Apologie de la cigarette en entreprise

On le sait, la pause cigarette n’est plus invitée de marque dans les entreprises, depuis la fameuse loi sur le tabac entrée en vigueur en février dernier.

CigaretteMais. A l’heure où le café, mauvais pour la santé des stressés (mais pas pour celle des sportifs, on en apprend tous les jours), ne fait plus autant recette qu’il y a quelques années, la pause clope indésirable est un facteur risque pour la gestion d’équipes et de sociétés. Explications.

Connaissez-vous l’expression « lien social » ? C’est bien de celui-là dont il s’agit. La pause cigarette, loin des regards et de l’esthétique douteuse d’un bloc distribuant à la pelle un liquide noirâtre et chaud – dérivé malheureux du pétrole – est un bel exemple de ce tissu malmené par la vie en entreprise. La cigarette, objet symbolisant tantôt la virilité, tantôt l’indépendance, ne fédère plus des groupes au sein de la cellule-travail. Au risque d’enfumer largement la cellule familiale, mais ceci est une autre histoire.

Monica BellucciLa pause clope, c’est d’abord l’occasion de respirer (des substances cancérigènes également, mais passons), de retrouver des gens dont on ne partage pas forcément le bureau (ou l’Open Space aussi fédérateur que le dernier carré de chocolat dans un restaurant diététique), et même de voir son patron dans un cadre un peu plus détendu (le voir trembler en cherchant frénétiquement un briquet, ça vous change la perception de la hiérarchie). Quoi de plus naturel donc, dans cet atmosphère enfumée, de poser simplement une question technique sur laquelle on bloque à un supérieur qui répondra sans difficulté – et en ne déblatérant pas au fond de son fauteuil en cuir de votre incapacité chronique à gérer des détails futiles.

La cigarette permet également aux plus timides de meubler leurs pauses, en se sentant un peu moins seuls, et d’éviter de mettre leurs mains tremblantes dans leurs poches quand quelqu’un leur parle. Au-delà du simple aspect pratique, c’est aussi un choix de vie : la marque, le paquet, la teneur en tabac, le type sur la publicité, tout ça véhicule tantôt la virilité, tantôt le charme, tantôt la classe, et tantôt la sympathie d’une bonne et franche gauloise. Quoi de plus glacé qu’un mannequin magnifiquement roulé (et retouché) au régime tout l’année, et seulement autorisée à sniffer un peu de coke en soirée ? Et quoi de plus chaleureux et humain qu’un collègue aux dents et aux ongles jaunis qui pue du bec en vous expliquant avec toute la bonne volonté du monde votre nouveau poste ?Malboro country

Bref, la cigarette c’était, malgré son effet nocif notoirement connu et que je ne contesterais évidemment pas, un lien social évident. Que la clope fumée à la sauvette en bas de l’immeuble, devant le rond-point, ne permet plus.

Et en tant qu’ancienne fumeuse repentie, me voilà bien embêtée de ne plus pouvoir cloper amicalement avec des collègues que je ne connaitrais jamais aussi bien en leur tournant le dos dans cet espace non-clos.

Enfin, un petit conseil pour arrêter : souvenez-vous de ça (non, pas avec vos collègues si possible).

9 commentaires
  1. darky

    ben tu sais quoi Louisa, t’a un style d’écriture incroyable ! Superbe !

  2. Lousia

    Ah, euh, merci Darky ! :)

  3. daidairo

    Ouais les ptites blagounettes dans l’article et tout, sympa à lire :)

    (Et ca s’prononce comment ? Louzia ? Lou-si-ya ?)

    Chacun fait ce qu’il veut mais pour ma part la clope .. à part pour mettre de la fumée dans une bulle de savon, je trouve say mâl, et j’aime pô ! Na.

  4. Lousia

    Je n’aime pas vraiment non plus Daidairo, mais j’adore me faire l’avocat du diable…
    (Loussssia)

  5. Moi ça me gonfle les fumeurs. Ils passent 3/4 heure à la pause (matin et après midi) là où on y passe 3 minutes. Et après tranquille, ils se barrent avant toi, à 18hOO…

    Mais c’est normal, sinon ils pourraient pas vivre…

  6. keguira

    boarf .. de toute façon, on a remplacer la pause clope par la pause café..
    beaucoup mieux parce que même ceux qui ne boivent pas de café peuvent participer .

    2videmment t’as pas ce petit coté « vintage cool » de la clope

  7. drouvre.
    C’est bien connu, les fumeurs se barrent tous à 18h00 , c’est d’ailleurs l’effet 1er de la nicotine…

  8. drouvre

    zlurg> oui ils se cassent à 18h00 pour fumer leur clope, pas du boulot. Parsonne ne sort à 18h00 du boulot, c’est fini la période de glande :D

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