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Le Cimetière des Poupées de Mazarine Pingeot vient tout juste de sortir aux éditions Julliard. Dieu et mes amis savent bien que j’éxècre cette auteure. Je trouve ses précédents romans et oeuvres autobiographiques d’une inconsistance narrative affligeante et stylistiquement plats, aussi plats qu’une plaine belge. Ce n’est donc pas par sympathie ou admiration pour Miss Pingeot que je prends ma plume. Le fait est que j’ai compulsé l’ouvrage en question. Il est écrit à la première personne, sous la forme d’une longue lettre qu’une femme, accusée d’infanticide, adresse à son mari, unique amour de sa vie. Elle y évoque comment, depuis sa plus tendre enfance, elle sent un monstre, un autre “elle” grandir en elle, un autre nourri par la cruauté de sa mère, par un père qui, dégoûté par la grossesse de sa femme les a abandonnées, par son mari, aussi, farouchement opposé à l’avortement et qui ne manque pas de la maltraiter, mais qu’elle aime, malgré tout, plus que tout, par elle-même, enfin, qui n’a rien fait pour sortir de là. Elle tente de dire ses névroses, son mal être, de mettre en mots sans s’excuser d’ailleurs, ce long processus qui l’a menée à ce geste irréparable.
Alors, oui, l’héroïne du Cimetière des Poupées a tué son enfant et l’a congelé. Voilà le point commun flagrant. Mais rien ne fait allusion directement à l’affaire Courjault. Véronique Courjault a tué 3 enfants, pas 1 seul, elle n’est jamais citée dans le livre, et surtout, cette lettre fictive parle d’une femme différente, dans un contexte social différent, dans une vie différente, et ne s’inspire pas d’un témoignage de Mme Courjault. J’ai vu l’autre jour la belle-mère de cette dame, à une heure de grande écoute, sur une chaîne grand public, nier carrément le fait que l’auteure puisse être intéressée et intriguée par le concept de l’infanticide pour la simple raison qu’elle est mère ! Quel grand raisonnement ! Ce n’est pas parce qu’on est un être honnête et droit que l’on ne peut pas être fasciné par les serial-killer, ce n’est pas parce qu’on est une jeune maman heureuse que l’on ne peut pas, en tant qu’individu pensant, s’interroger sur l’infanticide. Dans le cas contraire, Stephen King aurait buté pas mal de gens de la pire des façons et Euripide aurait étripé ses mioches. Car c’est un fait. L’infanticide fascine depuis la nuit des temps. Le meilleur exemple étant évidemment Médée, qui a assassiné ses enfants sans aucun scrupule. Mais bon. L’analogie concerne surtout le problème du “surgelé Picard”. Alors, certes, on peut penser aux Courjault en lisant ce livre, mais aussi à une affaire dévoilée la semaine dernière concernant une femme qui avait procédé de la même façon… La congélation ne serait donc pas la marque de fabrique des Courjault ! Et cela a d’ailleurs été bien expliqué par plusieurs psychiatres qui affirment que les mères, dans ce cas-là, refusent malgré tout “d’abandonner” leur bébé. Mais quand bien même. Quand bien même Mazarine se serait-elle inspirée du réel pour nourrir sa fiction… C’est le processus même de la création. Même les romans de SF s’inspirent du réel. Car la création ex-nihilo n’existe pas. Chaque artiste ingère le monde réel, ce qui s’y passe, pour le régurgiter avec sa propre interprétation, sa propre vision, son propre filtre. Alors que faire ? N’aurait-on plus le droit d’écrire des romans sur les thèmes de la pédophilie, de l’assassinat, de la politique, parce que cela pose problème à certaines personnes qui se reconnaissent dans des fictions ? Ce serait une atteinte au code de la propriété intellectuelle, au droit d’expression et à la liberté de création. Cela fait quelques années que ce type d’histoires se répète, et cela n’augure rien de bon selon moi… Je suis tout simplement outrée par cet acharnement absurde et sans fondement à l’encontre de Mazarine Pingeot. Laissons ce mauvais auteur écrire en paix ! |
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Fille de, mais surtout oportuniste semble t’il.
La vraie question serait de savoir si le livre a été écrit dans la hâte pour profiter d’une publicité indirecte de l’affaire Courjault;
Où, dans le cas d’un livre préparé de longue date, toi qui a lue ce bouquin, de savoir si les lignes de picardisation ont été rajoutées pendant l’affaire C., toujours par opportunisme….ou non.
Dans tout les cas, même si financièrement elle va s’y retrouver, à court terme, Mazarine va juste signer son suicide littéraire…elle finira consultante en “dictateurs morts” au CNRS.
Est-elle déjà passée chez Pivot se faire flageller ?
peut être pink bono mais là n’est pas le souci: on s’en fout qu’elle s’en soit inspiré,elle ne les connait pas, donc ça reste de la fiction! Alors peut être (d’accord sûrement) a t elle frait preuve d’un opportunisme culotté pour écrire ce livre mais bon ça demande quand même un minimum de travail et donc d’intérêt d’écrire un livre, elle a dû aussi sentir que c’était le bon moment d’en parler… J’ai cru la voir sur des unes de magazine enceinte, peut être a t elle voulu traiter ce sujet avant ou dans le cadre d’une grossesse ce qui prendrait un certain sens. Quoi qu’il en soit son opportunisme je le trouve plutôt malin, au lieu de le pointé du doigt je me dis que si j’avais eu l’idée avant elle j’aurais sûrement fait la même chose. pas simplement pour s’y retrouver financièrement parlant mais pour intéresser des éditeurs et des lecteurs.
pointer**
“Laissons ce mauvais auteur écrire en paix !”… magnifique conclusion d’un remarquable billet. C’est pas pour ce genre de trucs que je lis Pingoo, mais ça fait plaisir quand ça arrive…
moi je dois avouer que je les attends aussi fébrilement que le blogger en fin de journée attend ses statistiques quotidiennes.
Elles sont où les photos de Mazarine Pingeot nue là ?
bah moi çà me dérange l’opportunisme purement vénal…
Ok je dois être bégueule, mais pondre un bouquin traitant du sujet alors que la mise en accusation n’est pas prononcée, bien sur pour bénéficier de pub gratuite, c’est juste que çà me débecte.
Il me semble qu’il aurait été plus honnête envers ces lecteurs/lectrices, dont apparemment tu fais partie, ainsi que pour sa crédibilité, d’envisager revoir sa copie sans cette référence….
On en revient toujours au même sujet que Pénélope traite de façon récurrente, et malgré nos différents j’ai confiance en son approche du sujet…
- Avaler de la merde sous n’importe quel prétexte ou donner une oreille plus attentive à une qualité réelle au quotidien.-
non je n’ai pas lu le dernier mazarine pingeot, je lis pénélope, pas que son avis me suffise mais ayant lu deux chapitres d’un de ses précédents bouquins l’idée d’ouvrir son livre m’intéresse tout bonnement pas. là la problématique était “est-il légale de publier un roman, une fiction sur un sujet d’actualité traitant d’un pnénomène dérangeant socialement parlant”
comme Pénélope et pour les raisons qu’elle avance,je pense que oui. Après on écrit bien ou pas, après la tentative est légitime ou non, de toutes façons ça en fera toujours jaser certains … pour conclure, la merde(au moins nous sommes tous d’accord sur ce point c’est de ça dont il s’agit avec Mazarine P.): personne ne vous oblige de l’avaler..
PinBono, tu parles d’opportunisme purement vénal. Tout d’abord, rien n’est moins sûr. Je rappelle que même un mauvais roman ne s’écrit pas si vite et nous ne pouvons pas avec certitude affirmer que l’auteure a évoqué la congélation de l’enfant suite à ce fait divers.
Mais bon. Quand bien même l’aurait-elle fait. A partir du moment où cela n’est qu’une fiction, elle n’est pas condamnable. Elle écrit ce qu’elle veut. Dans ce cas, ils seraient nombreux à ne pas pouvoir créer en paix. Pourquoi ne pas pourfendre les films traitant de façon plus ou moins lointaine d’ados pétant les plombs et massacrant leurs camarades de classe sous le prétexte que cela risque de marquer la sensibilité des famille des assassins de Columbine… ? On n’en finirait plus. Et ce n’est qu’un cas parmi d’autres.
Alors, oui, elle aurait pu le retirer, ce passage. Mais ce serait omettre une problématique fort intéressante et même fascinante de la personalité de ce type de meurtrière. Comme je l’ai dit, ces femmes, pour la plupart, aiment de tout coeur leur enfant, elles ont parfois même envie de le garder, mais pour des raisons complexes, elles tentent de ne pas tout à fait s’en séparer.
Opportunisme ou étude psychologique. Dans un cas comme dans l’autre, la famille Courjault n’a PAS à tenter de faire censurer ce livre. Qu’il soit mal ou bien écrit.
L’objet de ce billet réside là. Ma colère réside là. Cette morale selon laquelle il ne faudrait pas sortir un seul bouquin ou film ou autre, aucune oeuvre de création dans laquelle un personnage fictif congèle un bébé sous prétexte de ménager la famille Courjault m’agace profondément !
Au fait, Lucie, merci pour tes commentaires et tes lectures assidues ! Même si je ne “commente” pas, je lis ce que tu fais et mes papilles en rêvent la nuit… :) Merci !
je travaille actuellement sur des petites choses légères, florales et rafinées pour toi ^^, je suis contente que mes recettes (te)plaisent, j’en suis qu’au début je tâcherai d’en mettre pour tous les goûts.
Je suis encore une fois d’accord avec Pénélope. Les libertés de création et d’expression n’ont d’ailleurs RIEN à voir avec la qualité de l’oeuvre ou du propos.
C’est un peu comme avec l’affaire des caricatures, peu de choses m’horripilaient autant que d’entendre “la liberté d’expression d’accord, mais certains de ces dessins étaient de mauvais goût”. Rien à fiche qu’ils soient de mauvais goût. Le droit et la déontologie démocratique ne sont ni critiques d’art ni critiques littéraires.