénients) des femmes fonctionnaires mères de 3 enfants, prenons l’exemple d’une mère de 3 enfants qui décide de travailler 8 ans à mi-temps pour les élever :

    – Si elle est dans le privé, elle aura une bonification de 6 annuités et les 8 ans à mi-temps compteront pour huit annuités. Pour obtenir une retraite à taux plein(40 annuités), il lui faudra donc obtenir 40-8-6, soit 26 annuités supplémentaires.

    – Si elle est fonctionnaire, la bonification sera de 3 annuités et les 8 ans à mi-temps compteront pour 4 annuités. Pour obtenir une retraite à taux plein (37,5 annuités), il lui faudra donc obtenir 37,5-3-4, soit 30,5 annuités supplémentaires, c’est-à-dire travailler effectivement 30,5 années à plein temps.

    Est-ce bien équitable?

    Vous pensez peut-être que ce projet, qui se veut équitable, va revenir sur cette différence ?

    Détrompez-vous : s’il instaure une validation des périodes de congé parental, le projet supprime purement et simplement la bonification d’un an des femmes fonctionnaires, pour les enfants nés après le 1er janvier 2004 ! Mais la suite parait claire : s’il passe, vous entendrez dans quelques années à la télévision : « Dans le privé il y a une bonification de 2 ans par enfant qui n’existe pas pour les fonctionnaires, c’est inéquitable ». Et on supprimera la bonification des mamans du privé ! Tout cela pour dire que comparer le nombre d’annuités nécessaires pour obtenir une retraite à taux plein dans les deux régimes et en déduire que ce serait inéquitable car 37,5 est inférieur à 40 n’a aucun sens et relève de l’imposture. D’autant plus que la notion de « retraite à taux plein » n’a strictement rien à voir entre les deux régimes et qu’on ne tient pas compte des retraites complémentaires du privé !

    Un jour où j’avais pris un énarque en flagrant délit de comparaison de chiffres incomparables, il m’avait répondu : « D’accord, mais vous, vous vous intéressez au sujet. Pour les gens, il faut des idées simples »…

    Je ne voudrais pas que l’opinion publique soit convaincue que les fonctionnaires seraient des privilégiés du simple fait que les médias colportent une idée aussi simple qu’inexacte. II n’empêche que cette stratégie de dresser le privé contre le public, sur la base d’une « idée simple » permet de faire passer au second plan certaines réalités :

    – Elle permet d’oublier que la réforme Balladur de 93, en augmentant la durée de cotisation de 37,5 à 40 ans (là on peut comparer les données puisque c’est le même régime), mais surtout par l’introduction de la décote et l’allongement de la période de référence, a déjà diminué et surtout va encore dégrader fortement les retraites du privé.

    – Elle permet de faire passer au second plan que la réforme ne concerne pas les seuls fonctionnaires, puisque l’on va passer pour tous, de 40 annuités en 2008 à environ 42 en 2020.

    C’est faire oublier un des principes de ce projet de loi, qui me pose personnellement problème. Alors que depuis le dix-neuvième siècle, l’augmentation de la richesse de la France (et des pays riches) est allée de pair avec une diminution phénoménale de la part de sa vie qu’une personne consacre à travailler, le projet revient sur l’histoire, en décidant que désormais, sur une vie, la proportion du temps consacrée au travail ne devra plus diminuer.

    J’entends d’ailleurs tous les jours dans les médias des personnes me dire sur un ton docte et péremptoire: « il faut que les Français comprennent qu’il faut travailler plus ». Soit, ils ont peut-être raison. Mais dans la mesure où une telle affirmation est contraire à ce qui s’est passé dans les 150 dernières années, je considère, en tant que scientifique, qu’ils doivent justifier leurs affirmations. Or je n’ai jamais entendu personne me donner un véritable argument selon lequel nous serions vraiment aujourd’hui dans une situation nouvelle justifiant une inversion du phénomène historique, c’est-à-dire une augmentation du temps de travail.

    Elle permet de faire oublier que ce projet est un choix politique de faire supporter aux seuls salariés actuels (pas aux employeurs ou à l’impôt) le coût de l’augmentation de l’espérance de vie, en justifiant cela par une nouvelle « idée simple » : on nous répète qu’il n’y aurait pas d’autre choix, ce qui est bien sûr faux.

    Surtout, cela permet d’occulter le fait que les inégalités au sein du privé sont bien plus criantes qu’entre le privé et le public. Dans le privé, tout va dépendre de la convention collective, de la taille de l’entreprise ou encore du temps partiel subi ou choisi. Vaut-il mieux être employé à temps partiel au sein d’une PME du nettoyage ou à temps plein dans une grande entreprise, avec un accord 35 heures, un CE et une convention collective très favorables ?

  3. kiwi

    bah oui c’est quand meme pour un certain pouvoir donc tu te bats contre tout le monde. C’est ma premiere greve comme ca en france a part les cpe l’année derniere et je dois dire que les trois quarts des gens avaient l’air plutot zens ou le prenaient avec le sourire. C’est peut etre un peu chiant mais on ne va pas mourir si on n’arrive pas au travail a l’heure… Soudainement tout le monde veut etre ponctuel lors d’une greve.

  4. caran777

    Comme d’hab si tout était 0 ou 1 ça serait facile ! A la SNCF, certains chauffeur travaillent 25ans sans pouvoir avoir leurs horaires ne serait ce que 3 jours à l’avance ! Si on se mets à leur place, ça fout les boules ! Maintenant qu’un cadre supérieur de la SNCF qui travaille dans son bureau bénéficie des mêmes avantages est une honte ! Mais ceux qui seront le plus touché par les réformes sont les chauffeurs parce qu’ils sont plus nombreux !
    Cela dit quand des députés se votent des avantages sociaux pour une fin de mandats, savoir que leurs femmes et leurs enfants sont pris en charge par les systèmes sociaux (mutuelle santé, sécurité sociale…) de l’assemblée nationale juste parce qu’ils ont fait un mandat (à jouer à la gameboy, raller contre le voisin et se pondre des augmentations de salaire) et de voir que personne ne dit rien ! ça incite pas à croire que Thibaut a raison de dire que les syndicats ne sont pas corrompus ! Défendre les gens ce n’est pas que le salaire, c’est aussi empêcher un écart trop grand de niveau de vie entre les différentes populations, déféndre les conditions de travail (et oui en France dans certaines Entreprises, il faut encore demander à son chef pour aller pisser !). Moi ça m’énerve ! Les syndicats ne font rien, les patrons profitent et les français gobent tout ce qu’on leur dit ! Je ne suis pas contre une économie de marché, mais une économie non abusive. Quand EADS vire des employés pendant que des actionnaires font des délits d’initié, quand SMOBY est en redressement judiciaire alors que ces patrons ont détournés des millions, quand AIRBUS licencie des milliers de personnes en faisant un chiffre d’affaires positif, ils sont où les syndicats ? Si ils avaient passé moins de temps à boire pendant leurs réunions, ils auraient vu qu’il y avait des trucs bizarres dans leur entreprise !!
    Le syndicat est mort et c’est bien dommage ! Car la grève il faut la faire avant que les choses n’arrivent pas quand c’est déjà fait ! Mais peut être est ce voulu …

  5. Hypothraxer

    Marrant qu’on reproche aux gens de mourir plus vieux que nous.
    J’sais pas, mais moi j’aimerai bien vivre jusque 82.8 ans plutot que 77.2 ans. J’dois être le seul à comprendre ma logique ?
    Ah oui, CFDT, un syndicat réformiste… moi j’appelle ça un syndicat « oui oui » mais bon.
    Et pour la CGT, j’ai lu très vite et de travers le lien proposé ; j’vois pas en quoi il ne défend pas les salariés.

    Pour répondre à la question : mon père était engagé pendant des années à la CGT. Et il a fini par « démissionner » (ou en tout cas ne plus payer son abo) car ca se politisait de trop. En fait, les différents parties extrême gauche ont placé des « pions » à la tête des syndicats dans les régions. Résultat : ces gens se branlent complètement de défendre les gens ; ce qui leur importe, c’est l’image rapportée par le foin qu’ils font en communication.
    C’est plutôt clair que le syndicalisme en France est quasi mort.
    Entre un « syndicat réformiste » qui dit oui à toutes les propositions du gouvernement simplement parce qu’il a toujours eu des sympathisants idéologiques de droite à sa tête, et un « opposant idéologique » qui se fait bouffer de l’intérieur par la politique extrême gauche… bah y’a quelque chose de pourri dans le monde des syndicats, non ?

  6. Alkpone (Auteur)

    Hypothraxer : dans les 2 cas tu caricatures, la CFDT joue son role de syndicat, défendre dans le cadre légal au mieux les salaries (et je peux te dire que c’est pas un syndicat de droite, ne confonds pas avec la CFTC). Quand à la CGT je ne peux pas défendre cette organisation de merde :) mais tu exagères un peu quand meme :)

  7. Tom

    Alkpone: Je voudrais bien voir dans quelles conditions nous travaillerions aujourd’hui si la CGT n’avait pas organisé depuis des diizaines d’années les luttes ouvrières et sociales…
    Déjà que l’opposition politique est moribonde, si on laisse faire la CFDT, qui signe tous les accords patronaux tête baissée, autant donner les pleins pouvoirs au gouvernement qui supprimera ainsi le droit de grêve, les primes, le repos hebodmadaire, etc., pour nous permettre de « gagner plus »…

  8. unkle16

    Merci pastigo pour ton texte. :o)

    mais tu es un dangereux idéologue toi non ?

  9. johnsmith

    au goulag pastigo !!

    :>

  10. pastigo

    si ce n’etait que de moi, ce ne serait sans doute que peu recevable.

    C’est cependant une reflexion de Claude Danthony,Maître de conférences de mathématiques à l’École Normale Supérieure de Lyon.

    Au moins on ne pourra pas dire qu’il ne s’agit que des mots d’un petit gars perdu sur le net.

  11. unkle16

    tu veux dire un prof gauchiste – pleonasme – payé a rien foutre, avec trop de vacances et qui ne connait rien des réalités de la vie ?

    C’est marrant comme je suis optimiste moi.

    Je me demande d’ailleurs qui a lu ton texte , à part les deux gauchos de service (bah oui on fout rien au boulot, on s’occupe).

  12. pastigo

    qui a dit que l’auteur etait de gauche?

  13. unkle16

    c’est un prof. Tous les profs sont de gauche. ;)

  14. pastigo

    merde, j’avais pas vu que c’etait de l’humour.

  15. unkle16

    (c’en était).

    ce texte est juste la meilleure chose que j’ai lue depuis longtemps :o).

  16. unkle16

    pastigo ==> je me suis permise de recopier ton texte sur un autre forum.

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