Être angoissée ou ne pas être

Ben voui. Je l?avoue, je suis sujette à des crises d?angoisse, parfois. C?est étrange, mais l?angoisse est un phénomène psychique très attrayant à observer. Pour ma part, c?est même assez comique finalement. Ça commence par une sorte d?étau dans la nuque. Comme si un gars costaud essayait de m?étrangler mais par derrière. Il est un peu con. Il existe des positions bien plus intéressantes pour mettre fin aux jours d?autrui.

En règle générale, la chose s?étend et descend. Aux sueurs froides de l?arrière du crâne s?ajoute un effet très cartooniste : vous voyez le coyote de la Warner ? Ben c?est un peu ça. Je me reçois une putain d?enclume sur la poitrine. Sauf que moi, j?ai pas droit au double effet Kisscool, y?a pas de « beep beep » poilu dans mon salon. J?ai donc quelques difficultés à respirer. L?état de suffocation, au lieu de me pousser par la fenêtre, me pousse à me tripoter les pieds. L?un contre l?autre. Je sais, c?est absurde. Je me dis que je ferais mieux de ME tripoter, ça me détendrait un peu. Mais impossible.

À ce stade-là, il convient de trouver une solution. Autant les symptômes de l?angoisse peuvent être différents d?une personne à l?autre, autant la façon de les circonscrire est propre à chacun. Une de mes amies a besoin de se faire masser. Cela donne lieu à des situations farfelues. Elle flippe devant ses sushis au resto, bah on fait une descente dans les chiottes pour la masser en urgence. Une autre a besoin d?écouter de la musique. On est dans un parc, sans Ipod sous la main, elle a peur de se faire attaquer par les corbeaux, bon, bah, je chante pour elle. Sauf que je chante comme un cochon qu?on égorge. Alors je ne suis pas certaine que cela l?aide.

En ce qui me concerne. Je me mets en position de f?tus et j?attends. Sauf qu?au boulot, sous le bureau, ce n’est pas commode (bureau, commode, humour, haha. Non ? J’aurais essayé).

– Mais, heu tu fais quoi Pénélope, ça va ?
– Tout à fait Jean-Philippe, je cherche un trombone.
– En position de foetus sous ton bureau ?
– Oui.
– Mais tu en a des centaines dans la réserve !
– Certes, mais tu sais, ce trombone était plus qu’un trombone. Il s’appelait Roberto. C’était mon meilleur ami. Viens Jean-Philippe, faisons une minute de silence pour sa disparition inoppinée…
– Hum, non, c’est gentil, mais je dois y aller, là. J’ai piscine.

Ainsi, d?un certain point de vue, l?angoisse, c?est cocasse. Et puis c?est plein de surprises, l?angoisse. Ça peut vous prendre n?importe quand, n?importe où, par devant, par derrière, et tu avances, et tu recules, comment veux-tu, comment veux-tu? ? On ne sait. Ça vous fait faire ou dire des trucs originaux, du genre :

– Y?a plus de café, Pénélope.
– Quoi ??! (là, je bave et ma tête tourne sur elle-même). Raaahhhh ! Ô rage, ô désespoir ! Dieu te baise ! Ta mère suce des bites en enfeeerrr !
– Ca va pas ou quoi ? Tu traites pas ma mère !
– Ah ouais ? C’est qui, ta mère ? Elle sait faire du bon café ? C’est l’amie du petit déjeuner, l’amie Ricorée ? Elle try to remember when life was so tender ? Non ? Bon, bah, je l’insulte si je veux alors, merde !

Ou encore :

– Ton patron a appelé Pén.
– Pourquoi ??!! Il a dit quelque chose ??? (tremblements intempestifs)
– Ben non, rien. Rappelle-le.
– Quoi ??!! (là, je sanglote et tape des pieds). Raaahhhh ! Il veut me licencier, c?est sûr. J?ai dû oublier une faute dans le dernier bouquin. Il veut me faire lapider en place publique, c?est sûr !
– Mais bien sûr, ils vont t’emmurer vivante aussi parce que tu as oublié un accent. Arrête-donc de t’angoisser pour un rien…
– Ah oui ? Tu es de leur côté c’est ça ?

Ou même :

– Tu peux aller à la boulangerie, s?il te plaît, Pénélope ?
– Quoi ??!! (tic nerveux consistant à me triturer les doigts). Tu veux ma mort ou quoi ? La boulangère est nazie ! Elle va me séquestrer dans son four, c?est sûr !
– Mais calme-toi, OK, elle est pas sympa, mais pas forcément collabo.
– Le jour où tu bouffera du pain à la juive, tu feras moins le mariole, connard.

Non, mais à part mes petites crises d?angoisse, tout va bien vous savez. Je suis une femme comme tout le monde. Je ne suis pas folle vous savez. Je suis juste une femme « Isabelle Adjani ». À ne pas confondre avec Barbara Gourde, hein ?!

Mouaaahhhhhhhh !
Bonjour !

PS : pour ceux qui n’ont pas tout saisi, allez voir mon article sur Florence Foresti

26 commentaires
  1. Parfois tu me fais peur.
    Mais c’est très drôle :)

  2. keguira

    j’ai rigolé

  3. Groar

    Foresti elle est pas marrante…

  4. darky

    Penelope t’es peut être un peu flippée dans ta vie…..mais t’es plutôt drôle ^^

    PS : on dit bien "il me vient à l’esprit" et non autre chose hihi

  5. Penelope (Auteur)

    Mais non, Pingoo… Aies confiance. Love.

    Sinon, les amis, c’est sympa de me dire que je suis drôle, sinon, je vous aurais tous fait pendre. Non, je déconne :) Mon médecin m’a formellement interdit de tuer d’autres personnes !

  6. pascal

    Foresti n’est pas marante,elle est à mourir de rire.
    comme Pénélope,mais faut pas trop la chercher…………

  7. Penelope (Auteur)

    Yep, Pascal, je suis un peu ardente comme fille, mais au moins, avec moi, on s’emmerde pas :))

  8. pascal

    arrête!!!
    je vais y penser toute la journée…………………

  9. George Masson

    J’avoue moi aussi. Je suis touché d’apopathodiaphulatophobiaphobie (peur de la phobie de la constipation).

  10. Penelope (Auteur)

    Pauvre ami, pauvre Georges. Je ne me sens pas concernée. Je ne suis jamais constipée. Ni coincée du cul. D’ailleurs, je n’ai nul besoin d’aller aux toilettes, mon corps est tapissé de roses à l’intérieur…

  11. pascal

    Comme il doit être doux d’y faire quelques boutures………….

  12. pascal, le roi de la drague.

  13. BLAJACK

    "Mon médecin m’a formellement interdit de tuer d’autres personnes !"
    "Ni coincée du cul. D’ailleurs, je n’ai nul besoin d’aller aux toilettes, mon corps est tapissé de roses à l’intérieur…"

    OUF !!!
    On se marre bien avec Pénélope ….

  14. Pingoo, t’es jaloux de la belle prose de Pascal avoue :)

  15. Penelope (Auteur)

    Pascal, fais gaffe aux épines… :)

  16. pascal

    Tout comme la tige d’une rose
    Qui porte merveilleusement ses épines
    La vie des gens
    A besoin de certains obstacles

    Une rose ne serait pas une rose
    Sans les épines qu’elle possède
    La vie ne serait pas la vie
    Sans les obstacles rencontrés

    Ces obstacles nous rendent plus fort
    Des obstacles nous apprennent à vivre
    Des peines nous font grandir
    La vie et ses malheurs

    Je sais pas ce qui m’arrive…….
    l’approche de la saint valentin,sans doute…………..

  17. funkyss

    T’as pas des hallus, des fois, pendant tes crises d’angoisses, pénélope? Moi je vois toujours un troupeau de chevaux qui foncent sur moi. Des alezans.

  18. Penelope (Auteur)

    Oui, bien sûr Funkyss, je vois des champignons géants multicolores pousser sur ma moquette. Très décoratif ceci dit.

    Et, l’est jaloux le Pingoo ? Tu sais bien que tu es l’élu de mon coeur, petit palmipède !

  19. funkyss

    C’est franchement has been, la moquette.

  20. Penelope (Auteur)

    … mais tellement utile pour faire pousser des champis !

  21. RoboTux

    J’ai une amie qui a des crises d’angoisses aussi dès qu’elle n’est plus chez elle, qu’elle ne maitrise pas tout. Au fur et à mesure elle se repliait de plus en plus sur elle même. Quand je l’ai connu elle ne sortait quasiment plus de chez elle. Ça fait un bail que je ne lui ai parlé mais il me semble que cela va un peu mieux maintenant.

  22. Après avoir lu "les intellectuels précaires" et beaucoup ri hier, j’avoue qu’on a droit là encore à une perle du genre :)
    J’aime beaucoup ton style et ton humour.

    Un autre, un autre!! Hihihi!

    PS: Foresti est plus qu’excellente. Méga fan :D

  23. manini

    mouais, sympa les champis, la moquette, et les deglutitions…
    la même joueuse rejoue encore?

  24. Penelope (Auteur)

    Tibouchonz, merci, c’est bien sympa !! Mes éditos sont ouverts tous les mardis, mais j’oeuvre également en rédigeant des news à l’occasion ! :))

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